10 tonnes en un mois, 20 mois d’affilée. En juillet 2026, la Banque populaire de Chine a renforcé ses réserves officielles d’or, dans un mouvement suivi de près par les marchés des métaux précieux.

La banque centrale chinoise a ajouté 10 tonnes d’or à ses réserves en juillet 2026. Il s’agit de son 20e mois consécutif d’achats nets, c’est-à-dire d’achats supérieurs aux éventuelles ventes sur la même période. Cette hausse mensuelle est la plus importante depuis décembre 2024.

Les réserves officielles chinoises atteignent désormais environ 2 331 tonnes d’or. Cela représente près de 9 % des réserves totales du pays. Les réserves officielles désignent les actifs détenus par une banque centrale pour soutenir sa monnaie, sécuriser ses paiements internationaux et renforcer sa crédibilité financière. Elles comprennent notamment des devises étrangères, des obligations d’État et de l’or.

Pékin accumule l’or avec méthode

La stratégie chinoise repose sur une accumulation progressive. Depuis janvier 2026, la Chine a ajouté environ 25 tonnes d’or à ses coffres officiels. Au premier semestre 2026, elle figure parmi les trois principaux acheteurs mondiaux d’or des banques centrales.

Le rythme de juillet marque une accélération. En février 2026, la Banque populaire de Chine avait encore ajouté 30 000 onces d’or. Une once fine correspond à l’unité internationale de référence pour les métaux précieux, soit environ 31,10 grammes d’or pur. À ce moment-là, les réserves officielles chinoises dépassaient 74 millions d’onces fines, soit environ 2 306 tonnes.

Des analystes financiers estiment que les achats réels de la Chine pourraient être plus élevés que les chiffres déclarés officiellement. Ils pourraient dépasser 1 000 tonnes depuis la mi-2022, en incluant d’éventuels achats non déclarés. Cette estimation reste à considérer au conditionnel, car les données officielles ne confirment pas ces volumes.

L’or sert de bouclier face au dollar

La raison principale est monétaire. Pékin cherche à réduire sa dépendance aux devises étrangères, en particulier au dollar américain. Le dollar reste la première monnaie de réserve mondiale : de nombreuses banques centrales conservent une grande partie de leurs actifs en dollars, souvent sous forme d’obligations du Trésor américain.

L’or joue un rôle différent. Il ne dépend pas de la signature d’un État étranger. Il ne verse pas d’intérêt, mais il n’est pas non plus la dette d’un autre pays. Pour une banque centrale, il sert donc de réserve de confiance en période de tensions géopolitiques, de sanctions financières ou de rivalité commerciale.

Dans le cas chinois, cette stratégie prend une dimension politique. Les tensions commerciales avec les États-Unis poussent Pékin à renforcer son autonomie monétaire. L’accumulation d’or permet aussi de soutenir la crédibilité internationale du yuan, la monnaie chinoise.

La diversification des réserves consiste à répartir les avoirs d’un pays entre plusieurs actifs : dollars, euros, autres devises, obligations et or. L’objectif est de réduire le risque lié à une seule monnaie ou à un seul marché.

La Chine se rapproche des grands détenteurs mondiaux

La Chine reste encore loin des États-Unis, qui détiennent environ 8 133,5 tonnes d’or en 2026, la plus grande réserve mondiale. L’Allemagne suit avec environ 3 351,5 tonnes. L’Italie et la France détiennent chacune plus de 2 400 tonnes.

Au début de 2026, la Chine se situait autour de 2 306 tonnes, derrière la Russie, estimée alors à environ 2 326,5 tonnes. Avec environ 2 331 tonnes en août 2026, Pékin réduit l’écart avec les grands détenteurs historiques.

La Russie a toutefois vendu environ 9 tonnes d’or en janvier 2026. Cette vente nette contraste avec la stratégie chinoise, plus régulière. Une vente nette signifie que les ventes d’or dépassent les achats sur une période donnée.

Pour les investisseurs européens et belges, ce mouvement est important. Les banques centrales ne dictent pas à elles seules le prix de l’or, mais leurs achats soutenus renforcent la demande mondiale. Lorsque de grands États augmentent leurs réserves, le marché y voit souvent un signal de prudence face aux risques monétaires et géopolitiques.

Un signal pour le marché de l’or

Les achats chinois interviennent dans un contexte où l’or reste recherché comme actif de préservation du capital. Pour un particulier, l’or physique désigne les pièces et lingots détenus directement. Il se distingue des produits financiers liés à l’or, comme certains fonds cotés, qui suivent le prix du métal sans toujours impliquer une détention directe par l’investisseur.

La progression des réserves chinoises ne signifie pas automatiquement une hausse immédiate du cours de l’or. Le prix dépend aussi des taux d’intérêt, de l’inflation, du dollar, de la demande industrielle, de la bijouterie et des flux d’investissement. Mais elle confirme une tendance de fond : les banques centrales cherchent davantage d’actifs tangibles et moins dépendants du système financier occidental.

La Chine ne se contente pas d’acheter de l’or : elle transforme progressivement la composition de sa puissance monétaire. Pour le marché des métaux précieux, cette accumulation sur 20 mois constitue un repère majeur. Elle rappelle que l’or reste, malgré l’évolution des marchés financiers, un instrument central de souveraineté et de confiance.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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