L’or au comptant est retombé à 4 047 dollars l’once vers 12 h 16, après avoir effacé une partie de ses gains récents. Les contrats à terme sur l’or se négociaient, eux, autour de 4 060 dollars l’once. Le marché se montre prudent à l’approche de la décision de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Le repli intervient alors que les coûts de l’énergie augmentent. Cette évolution nourrit les craintes d’une inflation plus persistante. Or, une inflation durable peut pousser les banques centrales à maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps. Ce scénario est généralement moins favorable à l’or.
L’énergie replace l’inflation au centre des marchés
L’or est souvent présenté comme une protection contre l’inflation. Mais, à court terme, une remontée des anticipations d’inflation peut aussi peser sur son cours. La raison est simple : les investisseurs cherchent à anticiper la réponse de la Fed.
Si la banque centrale américaine estime que l’inflation reste trop élevée, elle peut conserver une politique monétaire restrictive. Cela signifie des taux directeurs élevés, ou une baisse des taux reportée. Comme l’or ne verse ni intérêt ni dividende, son attrait relatif diminue lorsque les placements rémunérés offrent des rendements plus élevés.
La hausse de l’énergie est particulièrement surveillée, car elle se diffuse rapidement dans l’économie : carburants, chauffage, transport et production peuvent devenir plus coûteux. Ces hausses peuvent ensuite se retrouver dans les prix payés par les ménages et les entreprises.
La Belgique a déjà constaté une accélération des prix
En Belgique, l’inflation est passée de 3,97 % en août à 4,69 % en septembre, selon les données communiquées par Statbel et le Bureau fédéral du Plan. L’énergie a constitué le principal moteur de cette accélération, avec une hausse des prix des carburants, du gaz naturel et de l’électricité.
Cette situation belge ne détermine pas directement la décision de la Fed. Elle illustre néanmoins un phénomène suivi à l’échelle mondiale : lorsque l’énergie renchérit, le reflux de l’inflation peut devenir plus incertain.
Au-dessus de 4 000 dollars, un seuil à surveiller
Malgré son repli, l’or reste au-dessus de 4 000 dollars l’once, un niveau psychologique majeur. Une once troy correspond à environ 31,1 grammes : c’est l’unité de référence utilisée sur les marchés internationaux des métaux précieux.
Pour les épargnants belges, le prix affiché en dollars n’est toutefois pas le seul élément à prendre en compte. Le taux de change entre l’euro et le dollar, la prime appliquée aux pièces ou aux lingots, ainsi que les frais du vendeur influencent aussi le prix final d’achat ou de revente.
La décision de la Fed et son message sur l’inflation devraient donc guider les prochaines variations de l’or. Un ton plus strict pourrait prolonger la prudence, tandis qu’une perspective de détente monétaire pourrait redonner un soutien au métal jaune.



