L’or a progressé après la publication d’un taux d’inflation américain inférieur aux prévisions. Cette réaction illustre le lien étroit entre le métal jaune, les anticipations de taux d’intérêt américains et la vigueur du dollar.
Selon Business AM, les marchés auraient interprété ce chiffre comme un signal réduisant la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire aux États-Unis. Pour l’or, qui ne produit ni intérêt ni dividende, une perspective de taux moins élevés est généralement favorable.
Pourquoi une inflation plus basse soutient l’or
L’inflation est la hausse générale des prix. Lorsqu’elle ralentit davantage qu’attendu, la Réserve fédérale américaine (Fed) peut avoir moins de raisons de relever son taux directeur, c’est-à-dire le taux qui influence le coût du crédit dans l’économie américaine.
Des taux élevés pénalisent souvent l’or. Ils augmentent en effet le rendement potentiel des obligations et des placements monétaires, alors que l’or physique ne verse pas de revenu. Ce mécanisme est appelé le coût d’opportunité : détenir de l’or peut paraître moins attractif lorsque des actifs considérés comme peu risqués rapportent davantage.
À l’inverse, un chiffre d’inflation plus modéré peut entraîner un recul des rendements obligataires et peser sur le dollar. Ces deux évolutions tendent à améliorer l’environnement du métal précieux. Un dollar moins fort rend aussi l’or, coté internationalement en dollars, plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres devises, dont l’euro.
Un rebond après un mois difficile
Le mouvement intervient après une période de pression sur les cours. Le 30 septembre, l’or spot — le prix du métal pour livraison immédiate — évoluait autour de 4 178 dollars l’once, d’après Veracash. Une once troy, unité de référence du marché des métaux précieux, équivaut à 31,103 grammes.
Le métal aurait alors perdu environ 6 % sur le mois. La remontée des rendements des obligations du Trésor américain à dix ans, ainsi que le renforcement du dollar, auraient pesé sur la demande. À l’approche de la Golden Week en Chine, période de fermeture de plusieurs marchés, des prises de bénéfices et des réductions de positions acheteuses auraient aussi accentué la baisse récente.
Les chiffres d’inflation américains constituaient donc un catalyseur majeur à très court terme. Un catalyseur désigne une information susceptible de provoquer une variation rapide des marchés.
Ce que les épargnants belges doivent retenir
Le rebond observé ne suffit pas, à lui seul, à confirmer un changement durable de tendance. L’or resterait très sensible aux prochaines données américaines, aux décisions de la Fed, au niveau du dollar et aux rendements obligataires.
Pour un acheteur en Belgique ou dans la zone euro, le prix en euros compte autant que le cours en dollars. L’évolution du taux de change euro-dollar peut amplifier ou atténuer la variation du métal. Un indicateur d’inflation favorable à l’or peut soutenir le cours, mais il ne remplace pas une stratégie d’achat progressive et diversifiée.
La prochaine étape sera la confirmation, ou non, d’un ralentissement durable de l’inflation américaine. C’est cette trajectoire qui déterminera largement la marge de manœuvre de la Fed — et, avec elle, l’orientation de l’or dans les prochaines semaines.



