+3% en une séance : le cours de l’argent a approché 58,20 dollars l’once ce mardi 21 juillet 2026, pendant que le pétrole WTI reculait après son sommet mensuel. Le mouvement traduit un changement d’équilibre sur les marchés : moins de tension immédiate sur l’énergie, moins de pression inflationniste, et un environnement encore porteur pour les métaux précieux.

L’once désigne l’unité de référence internationale pour les métaux précieux. Elle correspond à une once troy, soit environ 31,1 grammes. Le prix de l’argent cité en dollars l’once sert de repère mondial, y compris pour les investisseurs européens et belges qui doivent ensuite tenir compte du taux de change euro/dollar.

L’argent profite du reflux du pétrole

Le cours de l’argent a progressé de plus de 3% durant la séance européenne, jusqu’à s’approcher de 58,20 dollars l’once. Cette hausse intervient au moment où le pétrole marque une pause.

Le baril de WTI, référence américaine du pétrole brut, a reculé de 0,45% à 81,90 dollars, après avoir atteint 84,42 dollars la veille, son plus haut niveau mensuel. Cette détente du pétrole est importante pour les métaux précieux : un pétrole plus cher alimente souvent les craintes d’inflation, car l’énergie entre dans les coûts de transport, de production et de chauffage. À l’inverse, un reflux du baril peut réduire cette pression.

Le marché semble intégrer une baisse de la « prime de risque géopolitique ». Cette prime correspond au supplément de prix que les investisseurs acceptent de payer lorsqu’un risque de conflit menace l’approvisionnement, notamment en énergie. Quand ce risque diminue, le prix du pétrole peut se calmer.

La désescalade entre l’Iran et les États-Unis change le climat de marché

Le facteur déclencheur vient du Moyen-Orient. Les autorités iraniennes ont confirmé une proposition de cessation des frappes de dix jours avec les États-Unis. Cette annonce contribue à un climat d’apaisement des tensions géopolitiques.

Pour les marchés, l’effet est double. Le pétrole recule, car le risque immédiat sur l’offre énergétique paraît moins élevé. L’argent, lui, bénéficie d’un environnement plus lisible, dans lequel les investisseurs peuvent revenir vers les métaux précieux sans craindre une nouvelle envolée brutale des coûts énergétiques.

Cette réaction peut surprendre : l’or et l’argent sont souvent recherchés quand les tensions montent. Mais l’argent a une double nature. C’est à la fois un métal précieux, utilisé comme réserve de valeur, et un métal industriel, présent dans l’électronique, les panneaux solaires ou certaines applications médicales. Un apaisement géopolitique peut donc soutenir la demande anticipée d’argent si les investisseurs y voient un contexte économique moins dégradé.

La Fed reste un soutien indirect

Autre élément favorable : la politique monétaire américaine. Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’un maintien des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine lors de sa prochaine réunion dépasse 90%.

La Fed est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions influencent le dollar, les taux obligataires et, par ricochet, les métaux précieux. Quand les taux montent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs face à l’or ou à l’argent, qui ne versent ni intérêt ni dividende. Quand les taux se stabilisent, la pression baisse.

Le point clé concerne les « taux réels ». Il s’agit des taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Des taux réels élevés pénalisent généralement les métaux précieux. À l’inverse, des taux réels contenus peuvent soutenir l’argent et l’or.

Les seuils techniques se rapprochent

L’analyse technique publiée par BDOR identifie une résistance immédiate à 59,65 dollars l’once et un support clé à 54,77 dollars.

Une résistance est un niveau de prix où les vendeurs ont tendance à se manifester. Si ce seuil est franchi, le marché peut accélérer à la hausse. Un support fonctionne à l’inverse : c’est une zone où les acheteurs reviennent souvent, ce qui peut freiner une baisse. Le niveau de 54,77 dollars aurait déjà joué ce rôle lors d’une précédente consolidation, c’est-à-dire une phase de respiration après une hausse.

Le cours de l’argent évoluerait actuellement dans un canal haussier. Cette expression désigne une tendance où les prix progressent entre deux lignes ascendantes : une borne basse qui soutient les cours et une borne haute qui limite temporairement les hausses.

Le ratio or/argent reste à surveiller

Le ratio or/argent est également suivi par les analystes. Il indique combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or. Quand ce ratio baisse, l’argent rattrape l’or. Quand il monte, l’or surperforme l’argent.

Pour un investisseur belge ou francophone, cet indicateur aide à comparer la valorisation relative des deux métaux. Il ne donne pas un signal automatique d’achat ou de vente, mais il permet de replacer le mouvement de l’argent dans le marché plus large des métaux précieux.

La séance du 21 juillet montre surtout que l’argent reste très sensible au trio pétrole, géopolitique et taux américains. Si la détente énergétique se confirme et si la Fed maintient une posture prudente, le seuil des 59,65 dollars pourrait devenir le prochain test du marché. À l’inverse, un retour des tensions ou une remontée des taux réels pourrait ramener l’attention vers le support des 54,77 dollars.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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