56,24 euros l’once : l’argent a perdu 3,10 % sur la séance du 24 septembre. Ce recul intervient alors que le dollar s’est renforcé, dans un marché qui anticiperait un nouveau relèvement des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed).

L’argent est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Lorsque le billet vert monte, il tend à devenir plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Pour les investisseurs belges et européens, le mouvement de change s’ajoute donc à la baisse du métal lui-même.

Un dollar plus fort après les signaux de la Fed

Le Dollar Index, qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises, aurait gagné 0,66 % sur 24 heures, à 101,09 points. Dans le même temps, l’euro aurait reculé de 0,33 %, à 1,1389 dollar.

Ce mouvement suivrait des indicateurs manufacturiers américains meilleurs qu’attendu et des déclarations de responsables de la Fed jugées favorables à de nouvelles hausses de taux. Les marchés anticiperaient ainsi une hausse des taux en octobre.

Des taux plus élevés renforcent souvent une devise : les placements libellés dans cette monnaie peuvent alors offrir un rendement supérieur. À l’inverse, l’argent ne procure ni intérêt ni dividende. Il s’agit d’un métal physique ou financier dont le détenteur espère principalement une hausse du prix.

Le coût d’opportunité pèse sur le métal

La hausse attendue des taux accroîtrait le coût d’opportunité de l’argent. Ce terme désigne le rendement auquel renonce un investisseur en choisissant un actif plutôt qu’un autre.

L’OAT française à dix ans, une obligation émise par l’État français, était évoquée autour de 4 % le 24 septembre. Une obligation verse généralement un coupon, c’est-à-dire un intérêt périodique. Face à ce rendement, un métal sans coupon pourrait paraître moins attractif pour une partie des investisseurs.

Cette comparaison ne signifie pas que l’argent et les obligations répondent au même objectif. Le métal précieux peut notamment être recherché pour diversifier un patrimoine ou se protéger contre certains risques monétaires. Mais, à court terme, la remontée des rendements peut détourner des flux financiers des métaux.

Les doutes sur la demande industrielle s’ajoutent à la baisse

L’argent possède une particularité : il est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il entre notamment dans la fabrication de panneaux photovoltaïques et de composants électroniques.

Le repli du pétrole WTI, tombé à 92,39 dollars le baril, soit -3,54 % sur 24 heures, pourrait refléter des inquiétudes sur la demande et l’activité industrielle. Ces craintes pèseraient aussi sur l’argent, dont une part importante de la demande dépend de l’économie mondiale.

Une correction après une progression marquée

La baisse quotidienne ne gomme pas la tendance récente. Sur deux mois, l’argent affiche encore une hausse de 11,0 %.

Le ratio or/argent s’établissait par ailleurs à 66,8, contre 67,9 un mois auparavant. Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Sa diminution signifie que l’argent a davantage progressé que l’or sur la période considérée.

La séance du 24 septembre rappelle toutefois la forte sensibilité de l’argent au dollar, aux taux et aux perspectives industrielles. Pour un acheteur en euros, suivre le cours du métal ne suffit donc pas : l’évolution euro-dollar et le niveau des rendements obligataires font aussi partie des repères essentiels.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version