4 106,51 dollars l’once : l’or évolue presque sans changement ce 8 juillet 2026, dans un marché qui hésite entre prudence géopolitique et attente de la Réserve fédérale américaine. Le prix du métal précieux se stabilise alors que les investisseurs surveillent deux dossiers majeurs : les tensions entre les États-Unis et l’Iran, et la publication des minutes de la Fed.
L’or reste stable, mais le marché demeure sous tension
Le cours de l’or se maintient autour de 4 106 dollars l’once. L’once utilisée sur le marché de l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes. Ce prix correspond donc au cours international de référence, généralement exprimé en dollars.
Cette stabilité ne signifie pas que le marché est calme. Elle traduit plutôt une position d’attente. Les investisseurs cherchent à savoir si la Fed, la banque centrale américaine, confirmera une trajectoire plus souple ou plus restrictive pour ses taux d’intérêt.
Les « minutes » de la Fed sont le compte rendu détaillé de sa dernière réunion de politique monétaire. Elles permettent de comprendre les débats internes sur les taux. Pour l’or, ce document est important : lorsque les taux montent, les obligations deviennent plus attractives et l’or, qui ne verse pas d’intérêt, peut être pénalisé. À l’inverse, des taux plus bas soutiennent souvent le métal précieux.
L’Iran et le détroit d’Ormuz entretiennent la prime de risque
Le second facteur de soutien vient du Moyen-Orient. Les tensions entre Washington et Téhéran continuent d’influencer les marchés de l’énergie et de l’or. Des frappes américaines contre des infrastructures iraniennes et des attaques de drones attribuées aux Gardiens de la Révolution contre des navires dans le détroit d’Ormuz alimentent l’incertitude.
Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique pour le transport mondial de pétrole. Toute perturbation peut faire monter les prix de l’énergie. Cela accroît le risque inflationniste, c’est-à-dire le risque de hausse générale des prix.
Dans ce contexte, l’or conserve son rôle de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux crises politiques, financières ou monétaires.
Un protocole d’accord signé le 17 juin entre l’Iran et plusieurs parties prenantes prévoit une réouverture progressive du détroit, un plan de reconstruction, un engagement iranien à ne pas développer l’arme nucléaire et un assouplissement des sanctions pétrolières. Mais les tensions sur le terrain restent présentes, ce qui limite l’apaisement.
Les achats chinois soutiennent le marché
La Banque populaire de Chine a poursuivi ses achats d’or en juin, pour le 20e mois consécutif. Cette accumulation régulière soutient le marché, car elle crée une demande structurelle.
Pour une banque centrale, acheter de l’or sert souvent à diversifier les réserves de change. Ces réserves sont les actifs détenus par un État, notamment en devises étrangères, pour sécuriser sa stabilité financière. L’or n’est la dette d’aucun pays, ce qui en fait un actif stratégique dans une période de tensions géopolitiques.
Ce soutien chinois contribue à limiter les baisses, même lorsque certains investisseurs prennent leurs bénéfices ou attendent de nouveaux signaux économiques.
Le potentiel de hausse reste surveillé
La progression de l’or n’est toutefois pas automatique. J.P. Morgan a abaissé le 6 juillet sa prévision pour le quatrième trimestre 2026, de 6 000 à 4 500 dollars l’once. La banque invoque une demande physique plus faible que prévu.
La demande physique désigne les achats réels de métal : lingots, pièces, bijoux ou réserves officielles. Elle se distingue des achats financiers, comme les contrats à terme ou certains produits cotés liés à l’or.
Cette révision montre que le marché reste partagé. Les tensions internationales soutiennent l’or, mais la demande, le dollar et les anticipations de taux peuvent freiner son mouvement.
Ce que les investisseurs européens doivent retenir
Pour les épargnants belges et francophones, le prix en dollars ne suffit pas. Le rendement réel dépend aussi du taux de change euro-dollar. Si le dollar monte face à l’euro, l’or exprimé en euros peut progresser même si son cours en dollars reste stable. À l’inverse, un euro plus fort peut amortir une hausse du métal.
Le marché reste donc dans une phase de consolidation. Une consolidation signifie que le prix évolue dans une zone relativement étroite après une forte variation, avant de choisir une nouvelle direction.
À court terme, la clé reste double : le contenu des minutes de la Fed et l’évolution des tensions autour de l’Iran. Tant que ces deux facteurs demeurent incertains, l’or pourrait rester stable en apparence, mais sensible au moindre signal politique ou monétaire.



