3 587,1 euros l’once : l’or évolue sous le seuil de 3 590 euros ce mardi 27 octobre. Le cours recule de 4,8 % sur un mois, dans un marché dominé par la vigueur du dollar et les interrogations sur les prochains taux d’intérêt américains.
L’once d’or — l’unité internationale de référence, équivalant à 31,1 grammes — conserve toutefois une progression de 1,0 % sur trois mois et de 1,9 % sur quatre mois. À 115,16 euros le gramme mardi matin, le métal jaune cède 0,2 % depuis l’ouverture de la semaine, après une baisse de 3,3 % la semaine précédente.
Le dollar se renforce avant la Fed
La Réserve fédérale américaine doit rendre sa décision monétaire mercredi 28 octobre. Les investisseurs devraient surtout scruter le discours de l’institution sur la trajectoire future des taux. Les anticipations de marché feraient état d’une probabilité supérieure à 80 % d’un relèvement des taux en décembre, mais cette estimation reste susceptible d’évoluer.
Dans cette attente, le Dollar Index gagne 0,53 %, à 102,15 points. Cet indice mesure la force du dollar face à un panier de grandes devises. En parallèle, l’euro recule de 0,44 % face au billet vert, à 1,1178 dollar.
Cette évolution défavorise l’or. Le métal est principalement coté en dollars sur les marchés internationaux, avant d’être converti en euros pour les investisseurs belges et européens. Un dollar plus fort renchérit l’or pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies et peut peser sur la demande. La baisse de l’euro atténue toutefois mécaniquement une partie de ce mouvement pour un acheteur de la zone euro.
Des rendements élevés concurrencent le métal jaune
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son attrait relatif diminue donc lorsque les placements obligataires offrent des rendements élevés. C’est ce que les investisseurs appellent le coût d’opportunité : détenir de l’or implique de renoncer au revenu potentiel d’une obligation ou d’un dépôt rémunéré.
La Banque centrale européenne maintient son taux directeur à 2,65 %, tandis que sa facilité de dépôt s’établit à 2,5 %. Le rendement de l’OAT française à dix ans est donné à 4,44 %. L’OAT est une obligation émise par l’État français ; son rendement sert de repère sur les marchés obligataires européens.
Ces niveaux de taux constituent un frein de court terme pour l’or, même si le métal conserve son rôle de diversification dans un patrimoine. Les tensions persistantes au Moyen-Orient soutiendraient davantage le dollar que l’or à ce stade, la réunion de la Fed concentrant l’attention des marchés.
L’argent chute plus fortement
L’argent recule davantage que l’or. Le métal blanc s’échange à 1,523 euro le gramme, en baisse de 1,8 % sur vingt-quatre heures, de 8,3 % sur une semaine et de 16,2 % sur un mois.
Le ratio or/argent atteint 75,6. Cela signifie qu’il faut 75,6 onces d’argent pour acheter une once d’or, contre 66,6 un mois plus tôt. La hausse de ce ratio de 13,5 % traduit une sous-performance de l’argent. Plus exposé à l’industrie, ce métal souffre davantage lorsque les conditions financières se durcissent et que les perspectives de croissance deviennent plus incertaines.
Pour les épargnants, la décision de la Fed et les mouvements du dollar seront les deux indicateurs immédiats à surveiller. Une communication plus restrictive sur les taux pourrait prolonger la pression sur l’or à court terme, tandis qu’un message moins ferme redonnerait du soutien au métal jaune.



