496,5 mètres à 0,76 gramme d’or par tonne : c’est le résultat le plus marquant publié par Auro Metals sur son projet Santa Barbara, dans le sud-est de l’Équateur. La société canadienne d’exploration a annoncé, le 18 août 2026, que le trou de forage DSB-61 avait recoupé une longue zone minéralisée en or et en cuivre dans la province de Zamora-Chinchipe.
Ce résultat inclut une section plus riche de 212,5 mètres à 1,12 g/t d’or et 0,14 % de cuivre. Selon Auro Metals, il s’agit de la plus haute teneur en or jamais rapportée par l’entreprise sur un intervalle de forage.
Un résultat important, mais encore au stade de l’exploration
Auro Metals explore le projet Santa Barbara Gold-Copper, situé en Équateur. Le forage DSB-61 visait à tester la continuité et les extensions de la minéralisation dans la zone Santa Barbara South.
Un forage consiste à percer le sous-sol pour prélever des carottes de roche. Ces échantillons sont ensuite analysés en laboratoire. Un intervalle, ou intercept en anglais, désigne la longueur de roche minéralisée rencontrée par le forage. Il ne correspond pas toujours à l’épaisseur réelle du gisement, car celle-ci dépend de l’angle du forage et de la géologie.
La teneur de 0,76 g/t d’or signifie que chaque tonne de roche contient en moyenne 0,76 gramme d’or sur l’intervalle annoncé. Pour un investisseur non spécialiste, ce chiffre doit être lu avec prudence : une faible teneur peut devenir intéressante si le volume est important, si la minéralisation est proche de la surface et si les coûts d’extraction restent maîtrisés.
La présence de cuivre, exprimée ici en pourcentage, ajoute un élément économique potentiel. Une teneur de 0,12 % cuivre signifie que la roche contient 0,12 kg de cuivre pour 100 kg de roche. Dans certains projets, le cuivre peut améliorer la valeur globale d’un gisement, surtout lorsque les prix du métal rouge sont élevés.
D’autres forages confirment une minéralisation proche de la surface
Auro Metals a aussi publié des résultats pour les trous DSB-67 et DSB-66. Le premier a recoupé 380 mètres à 0,71 g/t d’or et 0,10 % de cuivre. Le second a rencontré 287 mètres à 0,51 g/t d’or et 0,08 % de cuivre.
Ces deux résultats commencent à la surface ou près de la surface. Cette information est importante. Une minéralisation dite proche de la surface peut, dans certains cas, faciliter une exploitation future à ciel ouvert. Ce type d’exploitation est souvent moins coûteux qu’une mine souterraine, même si cela dépend de nombreux paramètres : topographie, réglementation, infrastructures, teneurs, métallurgie et acceptabilité locale.
Le programme de Phase I se poursuit avec quatre foreuses actives sur le site. Une Phase I désigne une première campagne structurée de forage destinée à mieux comprendre la taille, la continuité et la qualité d’un système minéralisé. Auro Metals indique avoir achevé 22 trous, dont 14 ont déjà livré leurs résultats d’analyse.
Pourquoi ce forage intéresse le marché de l’or
Le résultat de DSB-61 peut soutenir une future croissance des ressources du projet. Une ressource minérale correspond à une estimation géologique de la quantité de métal présente dans le sous-sol. Elle ne signifie pas encore qu’une mine sera construite. Pour passer du stade de la ressource à celui de la réserve exploitable, il faut des études techniques, économiques, environnementales et réglementaires beaucoup plus avancées.
Pour les investisseurs européens et belges qui suivent l’or, ce type d’annonce doit donc être replacé dans la chaîne de valeur minière. Auro Metals reste une société d’exploration. Elle ne vend pas encore d’or issu de Santa Barbara. Sa valorisation dépend surtout de la capacité à démontrer un gisement assez grand, assez riche et techniquement exploitable.
Le contexte de marché joue aussi. Les prix de l’or, de l’argent et du cuivre ont fortement progressé en 2026. L’or a bénéficié des tensions géopolitiques, des inquiétudes liées à l’inflation et des anticipations de politique monétaire. Le cuivre, lui, est soutenu par les besoins des réseaux électriques, des centres de données liés à l’intelligence artificielle et des infrastructures énergétiques.
Dans ce cadre, les projets combinant or et cuivre attirent davantage l’attention. L’or reste recherché comme actif de protection du capital, tandis que le cuivre est associé à l’électrification de l’économie.
Une visibilité accrue aux États-Unis
Auro Metals a également renforcé sa présence boursière. Depuis le 29 juillet 2026, son action se négocie sur l’OTCQB Venture Market aux États-Unis sous le symbole AURFF, en plus de sa cotation sur le TSX Venture Exchange sous le symbole AURO.
L’OTCQB est un marché américain destiné notamment aux petites et moyennes sociétés de croissance. Une cotation plus visible peut améliorer la liquidité, c’est-à-dire la facilité à acheter ou vendre une action sans trop affecter son prix. Elle peut aussi élargir l’accès aux investisseurs américains.
Cela ne réduit toutefois pas le risque propre aux sociétés d’exploration minière. Ces entreprises peuvent fortement réagir aux résultats de forage, aux cours des métaux, aux besoins de financement et aux décisions réglementaires.
Le signal à retenir
L’annonce d’Auro Metals porte sur une longue intersection aurifère-cuivre à Santa Barbara, avec une zone interne plus riche et plusieurs résultats proches de la surface. Le forage DSB-61 renforce le potentiel géologique du projet, mais il ne transforme pas encore Santa Barbara en mine.
La prochaine étape à surveiller sera la publication des résultats restants de la campagne de Phase I, puis l’éventuelle mise à jour des ressources. Pour les investisseurs intéressés par l’or, le dossier illustre une tendance claire : dans un marché favorable aux métaux, les projets combinant volume, cuivre et exposition aurifère retrouvent une place centrale dans les stratégies d’exploration.



