60,22 dollars l’once : le cours de l’argent a progressé de 0,4 % le 10 juillet 2026, dans un marché dominé par le repli du dollar et les tensions entre les États-Unis et l’Iran. Le mouvement concerne le XAG/USD, c’est-à-dire le prix de l’argent coté en dollars américains. XAG est le code international de l’argent métal, comme XAU désigne l’or.
L’argent franchit la zone des 60 dollars
Le cours de l’argent a grimpé vers 60 dollars l’once sur les marchés internationaux. L’once, unité de référence pour les métaux précieux, correspond à environ 31,1 grammes.
Cette hausse intervient alors que l’indice du dollar évolue autour de 100,76 points, proche d’un plus bas de trois semaines. L’indice du dollar mesure la valeur du billet vert face à un panier de grandes devises. Quand il baisse, les matières premières cotées en dollars, comme l’argent ou l’or, deviennent moins chères pour les acheteurs utilisant l’euro, le yen ou d’autres devises. Cela peut soutenir la demande.
Pour un investisseur belge ou européen, ce mécanisme est important. Même si l’argent monte en dollars, le rendement réel en euros dépend aussi du taux de change EUR/USD. Un métal précieux peut donc progresser en dollar, mais afficher une variation plus modérée en euro si la monnaie unique s’apprécie.
Les tensions Iran-États-Unis soutiennent la demande refuge
Le contexte géopolitique joue aussi un rôle central. Le 10 juillet, le président américain Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu avec l’Iran était terminé, tout en acceptant de poursuivre les négociations avec Téhéran. Des échanges techniques se poursuivent également entre responsables américains et iraniens.
Ce double signal entretient l’incertitude. Les marchés ne basculent pas dans la panique, mais ils restent nerveux. Dans ce type d’environnement, l’argent peut bénéficier d’achats dits de “valeur refuge”. Une valeur refuge est un actif recherché quand les investisseurs veulent protéger une partie de leur capital face à une crise politique, militaire ou financière.
L’argent n’a toutefois pas exactement le même profil que l’or. L’or est surtout perçu comme une réserve de valeur. L’argent combine deux dimensions : il est un métal précieux, mais aussi un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique, le solaire, les équipements médicaux et certaines applications automobiles. Cette double nature peut amplifier ses mouvements de prix.
Le détroit d’Ormuz reste un point de tension majeur
Les tensions au Moyen-Orient se concentrent aussi sur le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime est stratégique pour le commerce de l’énergie. Une perturbation dans cette zone peut influencer le prix du pétrole, les coûts de transport et les anticipations d’inflation.
Le pétrole se stabilise autour de 72 dollars le baril. Le baril est l’unité standard utilisée sur le marché pétrolier et correspond à environ 159 litres. Un pétrole plus cher peut raviver les craintes d’inflation, ce qui attire parfois les investisseurs vers les métaux précieux. Mais une stabilisation du brut limite pour l’instant l’effet de contagion.
Plusieurs points de blocage compliquent les discussions entre Washington et Téhéran : le programme nucléaire iranien, les enjeux militaires au Liban, la sécurité régionale et le contrôle du détroit d’Ormuz. Des pays européens se diraient prêts à participer à une opération de déminage et de sécurisation dans cette zone, mais une telle mission resterait périlleuse et pourrait accroître le risque d’incident militaire.
Pourquoi l’argent monte alors que l’or a reculé depuis janvier
Le mouvement de l’argent contraste avec celui de l’or. Depuis le début de 2026, le prix de l’or a reculé de plus de 4 %, malgré un contexte géopolitique tendu et une inflation élevée en zone euro.
Cette divergence rappelle que tous les métaux précieux ne réagissent pas de la même manière. L’or peut subir des prises de bénéfices, c’est-à-dire des ventes réalisées par des investisseurs qui encaissent leurs gains après une forte hausse. Il peut aussi être pénalisé par la remontée des taux d’intérêt réels américains. Les taux réels correspondent aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation : lorsqu’ils montent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs face à l’or, qui ne verse pas d’intérêt.
L’argent, lui, profite actuellement d’un mélange différent : dollar plus faible, tensions géopolitiques et intérêt industriel. Cette combinaison explique son retour vers des niveaux élevés.
Ce que les investisseurs doivent surveiller
À court terme, trois indicateurs dominent : l’évolution du dollar, les déclarations entre Washington et Téhéran, et le prix du pétrole. Un apaisement diplomatique pourrait réduire la prime de risque intégrée dans le cours de l’argent. À l’inverse, une nouvelle escalade au Moyen-Orient pourrait soutenir les achats de protection.
Pour les particuliers, la prudence reste nécessaire. L’argent est souvent plus volatil que l’or. La volatilité désigne l’ampleur des variations de prix sur une période donnée. Plus elle est élevée, plus les gains potentiels et les pertes possibles sont importants.
Le seuil des 60 dollars place l’argent au centre de l’attention, mais son évolution dépendra autant de la diplomatie que du dollar. Pour les investisseurs européens, le métal gris reste donc un actif à suivre avec méthode, en tenant compte du change, des frais et de l’horizon de placement.



