Près de 7 % en deux séances : le cours de l’argent accélère nettement début août 2026. Le XAG/USD, c’est-à-dire le prix de l’argent coté en dollars américains pour une once troy, a franchi la zone des 62 dollars par once, après avoir évolué autour de 61,70 dollars le 6 août.
Ce mouvement concerne le marché international des métaux précieux. Il est suivi de près par les investisseurs, car l’argent réagit à la fois aux anticipations monétaires, au dollar, aux taux d’intérêt et à la demande industrielle.
L’argent profite d’un environnement plus favorable
La hausse du cours de l’argent s’explique d’abord par la faiblesse du dollar américain. Quand le billet vert recule, les métaux précieux libellés en dollars deviennent moins chers pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment en Europe.
Autre soutien : la baisse des rendements obligataires. Un rendement obligataire désigne le revenu offert par une obligation, c’est-à-dire un titre de dette émis par un État ou une entreprise. Quand ces rendements diminuent, les actifs sans revenu régulier, comme l’or et l’argent physiques, deviennent plus attractifs par comparaison.
Le seuil technique à surveiller se situe désormais autour de 63,30 dollars. Un franchissement durable de ce niveau pourrait ouvrir la voie vers 67 dollars, si le dollar reste faible et si les rendements continuent de reculer.
Le pétrole apaise temporairement les craintes d’inflation
La détente observée sur les prix du pétrole début août a aussi soutenu les métaux précieux. Une baisse du pétrole réduit les anticipations d’inflation, c’est-à-dire les attentes de hausse générale des prix. Cela peut encourager les marchés à anticiper une politique monétaire moins restrictive.
Au Moyen-Orient, un accord préliminaire aurait été trouvé entre l’Iran et Oman sur la gestion du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le pétrole mondial. Ce texte serait examiné par le Parlement iranien. Il inclurait notamment des demandes iraniennes sur le transit de certains navires et la mise en place de redevances.
Cette information restant probable, elle doit être lue avec prudence. Mais l’effet de marché est déjà visible : la perception d’un risque géopolitique moins aigu a contribué à détendre les prix énergétiques en début de mois.
Le Brent rebondit, mais le signal reste surveillé
Le 7 août 2026, le Brent est toutefois remonté près de 84 dollars le baril, après plusieurs jours de baisse. Le Brent est une référence mondiale du prix du pétrole brut, très suivie en Europe.
Ce rebond, d’environ 7,5 %, rappelle que les tensions autour du détroit d’Ormuz ne sont pas totalement dissipées. Pour les investisseurs européens, l’enjeu est direct : un pétrole plus cher peut peser sur les carburants, les coûts de transport et l’inflation.
Pour l’argent, le lien est indirect mais important. Si le pétrole repart fortement à la hausse, les anticipations d’inflation peuvent remonter. Si, au contraire, la détente énergétique se confirme, les marchés pourraient renforcer leurs attentes de baisse des taux aux États-Unis.
Le rapport sur l’emploi américain devient décisif
Les investisseurs attendent aussi la publication, ce 7 août, des chiffres de l’emploi américain de juillet. Ces données, notamment les créations d’emplois non agricoles, sont suivies par la Réserve fédérale américaine, la Fed, pour fixer sa politique monétaire.
Un rapport décevant pourrait renforcer l’idée d’un assouplissement monétaire. Cela signifie que la Fed pourrait être incitée à baisser ses taux directeurs, les taux auxquels elle influence le coût du crédit dans l’économie.
Dans ce scénario, le dollar pourrait rester sous pression et les métaux précieux, dont l’argent et l’or, pourraient prolonger leur hausse.
Ce que les investisseurs belges doivent retenir
Pour un épargnant belge ou francophone, la progression de l’argent rappelle l’importance de trois facteurs : le dollar, les taux d’intérêt américains et l’énergie.
L’argent n’est pas seulement un métal précieux. Il est aussi utilisé dans l’industrie, notamment l’électronique et le solaire. Cette double nature peut accentuer ses variations de prix, à la hausse comme à la baisse.
Le franchissement des 62 dollars marque donc un signal fort, mais pas une garantie de poursuite automatique. La zone des 63,30 dollars sera déterminante pour confirmer l’élan vers 67 dollars. À court terme, le rapport sur l’emploi américain et l’évolution du pétrole devraient continuer à guider le marché.



