Cinq séances de hausse et un cours autour de 70,40 dollars l’once : l’argent attire de nouveau l’attention des investisseurs ce 17 juin 2026. Le métal précieux progresse sur fond de détente diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, tandis que les marchés attendent la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux. Elle équivaut à environ 31,1 grammes. Un cours à 70,40 dollars l’once signifie donc que cette quantité d’argent s’échange autour de ce prix sur les marchés internationaux.
L’argent profite d’un climat de marché plus favorable
Le cours de l’argent a augmenté pendant cinq séances consécutives. Cette progression s’explique par une combinaison de facteurs. D’un côté, les investisseurs intègrent une amélioration du climat géopolitique. De l’autre, ils ajustent leurs anticipations avant la réunion de la Fed prévue ce mercredi 17 juin 2026.
L’argent occupe une place particulière parmi les métaux précieux. Il est recherché comme actif de protection, au même titre que l’or, mais il possède aussi un usage industriel important, notamment dans l’électronique et les technologies liées à l’énergie. Cette double nature le rend sensible à la fois aux tensions financières, aux anticipations de croissance et aux décisions des banques centrales.
L’accord États-Unis-Iran apaise le risque énergétique
Un accord intérimaire entre les États-Unis et l’Iran doit être signé en Suisse vendredi 19 juin 2026. Il vise à réduire les tensions au Moyen-Orient et à faciliter le retour des exportations pétrolières iraniennes.
Le texte doit notamment contribuer à sécuriser le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Ce détroit est une voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial. Lorsque ce passage est menacé, les prix de l’énergie peuvent monter rapidement, ce qui nourrit l’inflation.
Pour les marchés, une détente sur le pétrole réduit une partie du risque inflationniste. L’inflation correspond à la hausse générale des prix. Elle pèse sur le pouvoir d’achat et influence directement les décisions des banques centrales.
La Fed devient le principal rendez-vous des marchés
Les investisseurs attendent désormais la décision de la Réserve fédérale américaine. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Elle fixe notamment les taux directeurs, c’est-à-dire les taux auxquels les banques se refinancent à court terme. Ces taux influencent ensuite le crédit, l’épargne, les obligations, les devises et les métaux précieux.
Le consensus de marché prévoit un maintien des taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %. L’attention se porte aussi sur les premières orientations du président de la Fed, Kevin Warsh.
Pour l’argent, l’enjeu est important. Des taux élevés rendent les placements rémunérés, comme certaines obligations, plus attractifs. À l’inverse, des perspectives de baisse des taux peuvent soutenir les métaux précieux, car l’or et l’argent ne versent pas d’intérêt. Leur attrait repose alors davantage sur la protection du capital, la diversification et les anticipations de prix.
Un signal aussi surveillé par les détenteurs d’or
Le mouvement de l’argent intervient alors que le cours de l’or continue lui aussi de progresser, malgré l’apaisement géopolitique. Cette réaction montre que les investisseurs ne regardent pas seulement le risque de conflit. Ils surveillent aussi l’évolution du dollar, les prix de l’énergie, l’inflation attendue et la stratégie des banques centrales.
Pour un investisseur européen ou belge, la lecture doit rester prudente. Les cours de l’or et de l’argent sont généralement exprimés en dollars. L’évolution de l’euro face au dollar peut donc amplifier ou réduire la performance réelle en euros.
La prochaine impulsion pour l’argent dépendra surtout du message de la Fed : une banque centrale jugée plus accommodante pourrait entretenir la hausse, tandis qu’un ton plus ferme pourrait provoquer des prises de bénéfices.



