1,35 % de baisse en une séance : le cours de l’argent a glissé mardi 7 juillet 2026 à proximité de 61 dollars l’once sur le marché XAG/USD. Ce repli intervient dans un climat de tension au Moyen-Orient, après des tirs de missiles iraniens visant des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz et une riposte américaine contre des intérêts iraniens dans la région.
Le XAG/USD désigne le prix de l’argent exprimé en dollars américains. XAG est le code international du métal argent, comme XAU pour l’or. L’once correspond ici à l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.
Le cours de l’argent subit la pression du pétrole
La baisse du métal blanc s’explique d’abord par le choc sur les marchés de l’énergie. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, point de passage majeur du pétrole mondial, ont fait bondir les cours du brut. Le Brent, référence européenne du pétrole, a progressé de 5,1 % à 77,99 dollars. Le WTI, référence américaine, a gagné 5,2 % à 74,10 dollars.
Cette hausse du pétrole ravive les craintes d’inflation. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Lorsque l’énergie augmente, les coûts de transport, de production et de chauffage peuvent suivre. Les investisseurs redoutent alors une réaction plus ferme des banques centrales.
Pour l’argent, ce mécanisme est défavorable à court terme. Le métal est souvent recherché en période d’incertitude, mais il reste un actif non rémunéré. Cela signifie qu’il ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les marchés anticipent des taux d’intérêt plus élevés, les placements rémunérés deviennent plus attractifs que les métaux précieux.
L’Iran et le détroit d’Ormuz ravivent la prime de risque
L’Iran a tiré au moins deux missiles en direction de navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont répondu par des frappes contre des intérêts iraniens dans la région. Cette escalade a relancé l’incertitude sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Le détroit d’Ormuz est stratégique car une part importante du commerce pétrolier maritime y transite. En cas de perturbation, les prix du brut peuvent réagir rapidement. Les marchés intègrent alors une « prime de risque géopolitique », c’est-à-dire un supplément de prix lié à la probabilité d’un conflit, d’un blocage ou d’une rupture d’approvisionnement.
Le contexte reste d’autant plus sensible qu’un épisode de désescalade avait eu lieu le 12 juin 2026. Donald Trump avait alors annulé une frappe militaire américaine programmée contre l’Iran, privilégiant un accord de cessez-le-feu incluant la réouverture complète du détroit d’Ormuz aux navires commerciaux. Cette détente avait fait refluer le Brent sous 88 dollars. La reprise des hostilités inverse désormais cette dynamique.
La Fed devient l’autre facteur clé pour le XAG/USD
Les investisseurs attendent aussi la publication, mercredi 8 juillet, des minutes de la réunion de juin 2026 de la Réserve fédérale américaine. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions sur les taux directeurs influencent le dollar, le crédit et les marchés mondiaux.
Les « minutes » sont le compte rendu détaillé des discussions internes d’une banque centrale. Elles permettent de comprendre si les responsables monétaires envisagent plutôt de relever, de maintenir ou de baisser les taux.
Pour le cours de l’argent, l’enjeu est direct. Des taux plus élevés renforcent souvent le dollar et augmentent le coût d’opportunité de la détention de métaux précieux. Le coût d’opportunité correspond au rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’argent physique ou financier ne rapporte pas d’intérêt, contrairement à certaines obligations ou liquidités rémunérées.
Le seuil des 60 dollars devient décisif
Sur le plan technique, les analystes surveillent désormais le seuil des 60 dollars. Un support est un niveau de prix où les acheteurs peuvent revenir et freiner la baisse. Il devient souvent important lorsqu’il correspond aussi à un seuil psychologique, comme un chiffre rond.
Une cassure durable sous 60 dollars pourrait ouvrir la voie à un repli vers 55,63 dollars, niveau présenté comme un plus bas depuis sept mois. À l’inverse, un maintien au-dessus de ce seuil limiterait le risque de correction immédiate.
Plusieurs indicateurs confirment la pression de court terme. La moyenne mobile exponentielle à 20 jours se situe à 63,35 dollars. Cette moyenne donne plus de poids aux prix récents afin de mesurer la tendance. Lorsque le cours évolue sous cette moyenne, le signal est souvent jugé fragile. L’indice de force relative, ou RSI, se trouve proche de 41. Cet indicateur mesure la vitesse et l’ampleur des mouvements de prix. Sous 50, il traduit généralement un biais moins favorable.
Un signal à suivre pour les investisseurs européens
Pour les épargnants belges et francophones, la baisse du XAG/USD doit aussi être lue à travers le taux de change euro-dollar. Un recul de l’argent en dollars ne se traduit pas toujours avec la même ampleur en euros. Si le dollar monte face à l’euro, la baisse peut être partiellement compensée pour un acheteur européen.
Le métal blanc conserve une double nature : métal précieux et métal industriel. Il peut attirer en période de stress financier, mais il reste sensible à l’activité économique, aux taux d’intérêt et au dollar. La séance du 7 juillet illustre cette tension : l’incertitude géopolitique soutient habituellement les valeurs refuges, mais la remontée du pétrole et la perspective d’une politique monétaire plus restrictive pèsent sur les actifs sans rendement.
Le niveau des 60 dollars constitue désormais le point de repère immédiat. Sa tenue ou sa rupture donnera une indication importante sur la capacité de l’argent à stabiliser sa baisse après le choc pétrolier provoqué par la crise iranienne.



