4 300 dollars l’once : le cours de l’or reste solide, mais l’impulsion manque. Ce mercredi 17 juin 2026, les investisseurs attendent la décision de la Réserve fédérale américaine, la Fed, sur ses taux d’intérêt. Cette annonce peut orienter le marché de l’or à court terme, surtout si le ton de la banque centrale change sur l’inflation et la croissance.
L’or évolue au-dessus de 4 300 dollars l’once sur le marché mondial. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes. Le mouvement reste toutefois hésitant : les acheteurs ne poussent pas franchement les prix vers le haut, tandis que les vendeurs restent prudents avant la décision de la Fed.
La Fed concentre l’attention du marché
La Fed est la banque centrale des États-Unis. Sa politique monétaire consiste notamment à fixer les taux directeurs, c’est-à-dire les taux qui influencent le coût du crédit dans l’économie. Pour l’or, cette décision est essentielle.
Quand les taux montent, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. C’est ce que les marchés appellent le coût d’opportunité : conserver de l’or peut sembler moins intéressant si d’autres actifs rapportent davantage.
À l’inverse, lorsque l’inflation reste élevée, l’or peut conserver son rôle de protection du capital. Les investisseurs l’utilisent souvent comme réserve de valeur lorsque le pouvoir d’achat des monnaies est sous pression.
Le marché anticipe donc deux éléments : la décision immédiate sur les taux et surtout le discours de la Fed sur la suite de l’année 2026. Une hausse des taux d’ici la fin de l’année reste envisagée par les marchés en raison de l’inflation américaine persistante.
Le répit géopolitique limite la demande refuge
L’or résiste malgré une baisse de la nervosité géopolitique. Le 15 juin, un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran a prévu un cessez-le-feu de soixante jours, la réouverture du détroit d’Ormuz et des discussions sur le programme nucléaire iranien.
Ce type d’apaisement réduit généralement la demande d’actif refuge. Un actif refuge est un placement recherché en période de crise, car il est perçu comme plus stable que les actifs risqués. L’or bénéficie souvent de ce statut lors des tensions militaires, financières ou politiques.
Mais l’accord ne fait pas disparaître toutes les incertitudes. Des déclarations contradictoires et la fragilité des négociations maintiennent une prime de prudence sur les marchés. Cela explique en partie pourquoi l’or ne décroche pas, même si le contexte géopolitique est moins tendu qu’au début du mois.
Les seuils techniques restent décisifs
Sur les graphiques, l’or se heurte à une zone de résistance située entre 4 400 et 4 450 dollars l’once. Une résistance est un niveau de prix où les vendeurs deviennent souvent plus nombreux, ce qui freine la hausse.
Un franchissement durable de cette zone pourrait relancer la tendance et ouvrir la voie à des objectifs plus élevés, autour de 4 700 dollars. À l’inverse, un passage sous 4 227 dollars serait surveillé de près. Ce niveau joue le rôle de support, c’est-à-dire une zone où les acheteurs reviennent habituellement. Une rupture nette pourrait renforcer la pression baissière.
Pour les investisseurs belges et européens, un autre facteur compte : l’or est coté en dollars. Une variation du taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou réduire la performance en euros.
L’argent dépasse aussi un seuil symbolique
Le marché des métaux précieux reste globalement soutenu. Le prix de l’argent a dépassé 70 dollars l’once le 16 juin. L’argent métal suit parfois l’or, mais il dépend aussi davantage de la demande industrielle, notamment dans l’électronique, le solaire et certaines technologies.
Cette progression confirme que l’intérêt pour les métaux précieux ne se limite pas au seul métal jaune. Elle ne change toutefois pas l’enjeu principal du jour : la décision de la Fed et la réaction du dollar.
Un marché encore marqué par le choc de janvier
Le marché de l’or reste aussi marqué par l’épisode de janvier 2026. Après la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Fed, les investisseurs avaient anticipé une politique monétaire plus restrictive. Le prix de l’or au comptant avait alors chuté de près de 670 dollars en 30 heures.
Le marché au comptant désigne le prix pour une livraison quasi immédiate du métal. Cette chute avait installé une phase baissière technique au début de l’année, avec une baisse de plus de 20 % en moins de quatre mois.
Depuis, l’or a retrouvé de la solidité, mais la prudence domine. Le seuil des 4 300 dollars tient, sans signal haussier clair. La prochaine impulsion dépendra largement du message de la Fed : un ton plus ferme sur les taux pèserait sur l’or, tandis qu’un discours plus prudent pourrait redonner de l’air au métal précieux.



