Six tonnes d’or en quatre semaines. La Banque de Russie a encore réduit ses réserves en juillet 2026, dans le cadre d’une politique planifiée de cessions régulières. Depuis janvier 2025, les ventes nettes atteignent désormais 34 tonnes.
Une vente nette désigne le solde entre l’or acheté et l’or vendu sur une période. Dans le cas russe, le mouvement est clairement vendeur : la banque centrale cède une partie de son stock, tout en conservant l’un des plus importants volumes d’or au monde.
Moscou poursuit ses ventes d’or
La Banque de Russie a vendu 6 tonnes d’or au cours des quatre semaines précédant début août 2026. Cette opération s’inscrit dans une stratégie de gestion des réserves, c’est-à-dire du patrimoine financier détenu par une banque centrale pour stabiliser sa monnaie et financer ses besoins extérieurs.
Depuis janvier 2025, les ventes nettes cumulées atteignent 34 tonnes. Le rythme reste progressif, mais il confirme une tendance : Moscou accepte de réduire une partie de son matelas d’or pour répondre à des contraintes budgétaires plus fortes.
Le contexte est central. La guerre en Ukraine absorbe des ressources considérables. Les sanctions occidentales limitent aussi l’accès de la Russie aux marchés financiers traditionnels. Dans ce cadre, les ventes d’or pourraient servir à générer des devises, c’est-à-dire des monnaies étrangères utilisables dans les échanges internationaux, et à soutenir indirectement l’économie russe et le rouble.
Le coût de la guerre pèse sur les réserves
L’or joue un rôle particulier dans les finances d’un État. Il ne dépend pas de la signature d’un autre pays, contrairement à une obligation souveraine. Il peut aussi être mobilisé en période de crise, même si sa vente devient plus complexe sous sanctions.
Depuis 2022, l’Union européenne applique un embargo sur l’or russe. Cette mesure vise à empêcher Moscou de vendre facilement son métal précieux sur les marchés européens afin de financer son effort de guerre. Pour les pays de l’UE, dont la Belgique, l’enjeu est double : limiter les revenus russes et éviter que l’or ne serve de canal de contournement financier.
Ces restrictions ne signifient pas que la Russie ne peut plus vendre d’or. Elles limitent surtout l’accès aux acheteurs européens et obligent Moscou à adapter ses circuits commerciaux. La destination précise des ventes n’est pas détaillée dans les données disponibles.
Des réserves encore parmi les plus élevées au monde
Malgré ces cessions, la Russie conserve un stock massif. Ses réserves d’or s’élèvent à 2 292 tonnes en août 2026. Les réserves d’or correspondent au métal détenu par une banque centrale, souvent sous forme de lingots, dans ses coffres ou auprès de dépositaires.
Le volume vendu en juillet représente environ 0,26 % de ce stock. Les 34 tonnes cédées depuis janvier 2025 représentent près de 1,5 % des réserves actuelles. La baisse est donc réelle, mais elle ne remet pas en cause le rang de la Russie parmi les grands détenteurs mondiaux d’or.
Au prix spot du 7 août 2026, autour de 4 315,68 dollars l’once, six tonnes d’or représentent une valeur théorique d’environ 830 millions de dollars. L’once troy, unité internationale de référence pour l’or, équivaut à 31,1 grammes. Le prix spot désigne le prix de marché pour une livraison quasi immédiate.
Ce calcul reste indicatif. Le prix réellement obtenu dépend du calendrier des ventes, des contreparties, des frais et des éventuelles décotes liées aux sanctions.
Un signal à surveiller pour le marché de l’or
Les ventes russes ne suffisent pas, à ce stade, à bouleverser le marché mondial de l’or. Le volume reste limité face à la profondeur du marché international et aux achats d’autres banques centrales.
Mais le signal est important. Il montre que l’or n’est pas seulement un actif de protection. Il peut aussi devenir une réserve mobilisable lorsque les finances publiques sont sous tension. Pour un épargnant européen, cette situation rappelle l’une des fonctions essentielles du métal jaune : préserver une valeur dans un environnement géopolitique instable.
Le cours de l’or reste volatil en 2026. Les anticipations divergent entre poursuite de la hausse et correction, selon l’inflation, les taux d’intérêt, le dollar et les tensions internationales. Dans ce contexte, les mouvements des banques centrales restent un indicateur clé.
La Russie vend encore de l’or, mais elle conserve un stock considérable. La tendance sera surtout à surveiller si les cessions deviennent plus rapides ou plus importantes. Ce serait alors un signe plus net que le coût de la guerre érode davantage le socle financier de Moscou.



