Près de 70 dollars l’once : l’argent revient sur des niveaux qui attirent l’attention des investisseurs en métaux précieux. Le 24 août 2026, le cours de l’argent oscille autour de 69,00 dollars l’once sur les marchés internationaux, tout près d’un récent plus haut de deux mois à 70,00 dollars.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux. Elle pèse environ 31,10 grammes. Le prix cité en dollars correspond au cours international, avant conversion éventuelle en euros pour un investisseur belge ou européen.
L’argent confirme une cassure technique
Le mouvement actuel repose d’abord sur un signal de marché. Le cours de l’argent a franchi la zone des 66,65-66,70 dollars. Cette zone jouait le rôle de résistance, c’est-à-dire un niveau où les vendeurs avaient jusque-là tendance à reprendre la main.
Une fois cette résistance dépassée, les analystes techniques considèrent souvent que le marché peut entrer dans une nouvelle phase haussière. Cette lecture est renforcée par le soutien de la moyenne mobile à 200 périodes. Cette moyenne lisse les variations de prix sur une longue durée afin d’identifier la tendance dominante. Quand le prix reste au-dessus, le signal est généralement jugé positif.
En clair, le métal gris ne monte pas seulement sur un à-coup. Il bénéficie d’une configuration technique favorable. Ce biais haussier signifie que les acheteurs gardent l’avantage tant que les principaux supports ne sont pas cassés.
Le seuil des 76 dollars devient un objectif surveillé
Les projections de LongForecast placeraient désormais l’argent sur une trajectoire encore haussière. Le cours pourrait atteindre un sommet de 76,59 dollars en septembre 2026, puis terminer l’année autour de 72,54 dollars en décembre. Cela représenterait une progression d’environ 13,8 % par rapport aux niveaux observés en août.
Pour 2027, la même source anticiperait une hausse nettement plus marquée, avec une clôture possible à 108,34 dollars en décembre, soit une progression de 51,8 %. Ces chiffres restent des prévisions. Ils dépendent de modèles économiques et de conditions de marché qui peuvent changer rapidement.
WalletInvestor présenterait une trajectoire plus prudente, plus fluctuante, avec une possible baisse finale à la fin de 2027. Le message pour les investisseurs est donc clair : la tendance est favorable, mais le scénario n’est pas uniforme.
D’autres relevés de marché indiqueraient, au 25 août 2026, un cours spot de 68,32 dollars l’once. Le cours spot désigne le prix pour une livraison immédiate. Les mêmes prévisions placeraient l’argent autour de 80 dollars vers la mi-septembre, puis près de 82 dollars en fin de mois, avec une fourchette très large entre 65 et 86 dollars pour les jours suivants.
Pourquoi l’argent profite du contexte mondial
La hausse de l’argent ne s’explique pas seulement par les graphiques. Le métal bénéficie aussi d’un environnement favorable aux métaux précieux.
Fin juillet 2026, les tensions géopolitiques autour de l’Iran ont soutenu les cours. Le 27 juillet, à Londres, l’or a bondi jusqu’à 4 115 dollars l’once, tandis que l’argent progressait de 3,3 % à 60,07 dollars. Les métaux précieux ont alors joué leur rôle de valeur refuge, c’est-à-dire d’actif recherché lorsque les investisseurs veulent réduire leur exposition aux risques politiques, monétaires ou financiers.
Début août, l’or a ensuite dépassé 4 600 dollars l’once, porté par la faiblesse du dollar américain. Un dollar plus faible rend généralement les métaux libellés en dollars plus attractifs pour les acheteurs utilisant d’autres devises. L’argent, lui aussi coté en dollars, peut en bénéficier.
À cela s’ajoute la demande industrielle. L’argent n’est pas seulement un métal d’investissement. Il est utilisé dans l’électronique, l’énergie solaire et plusieurs applications industrielles. Cette double nature — métal précieux et métal industriel — peut amplifier les mouvements de prix.
Ce que cela change pour un investisseur belge ou européen
Pour un épargnant en Belgique, la hausse du cours en dollars ne se traduit pas toujours exactement en euros. Le taux de change euro-dollar joue un rôle important. Si l’euro se renforce face au dollar, une partie de la hausse du métal peut être neutralisée. Si l’euro s’affaiblit, l’effet peut être amplifié.
L’argent physique peut prendre la forme de pièces, de lingots ou de lingotins. Contrairement à l’or d’investissement, l’argent physique est souvent plus sensible aux coûts annexes : prime à l’achat, frais de stockage, écart entre prix d’achat et prix de revente, et régime fiscal applicable selon le produit et le pays.
La prime correspond à la différence entre le prix du métal contenu dans une pièce ou un lingot et son prix réel de vente. Elle rémunère notamment la fabrication, la distribution et la liquidité du produit. Elle peut varier fortement selon la demande.
Une tendance haussière, mais pas sans risque
L’argent frôle 70 dollars l’once parce que plusieurs moteurs se combinent : cassure technique, faiblesse du dollar, tensions géopolitiques et intérêt renouvelé pour les métaux précieux physiques.
Le cap des 76 dollars serait désormais un objectif crédible à court terme pour certains modèles, mais il ne constitue pas une garantie. Le métal gris reste plus volatil que l’or. Ses mouvements peuvent être rapides, à la hausse comme à la baisse.
Pour les investisseurs, l’enjeu consiste donc à distinguer la tendance de fond du point d’entrée. L’argent confirme son retour parmi les actifs à surveiller, mais la discipline d’achat reste aussi importante que la perspective de gain.



