4 100 dollars l’once : le seuil concentre l’attention des investisseurs en or. Le cours de l’or évolue autour de ce niveau sur le marché mondial, après une légère baisse récente de 0,1 % et un repli hebdomadaire d’environ 1,4 %. L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale de référence pour l’or, équivalente à 31,1035 grammes.
Le métal jaune résiste, mais la tendance reste fragile. D’un côté, les tensions entre les États-Unis et l’Iran soutiennent la demande d’or comme actif défensif. De l’autre, la vigueur du dollar et les anticipations d’une politique monétaire plus restrictive de la Réserve fédérale américaine pèsent sur les prix.
L’or reste coincé entre refuge et dollar fort
L’or joue traditionnellement un rôle de valeur refuge. Cela signifie que des investisseurs l’achètent pour protéger leur capital lors de périodes de stress géopolitique, financier ou monétaire. Les affrontements entre les États-Unis et l’Iran renforcent ce réflexe défensif.
Les forces armées américaines ont frappé environ 90 cibles en Iran, notamment des sites de missiles et des infrastructures logistiques. L’Iran a mené des ripostes dans la région. Ces développements ont ravivé les inquiétudes sur la stabilité du Moyen-Orient et sur l’approvisionnement énergétique.
Mais ce soutien géopolitique ne suffit pas à relancer franchement le cours. Le dollar fort exerce une pression inverse. Comme l’or est coté en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert plus élevé rend l’achat d’or plus coûteux pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cette mécanique peut freiner la demande mondiale.
La Fed pèse sur le marché
La Réserve fédérale américaine, ou Fed, est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions sur les taux d’intérêt influencent directement le dollar, les obligations et l’or.
Les minutes de la réunion des 16 et 17 juin montrent une Fed divisée. Certains responsables estiment que les taux pourraient rester stables, voire légèrement baisser d’ici la fin 2026. D’autres défendent un durcissement si l’inflation reste trop élevée.
Les marchés évaluent désormais à 63 % la probabilité d’une hausse des taux en septembre, contre 54 % auparavant. Une hausse des taux signifie que le rendement des placements en dollars, notamment les obligations américaines, devient plus attractif. Pour l’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende, cette concurrence est défavorable.
Le paradoxe actuel est clair : le risque géopolitique soutient l’or, mais le risque inflationniste renforce la Fed et le dollar.
Le pétrole alimente les craintes d’inflation
Les tensions Iran–États-Unis se transmettent aussi par le pétrole. Le 22 juin, le Brent atteignait 81,69 dollars le baril, en hausse de 1,39 %, tandis que le WTI américain montait à 77,76 dollars, soit +2,52 %.
Le Brent est la référence du pétrole brut en Europe et sur une grande partie du marché mondial. Le WTI, pour West Texas Intermediate, est la référence américaine. Une hausse du pétrole peut nourrir l’inflation, car l’énergie entre dans les coûts de transport, de production et de chauffage.
Des tentatives diplomatiques ont été engagées après un mémorandum visant à mettre fin au conflit. Elles n’ont toutefois pas encore entraîné de détente significative. Des déclarations américaines indiquant que l’accord n’était pas définitif, avec la possibilité d’opérations militaires supplémentaires, ont entretenu la nervosité des marchés.
Le signal technique reste prudent
Sur le plan graphique, le cours de l’or reste enfermé dans un canal baissier. Un canal baissier désigne une zone de fluctuation où les sommets et les creux du prix diminuent progressivement. Ce signal traduit une pression vendeuse persistante.
Le métal jaune évolue aussi sous sa moyenne mobile à 200 jours. Cette moyenne correspond au prix moyen observé sur les 200 dernières séances de marché. Elle sert souvent d’indicateur de tendance de long terme. Lorsque le cours reste en dessous, de nombreux investisseurs y voient un signe de faiblesse.
La zone des 4 156 dollars constitue une résistance. En analyse de marché, une résistance est un niveau de prix où les vendeurs ont tendance à revenir, empêchant ou ralentissant la progression du cours.
Pour les investisseurs belges et européens, un autre élément compte : le taux de change euro-dollar. Même si l’or est coté en dollars, l’achat réel se fait souvent en euros. Un dollar plus fort peut donc modifier le prix payé localement, indépendamment du mouvement pur de l’or.
Un seuil à surveiller, pas un signal automatique
Le maintien autour de 4 100 dollars montre que l’or conserve un soutien dans un environnement instable. Mais la baisse hebdomadaire et les signaux techniques invitent à la prudence.
À court terme, trois facteurs dominent : l’évolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran, les prix du pétrole et les prochaines indications de la Fed sur les taux. Si le dollar continue de se renforcer, l’or pourrait rester sous pression. Si la crise géopolitique s’aggrave, la demande refuge pourrait au contraire limiter la baisse.
Pour l’épargnant, ce seuil des 4 100 dollars n’est donc pas une réponse en soi. Il marque plutôt une zone d’équilibre fragile entre peur géopolitique et discipline monétaire américaine.



