2,50 %. À partir du 16 septembre, le taux de dépôt de la Banque centrale européenne (BCE) atteindra ce niveau, après une nouvelle hausse de 25 points de base décidée jeudi 10 septembre. L’institution veut empêcher le choc énergétique, alimenté par les tensions au Moyen-Orient, de s’installer durablement dans les prix.

Le taux de dépôt est le taux auquel les banques peuvent placer leurs excédents de liquidités auprès de la BCE. Il sert de référence majeure pour les conditions de financement dans la zone euro. Une hausse de 25 points de base correspond à 0,25 point de pourcentage.

La BCE relève simultanément ses trois taux directeurs. Le taux des opérations principales de refinancement, auquel les banques empruntent à court terme auprès de l’Eurosystème, passera à 2,65 %. La facilité de prêt marginal, utilisée par les banques pour des emprunts d’urgence à très court terme, s’élèvera à 2,90 %.

L’énergie ramène l’inflation loin de la cible

Cette décision intervient alors que l’inflation annuelle dans la zone euro a accéléré à 3,3 % en août, après 2,9 % en juillet, d’après Eurostat. La cible à moyen terme de la BCE est de 2 %.

Le principal facteur de cette remontée est l’énergie. Ses prix ont progressé de 14,3 % sur un an. Le renchérissement du pétrole se transmet progressivement aux carburants, au chauffage, aux transports et aux coûts de production des entreprises. Cette hausse peut ensuite se diffuser à de nombreux biens et services : c’est l’effet d’inflation importée pour une économie européenne dépendante des achats d’énergie à l’étranger.

Le Brent, référence pétrolière internationale, a clôturé à 106,12 dollars le baril le 8 septembre, selon l’Energy Information Administration américaine. L’agence estimait que 6,7 millions de barils par jour de production avaient été interrompus en août au Moyen-Orient. Les contraintes sur les exportations pourraient persister jusqu’à la fin de l’année 2026.

Des crédits plus chers pour les ménages et les entreprises

Le relèvement des taux directeurs vise à freiner la demande et à limiter la hausse des prix. Mais le mécanisme a une conséquence directe : emprunter coûte davantage.

La BCE a indiqué, lors de sa conférence de presse, que les nouveaux prêts bancaires accordés aux entreprises coûteraient environ 3,8 % en juin et juillet, contre 3,6 % en mai. Les nouveaux crédits immobiliers se situeraient autour de 3,5 %. Ces niveaux peuvent varier selon la banque, la durée du prêt, l’apport personnel et le profil de l’emprunteur.

Pour les ménages belges et européens, les nouveaux emprunts immobiliers et les crédits à la consommation risquent donc de rester coûteux. Les emprunteurs disposant d’un prêt à taux variable doivent aussi vérifier les modalités de révision prévues dans leur contrat. Pour les entreprises, un financement plus cher peut reporter des investissements. Les États, eux aussi, font face à un coût croissant lorsqu’ils refinancent leur dette.

La BCE prévoit une inflation encore élevée en 2027

Les nouvelles projections de l’institution montrent que le retour vers 2 % pourrait être lent. La BCE prévoit une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, puis de 2,5 % en 2027 et de 2,1 % en 2028.

La croissance resterait modérée : 0,9 % en 2026, 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028. Cette combinaison d’une activité peu dynamique et de prix encore élevés pèse sur le pouvoir d’achat, particulièrement pour les foyers dont les dépenses d’énergie et d’alimentation occupent une part importante du budget.

Quel effet pour l’or ?

Des taux plus élevés constituent généralement un frein pour l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende : quand les rendements des placements monétaires ou obligataires progressent, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente. Ce coût désigne le revenu auquel un épargnant renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.

Mais l’effet n’est jamais automatique. L’or peut aussi profiter de l’inflation, des tensions géopolitiques et de l’incertitude sur la croissance. Dans ce contexte, il conserve avant tout un rôle de diversification : il ne remplace ni une épargne de précaution disponible ni une stratégie d’investissement adaptée à l’horizon et au risque de chacun.

La hausse de la BCE confirme surtout que le choc pétrolier est devenu un problème monétaire européen. L’évolution de l’énergie, de l’inflation et des taux de crédit déterminera désormais si ce durcissement suffit à ramener les prix vers la cible de 2 %.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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