4 125 dollars l’once : ce seuil aurait été enfoncé par le cours de l’or mardi, dans un marché de nouveau dominé par la crainte d’une inflation venue du pétrole.
Le prix de l’or serait tombé sous 4 125 dollars l’once le 7 juillet 2026. Une once troy, l’unité de référence internationale pour les métaux précieux, correspond à 31,10 grammes. Cette baisse serait liée à la reprise de l’inflation pétrolière, c’est-à-dire la hausse des prix de l’énergie qui se répercute sur les coûts de transport, de production et, parfois, sur les prix payés par les consommateurs.
Le mouvement concernerait les marchés internationaux de l’or, avec un impact direct pour les investisseurs européens et belges qui suivent le métal jaune en dollars avant de convertir son prix en euros.
Le pétrole reprend la main sur le marché de l’or
La pression viendrait d’un changement de priorité chez les investisseurs. Ces derniers auraient moins réagi aux anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, la Fed, qu’au retour des tensions inflationnistes liées au pétrole.
La Fed est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions sur les taux d’intérêt influencent le dollar, le crédit et les placements mondiaux. En temps normal, une baisse attendue des taux peut soutenir l’or, car le métal jaune ne verse pas d’intérêt. Quand les rendements des obligations diminuent, le coût d’opportunité de détenir de l’or baisse aussi.
Mais cette fois, la hausse du pétrole pourrait brouiller le scénario. Une énergie plus chère peut relancer l’inflation. Si l’inflation reste élevée, la Fed pourrait être moins incitée à assouplir rapidement sa politique. Ce risque pèserait sur l’or.
Pourquoi l’or baisse alors que l’inflation remonte
L’or est souvent présenté comme une protection contre l’inflation. Cette idée reste valable à long terme, mais le marché réagit aussi aux taux d’intérêt réels. Le taux réel correspond au taux d’intérêt corrigé de l’inflation. Si les investisseurs pensent que les banques centrales devront maintenir des taux élevés, l’or peut reculer à court terme.
Autre facteur important : le dollar. L’or étant coté en dollars, un billet vert plus ferme rend l’achat d’or plus coûteux pour les investisseurs utilisant l’euro. Cette mécanique peut peser sur la demande hors États-Unis.
Ce que cela signifie pour les investisseurs belges
Pour un épargnant en Belgique, le passage sous 4 125 dollars ne suffit pas à lui seul à définir un signal d’achat ou de vente. Le prix en euros dépend aussi du taux de change euro-dollar. Une baisse en dollars peut être partiellement compensée par un dollar plus fort.
Les détenteurs de pièces, lingots ou produits indexés sur l’or doivent donc surveiller trois éléments : le prix du pétrole, les anticipations de la Fed et le cours euro-dollar. À court terme, le marché de l’or semblerait moins guidé par l’espoir d’une Fed plus souple que par la crainte d’une inflation énergétique persistante.
La baisse sous 4 125 dollars rappelle ainsi que l’or reste un actif sensible aux grands équilibres macroéconomiques, même lorsqu’il conserve son rôle de valeur refuge dans une stratégie de préservation du capital.



