4 450 dollars l’once : ce seuil concentre l’attention du marché mondial de l’or ce 4 septembre 2026. Après deux séances de rebond, le métal jaune se stabilise autour de cette zone technique, dans l’attente des chiffres de l’emploi américain d’août.
L’enjeu dépasse le seul marché américain. Pour les acheteurs européens et belges, un mouvement de l’or en dollars peut être amplifié ou atténué par l’évolution de l’euro face au billet vert. L’or est coté internationalement en dollar par once troy, l’unité de référence des métaux précieux, qui correspond à environ 31,1 grammes.
Le marché attend le rapport d’emploi américain
Le principal rendez-vous du jour concerne les données d’emploi aux États-Unis. Ces chiffres sont suivis de près car ils influencent la Réserve fédérale américaine, la Fed, c’est-à-dire la banque centrale des États-Unis. Sa mission consiste notamment à contenir l’inflation et à soutenir l’emploi.
Un marché du travail faible peut pousser la Fed à éviter une hausse des taux d’intérêt. Les taux d’intérêt désignent le coût de l’argent : lorsqu’ils montent, les placements rémunérés comme les obligations deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni coupon ni dividende. Des taux plus élevés peuvent donc peser sur son cours. À l’inverse, des taux stables ou plus bas tendent souvent à soutenir le métal jaune.
Le précédent rapport, publié le 7 août par le Bureau of Labor Statistics, avait marqué les esprits. Les États-Unis avaient enregistré une baisse de 23 000 emplois non agricoles en juillet. Les emplois non agricoles correspondent aux postes créés ou détruits hors secteur agricole, un indicateur central de la santé économique américaine. Le taux de chômage était resté à 4,1 %, mais le taux de participation avait reculé. Ce dernier mesure la part des personnes en âge de travailler qui occupent un emploi ou en recherchent un.
Les créations d’emplois de mai et juin avaient aussi été révisées en baisse de 103 000 postes. Cette séquence avait fragilisé l’idée d’un marché du travail encore robuste.
L’or a déjà réagi violemment aux chiffres de juillet
La réaction du marché avait été rapide. Le 7 août, après l’annonce de la perte nette d’emplois, l’or avait bondi de près de 3 % pour atteindre 4 363,70 dollars. Sur la semaine, la progression dépassait 7 %, soit la meilleure performance hebdomadaire depuis janvier 2026.
Ce mouvement illustre le mécanisme actuel. Lorsque les investisseurs anticipent une Fed moins restrictive, l’or retrouve de l’attrait. Une politique monétaire restrictive signifie que la banque centrale maintient des taux élevés pour freiner l’inflation. Une politique plus souple réduit cette pression sur l’or.
Le 3 septembre, le prix au comptant de l’or a encore progressé de 2,1 % en séance, jusqu’à un pic intraday de 4 474,72 dollars. Le terme intraday signifie qu’il s’agit d’un niveau atteint pendant la journée de cotation, sans forcément correspondre au cours de clôture. Ce mouvement a été favorisé par la baisse du dollar, notamment face au yen, et par une révision à la baisse des anticipations de hausse des taux.
La Fed reste prise entre emploi et inflation
La décision de la Fed n’est toutefois pas dictée uniquement par l’emploi. L’inflation reste le second pilier de l’équation. Le 3 septembre, Christopher Waller, gouverneur de la Fed, a indiqué publiquement que la banque centrale pourrait maintenir ses taux si les prochaines statistiques confirmaient la désinflation. La désinflation désigne un ralentissement de la hausse des prix, et non une baisse générale des prix.
Il a aussi souligné qu’une inflation plus élevée en août pourrait justifier une hausse en septembre. Cette position entretient l’incertitude : un mauvais chiffre de l’emploi soutiendrait l’or, mais une inflation persistante pourrait redonner des arguments aux partisans d’un resserrement monétaire.
Le pétrole complique le scénario
La remontée du pétrole ajoute une source de tension. Début septembre, le Brent évolue autour de 97,59 dollars le baril, tandis que le WTI se situe près de 92,15 dollars. Le Brent sert de référence pour une grande partie du pétrole mondial, notamment européen. Le WTI est la référence américaine.
Cette hausse intervient après un point bas proche de 69 dollars début juillet. Elle est liée à la reprise des tensions entre les États-Unis et l’Iran, en particulier autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport maritime d’hydrocarbures.
Un pétrole plus cher peut raviver l’inflation, car l’énergie entre dans les coûts de transport, de production et de chauffage. Pour la Fed, cela complique l’arbitrage : soutenir une économie qui ralentit ou contenir des prix qui repartent.
Pour les acheteurs d’or, le seuil des 4 450 dollars sert de repère
La zone des 4 450 dollars joue désormais le rôle de repère technique. Une zone technique correspond à un niveau de prix observé par les opérateurs, car il peut attirer des achats, déclencher des ventes ou signaler un changement de tendance.
À court terme, le rapport d’emploi américain d’août pourrait donc provoquer un mouvement net. Des chiffres faibles renforceraient probablement l’idée d’une Fed prudente et pourraient soutenir l’or. Des chiffres solides, surtout accompagnés de pressions inflationnistes, pourraient au contraire relancer le dollar et limiter l’élan du métal jaune.
Les prévisions de long terme restent très dispersées. Certains scénarios d’analystes envisageraient une poursuite de la hausse d’ici 2030, avec de larges écarts selon les hypothèses retenues. Ces projections doivent rester des repères, pas des certitudes.
À ce stade, le marché de l’or ne tranche pas : il attend le signal de l’emploi américain pour savoir si les 4 450 dollars deviennent un palier de consolidation ou le point de départ d’un nouveau mouvement.


