Alors que les tensions internationales s’intensifient et que les indicateurs économiques américains vacillent, une analyse de marché inattendue vient bousculer les certitudes. Le métal jaune, traditionnelle boussole des investisseurs en temps de crise, pourrait subir une correction sévère de 20 %.

Un éventuel rebond vers les 5 200 dollars l’once ne serait qu’un mirage avant une chute brutale. C’est le scénario pour le moins pessimiste avancé par l’analyste financier Avi Gilburt, du cabinet ElliotWaveTrade. Dans une interview récemment relayée par KitcoNews via le média financier Business AM, l’expert estime que le cours de l’or pourrait s’effondrer jusqu’à 3 800 dollars à moyen terme.

Cette prévision, basée sur l’analyse technique des cycles boursiers historiques, s’appuie notamment sur les comportements du marché observés lors du pic de 2011. Selon cette projection, les investisseurs qui achèteraient massivement lors d’un prochain pic artificiel risqueraient d’essuyer de lourdes pertes. Face à cette dynamique, l’analyste suggère une réallocation tactique des portefeuilles, recommandant plutôt de se tourner vers les actions des sociétés minières, potentiellement plus résilientes.

Une prévision à contre-courant des tensions mondiales

L’anticipation d’une telle baisse du prix de l’or a de quoi surprendre les observateurs. Historiquement, l’or est considéré comme la valeur refuge par excellence, un actif vers lequel les capitaux fuient lorsque l’incertitude mondiale augmente.

Or, le contexte géopolitique de ce début avril 2026 est particulièrement volatil. Les États-Unis viennent de déployer leur troisième porte-avions militaire, l’USS George H.W. Bush, au Moyen-Orient pour sécuriser la région. Sur le continent européen, l’Union européenne a acté le transfert de 1,4 milliard d’euros d’aide à l’Ukraine, financé par les intérêts des avoirs russes gelés, durcissant encore les relations avec Moscou. De son côté, le président français Emmanuel Macron a publiquement appelé à un renforcement de la coopération avec la Corée du Sud face à l’accroissement global des menaces.

En théorie, cette accumulation de crises diplomatiques et militaires devrait soutenir vigoureusement les cours des métaux précieux. La déconnexion anticipée par l’analyse technique souligne la complexité actuelle des marchés financiers.

Pour bien comprendre : Sur les marchés financiers, une « correction » désigne une baisse rapide d’au moins 10 % de la valeur d’un actif après une période de hausse. Elle permet souvent de purger les excès spéculatifs. Par ailleurs, le prix de l’or est libellé en dollars par « once troy » (environ 31,1 grammes). Les fluctuations de l’or sont donc intimement liées à la santé de la monnaie américaine et aux taux d’intérêt.

Le marché de l’emploi américain complique l’équation

Au-delà de la géopolitique, l’or réagit fortement aux indicateurs macroéconomiques. Les dernières statistiques officielles américaines montrent une légère hausse des nouvelles inscriptions au chômage aux États-Unis.

Ce frémissement à la baisse du marché du travail outre-Atlantique est scruté de près par les marchés boursiers. Un ralentissement économique pourrait forcer la Réserve fédérale américaine (Fed) à ajuster ses taux d’intérêt. Généralement, une baisse des taux rend l’or, qui ne verse aucun dividende, plus attractif face aux obligations d’État. Cependant, si le dollar se maintient ou si les investisseurs préfèrent liquider leurs positions pour couvrir des pertes ailleurs, l’or n’est pas à l’abri d’une pression vendeuse.

Argent et pétrole : la prudence s’impose

L’or n’est pas la seule matière première visée par ces prévisions baissières. Le marché de l’argent s’inscrirait dans une trajectoire similaire, avec une chute potentielle anticipée vers 53,50 dollars, voire 40 dollars. Quant au pétrole, s’il pourrait connaître une brève flambée spéculative à court terme, l’analyse prévient qu’il devrait inévitablement rechuter sous la barre des 50 dollars le baril.

Ces projections, bien que purement spéculatives, rappellent aux investisseurs que les marchés des matières premières demeurent cycliques et imprévisibles. Dans un environnement où la géopolitique dicte l’actualité mais où les fondamentaux techniques reprennent souvent leurs droits, la diversification et la prudence restent les meilleures armes pour préserver son capital.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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