101 points. Le Dollar Index reste proche de ce seuil vendredi 19 juin, après deux séances de progression. Ce niveau confirme la résistance du billet vert, malgré une détente diplomatique encore fragile au Moyen-Orient. Pour l’euro et pour l’or, le signal est clair : la politique monétaire américaine reste le principal moteur du marché.
Le Dollar Index, ou DXY, mesure la valeur du dollar américain face à un panier de grandes devises, dont l’euro. Quand il monte, le dollar se renforce. Cela pèse souvent sur l’or, car le métal jaune est coté en dollars sur les marchés internationaux. Pour les acheteurs en euros, l’effet peut être double : un dollar fort rend l’or plus cher à l’achat, mais une baisse du cours en dollars peut atténuer ce mouvement.
La Fed maintient la pression sur les taux
La Réserve fédérale américaine a laissé ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de sa réunion du 17 juin, la première présidée par Kevin Warsh. Les taux directeurs sont les taux auxquels une banque centrale influence le coût du crédit dans l’économie. Plus ils sont élevés, plus emprunter devient cher pour les ménages, les entreprises et les marchés.
Neuf responsables de la Fed anticipent encore une hausse des taux d’ici la fin 2026. La banque centrale a aussi retiré de sa communication ses indications prospectives, c’est-à-dire les signaux donnés à l’avance sur ses prochaines décisions. Cette évolution laisse davantage de place aux données économiques, surtout à l’inflation.
Le message envoyé aux marchés est celui d’une Fed prudente, mais toujours ferme face à la hausse des prix. Cette posture attire les capitaux vers les États-Unis et soutient le dollar.
L’euro reste refroidi par l’avantage du dollar
Pour l’euro, l’environnement reste défavorable. La zone euro ralentit sous l’effet du choc énergétique et du rebond de l’inflation. Aux États-Unis, la croissance reste mieux soutenue, notamment par les investissements liés à l’intelligence artificielle, même si la consommation demeure fragile.
Cet écart de dynamique économique nourrit l’avantage du dollar. Les investisseurs privilégient souvent la devise offrant le meilleur couple rendement-sécurité. Avec des taux américains élevés et une Fed encore vigilante, le billet vert conserve cet attrait.
Pour les épargnants belges et européens, cette situation a un impact concret. Les placements libellés en dollars peuvent bénéficier du change, mais les achats d’or, de matières premières ou d’actifs cotés en dollars deviennent plus sensibles aux variations de devise.
L’or recule vers 4 120 dollars l’once
Le cours de l’or est revenu autour de 4 120 dollars l’once, un plus bas hebdomadaire sur plusieurs séances. Une once troy, unité de référence du marché de l’or, correspond à environ 31,1 grammes.
La pression vient principalement de deux facteurs. D’abord, le dollar fort rend l’or plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Ensuite, les rendements obligataires deviennent plus attractifs lorsque les taux restent élevés. Une obligation verse généralement un intérêt. L’or, lui, est un actif sans rendement : il ne paie ni coupon ni dividende. Son intérêt repose sur la préservation du capital, la liquidité et son rôle de valeur refuge.
Dans ce contexte, une partie des investisseurs arbitre temporairement en faveur des actifs rémunérés. Cela ne remet pas en cause le rôle patrimonial de l’or, mais cela peut freiner son cours à court terme.
La géopolitique ne suffit pas à relancer le métal jaune
Le Moyen-Orient reste un facteur de nervosité. Un accord-cadre provisoire entre les États-Unis et l’Iran, annoncé le 14 juin, a ouvert une période de négociation de 60 jours et levé certaines restrictions sur les ports iraniens. Cette détente a réduit la prime de risque, c’est-à-dire le supplément de prix que les marchés intègrent lorsqu’un danger géopolitique menace l’énergie, le commerce ou la stabilité financière.
Mais l’annulation ou le report des discussions prévues en Suisse, après le retrait du vice-président américain JD Vance de la mission diplomatique, a ravivé les tensions le 18 juin. Les désaccords porteraient notamment sur le nucléaire et le contrôle du détroit d’Ormuz.
Malgré ces risques, le dollar capte une partie de la demande de refuge. L’or ne profite donc pas pleinement de l’incertitude géopolitique.
Ce que cela signifie pour l’or en euros
Pour un investisseur francophone, le point clé n’est pas seulement le prix de l’or en dollars. Le prix en euros dépend de deux variables : le cours international de l’once et le taux de change euro-dollar.
Si le dollar monte pendant que l’or baisse en dollars, la baisse peut être moins visible en euros. À l’inverse, si l’euro se redresse et que l’or recule, la correction peut être plus nette pour un acheteur européen.
La séquence actuelle invite donc à surveiller trois indicateurs : le Dollar Index, les prochaines données d’inflation américaine et les signaux de la Fed. Tant que la banque centrale américaine maintient une ligne restrictive, le dollar garde un soutien structurel et l’or reste exposé à des prises de bénéfices.
Le seuil de 101 sur le Dollar Index résume le rapport de force du moment : la Fed soutient le dollar, l’euro encaisse, et l’or conserve son rôle de protection mais perd de l’élan à court terme.



