Une demande asiatique bridée, des prévisions industrielles revues à la baisse et un dollar américain revigoré par les tensions internationales poussent les investisseurs à s’éloigner des métaux précieux pour la troisième séance consécutive.

Un enchaînement de facteurs défavorables pèse lourdement sur le marché des métaux précieux en ce milieu du mois de mai 2026. Lors des échanges de la session asiatique du lundi 18 mai, le cours de l’argent (XAG/USD) a chuté pour s’établir autour de 74,20 dollars l’once troy. Selon les données partagées par Enzo Becher de l’Agence BDOR, il s’agit de la troisième séance consécutive de repli. Cette perte de valeur significative s’explique par la combinaison soudaine de décisions politiques, d’analyses bancaires et d’un climat international sous haute tension.

L’Inde restreint ses achats et UBS revoit ses prévisions

Le premier coup d’arrêt conjoncturel provient de l’Asie du Sud. Le gouvernement indien a pris la décision de restreindre la quasi-totalité de ses importations d’argent en provenance de l’étranger. L’objectif de New Delhi est double : réduire les volumes d’importation et limiter la pression pesant sur la roupie indienne, une monnaie locale fragilisée par le coût élevé des importations énergétiques. En soustrayant ce soutien majeur au marché mondial, cette mesure entraîne mécaniquement une baisse de l’appétit physique pour le métal à l’échelle internationale.

En parallèle, la psychologie des investisseurs a été bousculée par un récent rapport de la banque suisse UBS. Les stratèges de l’institution financière ont drastiquement abaissé leurs prévisions concernant la demande d’investissement en argent, passant de plus de 400 millions à 300 millions d’onces. Conséquence directe : l’estimation du déficit mondial tombe à un niveau compris entre 60 et 70 millions d’onces, loin des 300 millions précédemment anticipés. L’argument central d’une pénurie imminente d’argent perdant de son poids, les portefeuilles institutionnels s’ajustent à la baisse.

L’ombre de la Réserve fédérale et des conflits internationaux

L’environnement macroéconomique n’offre pour le moment aucun répit aux actifs tangibles. La maîtrise de l’inflation demeure la priorité absolue aux États-Unis, poussant les marchés à revoir leurs certitudes. Selon l’outil CME FedWatch relayé par l’Agence BDOR, la probabilité anticipée d’une hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) en décembre a bondi à près de 48 %, contre seulement 14 % la semaine précédente.

Ce durcissement monétaire pressenti s’inscrirait dans un climat d’extrême instabilité mondiale. Le détroit d’Ormuz serait actuellement fermé en raison d’affrontements entre les États-Unis et l’Iran, Donald Trump menaçant d’ailleurs Téhéran de nouvelles conséquences. Parallèlement, de vives tensions entoureraient le statut de Taïwan suite à des avertissements formulés par Xi Jinping à l’encontre de Washington. Ce contexte géopolitique hautement volatil maintiendrait les prix du pétrole à des sommets, alimentant de fait les craintes inflationnistes et forçant le maintien de politiques monétaires restrictives.

Pour bien comprendre la dynamique de la cotation : sur les marchés financiers, l’argent est libellé en dollars américains (symbole boursier XAG/USD). Lorsque les rendements obligataires grimpent suite aux annonces des banques centrales, ou que les capitaux se réfugient vers le dollar en temps de guerre, la monnaie américaine se renforce. Les métaux précieux, qui ne génèrent ni dividendes ni intérêts, voient alors leur « coût d’opportunité » augmenter. Les épargnants préfèrent se tourner vers des placements rémunérateurs, ce qui entraîne une baisse mécanique du cours de l’once.

Pris en étau entre un assèchement de la demande physique en Asie et un billet vert tout-puissant soutenu par les crises internationales, l’argent peine à trouver des relais de croissance à court terme. Reste à observer si le secteur industriel, notamment lié aux technologies vertes, saura relancer la dynamique d’achat dans les semaines à venir pour endiguer cette chute.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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