Suite à une allocution télévisée du président américain confirmant l’intensification de l’opération militaire « Epic Fury », les marchés financiers accusent le coup. L’or efface ses récents gains en repassant sous un seuil technique majeur, tandis que le pétrole flambe, éloignant les perspectives de baisse des taux d’intérêt.

Une correction brutale vient de mettre un coup d’arrêt au rebond du métal jaune. Ce jeudi 2 avril 2026, le cours de l’once d’or a dévissé de 1 à 3 %, repassant symboliquement sous la barre des 4 700 dollars. Cette liquidation massive intervient au lendemain d’un discours particulièrement offensif concernant le conflit irano-américain, poussant les investisseurs à sécuriser précipitamment leurs récents profits.

Les métaux précieux et les minières trébuchent face au maintien des hostilités

Mercredi soir, lors d’une intervention télévisée, Donald Trump a prévenu que l’armée américaine frapperait l’Iran « extrêmement fort » pendant encore deux à trois semaines. L’objectif affiché est de forcer la réouverture du détroit d’Ormuz, le président menaçant de renvoyer le pays à « l’Âge de Pierre ». De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié de « faux et sans fondement » les allégations selon lesquelles Téhéran réclamerait un cessez-le-feu.

La conséquence sur les places boursières mondiales a été immédiate : les investisseurs ont procédé à des ventes massives. Dans le sillage de l’or, l’argent, le platine et le palladium ont également reculé. Les actions des géants du secteur extractif n’ont pas été épargnées, avec des baisses significatives allant de 5 à 7 % pour des sociétés comme Hochschild Mining, Fresnillo, Pan African Resources ou Endeavour Mining, selon les données relayées par la chaîne financière CNBC.

Note pédagogique : Une « prise de bénéfices » se produit lorsque les investisseurs vendent massivement des contrats à terme ou des actions ayant récemment pris de la valeur. Face à une incertitude géopolitique qui s’éternise, les traders préfèrent encaisser leurs gains réels plutôt que de parier sur une hausse continue.

L’ombre de l’inflation pétrolière pèse sur la Réserve fédérale

L’enlisement de cette guerre, débutée fin février, maintient le détroit d’Ormuz totalement paralysé. Ce goulot d’étranglement, par lequel transite habituellement 20 % du pétrole mondial, provoque une flambée énergétique continue. En réaction directe aux propos américains, le baril de Brent a bondi de 4 à plus de 6 % ce jeudi, dépassant allègrement la barre des 114 dollars.

Cette résurgence spectaculaire de l’inflation modifie radicalement les anticipations monétaires. Les marchés, qui espéraient encore un assouplissement de la politique de la Réserve fédérale américaine (Fed) d’ici la fin de l’année, ont vu la probabilité d’une baisse des taux en décembre s’effondrer de 25 % à seulement 12 %. Alberto Musalem, président de la Fed de Saint-Louis, a d’ailleurs confirmé publiquement qu’aucun changement de cap n’était requis actuellement.

Note pédagogique : Dans le domaine de l’investissement, l’or est un actif dit « non rémunérateur », car il ne verse ni dividende ni intérêt. Lorsque les banques centrales maintiennent des taux d’intérêt élevés pour combattre l’inflation (ici causée par le pétrole), les obligations d’État et le dollar américain deviennent plus attractifs pour les grands capitaux, ce qui pénalise mécaniquement le cours du métal jaune.

Une crise énergétique aux répercussions mondiales

Pour rappel, le déclenchement des hostilités avait déjà provoqué un véritable choc sur les métaux précieux. En mars, l’or avait enregistré un krach de 11 %, signant sa pire performance mensuelle depuis la grande crise financière de 2008.

Le spectre d’une paralysie mondiale, évoqué fin mars par Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), continue de dicter la loi des marchés. L’institution craignait alors une crise pire que le choc pétrolier des années 70. Malgré la décision historique des pays membres de libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques d’urgence, la pression sur les prix de l’énergie et la volatilité des marchés boursiers restent maximales.

Tant que l’impasse militaire persistera, la prudence restera de mise. Les investisseurs francophones et européens, pris en étau entre une facture énergétique continentale qui s’alourdit et le resserrement monétaire américain qui renforce le dollar, devront surveiller attentivement les prochaines statistiques de l’inflation pour anticiper la prochaine grande tendance du cours de l’or.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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