-25 % environ depuis janvier : la baisse du cours de l’or replace la question du bon point d’entrée au centre des décisions patrimoniales. Dans un article publié par Le Particulier, Laurent Schwartz livre plusieurs conseils aux épargnants qui souhaitent acheter de l’or physique sans céder à la précipitation.
Une baisse qui rouvre le débat sur l’achat d’or
Le contexte est clair. Après des records atteints au début de l’année 2026, l’or a nettement corrigé. Le recul atteint environ 25 % depuis le sommet de janvier, et près de 14 % sur le seul deuxième trimestre 2026. Cette séquence constitue la plus forte baisse trimestrielle depuis 2013.
Cette correction s’explique par plusieurs facteurs. Des taux d’intérêt élevés aux États-Unis rendent les placements rémunérés plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni coupon ni dividende. La hausse du dollar pèse aussi sur le métal jaune, car l’or est coté internationalement en devise américaine. Enfin, une partie des capitaux s’est dirigée vers d’autres secteurs, notamment les technologies de pointe.
Pour les investisseurs belges et francophones, cette baisse peut sembler être une opportunité. Mais elle impose surtout une méthode.
Définir d’abord le montant à investir
Premier conseil : fixer un budget avant de choisir le produit. Le montant disponible détermine souvent le support le plus adapté.
Les pièces d’or conviennent généralement aux achats plus fractionnés. Elles permettent de revendre une partie seulement de son stock en cas de besoin. Les lingots et lingotins, eux, concentrent davantage de valeur dans un seul produit. Un lingotin est un petit lingot, souvent plus accessible qu’un lingot d’un kilo.
L’objectif n’est pas seulement d’acheter de l’or, mais d’acheter un format revendable, identifiable et adapté à son patrimoine.
Privilégier les produits reconnus
Laurent Schwartz met aussi l’accent sur les produits connus du marché. Les Napoléons 20 francs, les pièces de l’Union latine ou les lingots d’investissement font partie des références citées.
Une pièce dite « reconnue » est une pièce facilement identifiable par les professionnels, avec un poids, un titre et une liquidité bien établis. Le titre désigne la proportion d’or pur contenue dans la pièce ou le lingot. La liquidité signifie la facilité à revendre rapidement, à un prix proche du marché.
Ce point est essentiel. Une pièce rare ou atypique peut intéresser un collectionneur, mais elle n’est pas toujours idéale pour un achat patrimonial simple. Pour un épargnant, la priorité reste souvent la revente future dans de bonnes conditions.
Comprendre la prime avant d’acheter
Autre notion centrale : la prime. Dans l’or physique, la prime correspond à l’écart entre le prix d’un produit et la valeur de l’or pur qu’il contient.
Exemple simple : si une pièce contient 500 euros d’or au cours du jour, mais se vend 530 euros, la prime est de 30 euros. Elle reflète plusieurs éléments : la fabrication, la rareté relative, l’état de conservation, la demande du marché et la marge du professionnel.
Une prime élevée n’est pas forcément anormale. Mais elle doit être comprise avant l’achat. Elle peut réduire le gain potentiel à la revente si elle se normalise ensuite.
Acheter progressivement pour lisser le risque
Dans un marché volatil, l’achat fractionné reste une stratégie souvent recommandée. Il consiste à acheter en plusieurs fois, à des dates différentes, afin de lisser le prix d’entrée.
Cette méthode limite le risque d’investir tout son capital juste avant une nouvelle baisse. Elle ne garantit pas un gain, mais elle réduit la dépendance à un seul moment de marché.
En cas d’entrée d’argent importante, un achat en une fois peut toutefois avoir du sens pour certains profils. Le risque inverse existe aussi : rester totalement à l’écart pendant une phase de rebond.
Passer par un professionnel et garder les justificatifs
Le recours à un professionnel reconnu fait partie des précautions de base. L’or physique exige des garanties : authenticité, poids, pureté, scellés éventuels et facture.
Les justificatifs d’achat doivent être conservés. Ils peuvent servir lors d’une revente, d’une succession ou d’un contrôle sur l’origine des fonds. Pour un résident belge, français ou luxembourgeois, les règles fiscales et déclaratives peuvent différer. La conservation des documents reste donc une précaution utile dans tous les cas.
Un actif patrimonial, pas un pari de court terme
Les acheteurs d’or physique ne réagissent pas toujours comme des traders. D’après les observations de Laurent Schwartz rapportées par plusieurs médias spécialisés en placement, les ventes interviennent souvent lors d’événements de vie : succession, achat immobilier, travaux ou besoin de liquidité.
Cette logique explique pourquoi la baisse récente ne provoque pas nécessairement de ventes massives. L’or physique reste d’abord perçu comme un actif de diversification. Dans un patrimoine financier, plusieurs professionnels évoquent une allocation autour de 5 %, voire jusqu’à 8 % pour des investisseurs expérimentés.
Une allocation désigne la part d’un patrimoine consacrée à un actif précis. Ici, il s’agit de ne pas placer toute son épargne en or, mais de l’utiliser comme protection partielle contre les chocs financiers, monétaires ou géopolitiques.
Les banques centrales continuent de soutenir la demande
La correction du prix ne signifie pas l’effacement de la demande de fond. Les banques centrales continuent d’accumuler de l’or et réduisent une partie de leurs avoirs en dollars. Cette tendance soutient le marché en créant un socle de demande institutionnelle.
Pour les particuliers, le message reste plus prudent : la baisse peut offrir un meilleur point d’entrée qu’au sommet de janvier, mais elle ne supprime pas le risque de volatilité. Avant d’acheter, le choix du montant, du support, de la prime et du calendrier compte autant que le niveau du cours.
La chute récente rappelle donc une règle simple : l’or se prépare avant de s’acheter. Et son rôle principal reste la préservation du capital sur la durée, plutôt que la recherche d’un gain rapide.


