Un soutien accordé en 2013 vient d’être retiré à l’un des grands projets aurifères du nord-ouest canadien. Le 13 août 2026, le Gitxsan Huwilp Government a formellement retiré son appui au projet KSM de Seabridge Gold, en Colombie-Britannique. Cette décision intervient en solidarité avec la Nation Tsetsaut Skii km Lax Ha, qui réclame une consultation plus complète sur les impacts du projet.
KSM est un projet minier porté par Seabridge Gold dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. Pour les investisseurs en métaux précieux, ce type de dossier compte : un projet aurifère peut disposer d’un potentiel géologique important, mais rester exposé à des délais réglementaires, environnementaux et sociaux.
Seabridge soutient le processus mené par la province
Après une décision de la Cour suprême de Colombie-Britannique rendue le 8 juin 2026, Seabridge Gold affirme soutenir le processus de consultation conduit par le British Columbia Environmental Assessment Office, l’agence provinciale chargée de l’évaluation environnementale.
La Cour a jugé que cette agence n’avait pas consulté de manière suffisante la Nation Tsetsaut Skii km Lax Ha avant de conclure que le projet KSM avait été « substantiellement commencé ». Cette notion est importante : dans le secteur minier canadien, un projet reconnu comme suffisamment démarré peut conserver certains avantages ou autorisations réglementaires.
La province doit désormais consulter la Nation pendant 90 jours. Les observations écrites doivent être déposées au plus tard le 28 septembre 2026. Ensuite, la province devra réexaminer sa décision.
Les Gitxsan demandent une consultation plus large
Le retrait d’appui du Gitxsan Huwilp Government ne vise pas seulement une étape administrative. Il s’agit d’un appel à une consultation jugée plus réelle avec toutes les Premières Nations concernées par les grands projets situés sur leurs territoires traditionnels.
Les Gitxsan demandent aussi des partenariats économiques, une collaboration accrue et un partage de la décision entre Premières Nations, autorités publiques et entreprises minières. Leur position place les communautés autochtones comme un acteur central de l’économie régionale, au même titre que les investisseurs, les entreprises et le gouvernement provincial.
Le bassin de résidus concentre les inquiétudes
Le point le plus sensible concerne l’installation de gestion des résidus miniers. Les résidus miniers sont les matériaux restant après l’extraction du métal contenu dans la roche. Ils peuvent contenir des substances polluantes et doivent être stockés durablement.
La Nation Tsetsaut Skii km Lax Ha décrit cette installation comme une « décharge de déchets toxiques profonde de 52 étages ». Elle craint des risques pour les cours d’eau, la faune et les territoires traditionnels sur plusieurs générations.
Seabridge indique que la Nation disposera encore d’occasions de consultation lors des futures étapes d’autorisation, notamment sur les détails techniques de cette installation.
Un enjeu pour l’or : le permis social d’exploiter
Pour une société minière, l’autorisation juridique ne suffit pas toujours. Le « permis social d’exploiter » désigne l’acceptation d’un projet par les communautés locales et les parties concernées. Sans cette acceptabilité, un projet peut être retardé, modifié ou contesté.
Le dossier KSM illustre un risque clé pour les investisseurs aurifères : la valeur d’un gisement dépend aussi de sa capacité à franchir les étapes politiques, environnementales et sociales. En Colombie-Britannique, la suite dépendra désormais de la consultation ordonnée par la justice et de la réponse de la province aux préoccupations des Premières Nations.



