2 471 acre-feet : c’est le volume de droits d’eau que Star Gold Corp. affirme avoir sécurisé pour son projet Longstreet, dans le comté de Nye, au Nevada. Ce bail de longue durée doit donner au groupe une base d’approvisionnement définie pour finaliser les études techniques et poursuivre les démarches d’autorisation de sa future mine d’or et d’argent.
Un acre-foot correspond au volume nécessaire pour recouvrir un acre — environ 0,4 hectare — avec un pied d’eau, soit près de 1 233 mètres cubes. Le volume loué représente donc environ 3 millions de mètres cubes d’eau.
Une ressource clé pour la lixiviation
Star Gold prévoit une consommation annuelle d’environ 600 acre-feet, soit près de 740 000 mètres cubes. Avec une marge de sécurité de 30 %, le besoin annuel atteindrait 720 acre-feet.
L’eau est un facteur déterminant pour un projet utilisant la lixiviation en tas (heap leaching). Cette technique consiste à empiler du minerai concassé sur une aire étanche, puis à l’arroser d’une solution permettant de dissoudre les métaux recherchés. La solution chargée en or et en argent est ensuite récupérée et traitée.
Selon l’entreprise, le bail doit notamment aider à préciser la conception de l’installation de lixiviation, le dimensionnement des aires de traitement, la capacité des bassins et la gestion des solutions. En pratique, la disponibilité de l’eau permettrait de mener en parallèle les études d’ingénierie détaillées et les procédures de permis.
Des étapes administratives déjà franchies
Le projet Longstreet avait déjà obtenu deux jalons fédéraux en 2026. Le Service forestier américain avait approuvé son plan d’opérations en mai. Le Bureau of Land Management, l’agence fédérale qui administre notamment des terres publiques, avait ensuite validé un programme de travaux de développement en juin.
Ces décisions permettent d’avancer dans les activités d’exploration et de développement, mais elles ne valent pas, à elles seules, autorisation complète de construire et d’exploiter une mine. Des examens environnementaux, des permis complémentaires, le financement et la réalisation des travaux restent nécessaires avant toute entrée en production.
Une étude économique dépendante des prix des métaux
En septembre, Star Gold avait publié une évaluation économique préliminaire actualisée. Cette étude, dont les résultats doivent être interprétés avec prudence à ce stade précoce, évaluait la valeur actuelle nette avant impôts du projet à 87 millions de dollars américains et son taux de rentabilité interne avant impôts à 48 %.
Ces calculs reposaient sur des hypothèses de prix de 3 600 dollars l’once d’or et 48 dollars l’once d’argent. La valeur actuelle nette mesure la valeur estimée aujourd’hui des flux de trésorerie futurs d’un projet. Le taux de rentabilité interne indique le rendement théorique susceptible d’être généré par l’investissement. Ces deux indicateurs varient fortement avec les prix des métaux, les coûts, les délais et les conditions de financement.
La sécurisation de l’eau réduit donc une contrainte opérationnelle majeure pour Longstreet, sans lever les risques inhérents au développement minier. Pour les investisseurs exposés à l’or, le dossier reste avant tout un projet en phase de développement, et non une production déjà acquise.



