Le marché de l’or chercherait un point d’équilibre ce 11 septembre, après une baisse marquée. Les investisseurs réévaluent leurs positions à la lumière de l’indice des prix à la production américain, ou PPI, un indicateur susceptible d’influencer la prochaine décision de la Réserve fédérale (Fed) sur ses taux directeurs.

Aucun niveau de cours ni aucune variation chiffrée n’a été précisé dans les éléments disponibles. La stabilisation observée devrait donc être interprétée avec prudence : elle intervient dans un marché encore dominé par les anticipations de taux américains.

Le PPI, un signal surveillé avant l’inflation à la consommation

Le PPI (Producer Price Index) mesure l’évolution des prix facturés par les producteurs américains. Il est suivi car une hausse durable des coûts à ce stade peut parfois se transmettre, au moins en partie, aux prix payés ensuite par les ménages.

Pour la Fed, l’enjeu reste l’inflation. Si les données donnent le signal de pressions persistantes sur les prix, les marchés peuvent anticiper des taux directeurs plus élevés, ou maintenus à un niveau élevé plus longtemps. Le taux directeur est le taux de référence fixé par la banque centrale : il détermine le coût du crédit dans l’économie et influence les rendements obligataires ainsi que le dollar.

L’indice des prix à la consommation, ou CPI, sera également suivi cette semaine. Cet indicateur mesure l’évolution des prix des biens et services achetés par les ménages américains.

Des chiffres de l’emploi avaient déjà durci les anticipations

Le 8 septembre, les États-Unis ont annoncé 162 000 créations d’emplois non agricoles. Cette donnée, supérieure aux attentes du marché, avait fait remonter autour de 60 % la probabilité attribuée par les investisseurs à une hausse des taux de la Fed en septembre.

Un marché du travail résilient peut donner à la banque centrale davantage de marge pour lutter contre l’inflation. Mais cette lecture dépendra des prochaines statistiques de prix. Les anticipations restent donc susceptibles d’évoluer rapidement.

Pourquoi des taux plus élevés pèsent souvent sur l’or

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements des obligations et des placements monétaires progressent, conserver du métal peut devenir relativement moins attractif pour certains investisseurs. C’est ce que les marchés appellent le coût d’opportunité : le rendement auquel un épargnant renonce en détenant un actif sans revenu courant.

Des anticipations de resserrement monétaire peuvent aussi soutenir le dollar. Or, l’or étant généralement coté en dollars, une monnaie américaine plus forte peut rendre le métal plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment en euros.

Pour un épargnant belge ou européen, le prix à surveiller ne se limite donc pas au cours international de l’or. Le taux de change euro-dollar peut amortir ou accentuer la variation du prix exprimé en euros.

La prochaine orientation du métal jaune dépendra largement des données d’inflation américaines et de leur effet sur la réunion de la Fed. Après la baisse, la stabilisation reste fragile tant que le scénario de taux plus élevés conserve du terrain.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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