4 063,08 dollars l’once. Au 4 août 2026, l’or se stabilise autour du seuil symbolique des 4 000 dollars sur les marchés internationaux. Cette pause intervient après une année très volatile, marquée par un sommet historique en janvier, une forte correction, puis un retour des achats liés aux risques géopolitiques et monétaires.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence mondiale pour les métaux précieux. Elle correspond à environ 31,10 grammes d’or. Pour un épargnant belge ou européen, ce prix en dollars doit aussi être lu avec le taux de change euro-dollar, qui peut amplifier ou réduire la variation réelle du prix en euros.
Le marché arbitre entre prudence et attente
L’information principale tient en un mot : stabilisation. Les traders, c’est-à-dire les opérateurs qui achètent et vendent des actifs financiers à court terme, ajustent leurs positions sur l’or sans provoquer de mouvement net marqué.
Le contexte reste pourtant tendu. D’un côté, les investisseurs surveillent la Réserve fédérale américaine, ou Fed, la banque centrale des États-Unis. Ses décisions de taux influencent directement les marchés mondiaux. De l’autre, les risques au Moyen-Orient, notamment les tensions autour de l’Iran et des États-Unis, entretiennent une demande de protection.
L’or reste soutenu par son rôle de valeur refuge, mais freiné par la perspective de taux américains élevés. Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude, car il est perçu comme plus résistant aux crises politiques, monétaires ou financières.
Pourquoi la Fed pèse sur le cours de l’or
Le principal frein vient des taux d’intérêt. Lorsque la Fed relève ou maintient des taux élevés, les obligations et les placements monétaires deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende.
C’est ce que les marchés appellent le coût d’opportunité. Ce terme désigne le rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or peut protéger un patrimoine, mais ne génère pas de revenu régulier. Si les taux montent, cette absence de rendement devient plus coûteuse.
Cette logique explique pourquoi les anticipations de politique monétaire américaine influencent fortement le métal jaune. Des chiffres d’inflation élevés aux États-Unis peuvent raviver la crainte d’un resserrement monétaire. À l’inverse, un ralentissement de l’inflation peut soutenir l’or, car il réduit la probabilité de nouvelles hausses de taux.
Le Moyen-Orient maintient la prime de risque
Face à ce frein monétaire, les tensions géopolitiques jouent dans l’autre sens. Les inquiétudes liées au Moyen-Orient alimentent les achats défensifs. En juillet, les tensions entre les États-Unis et l’Iran avaient déjà contribué à maintenir le cours près de 4 000 dollars l’once.
Ces tensions peuvent aussi nourrir des craintes inflationnistes. Si les prix de l’énergie augmentent, notamment le pétrole, les coûts de transport et de production peuvent progresser. Les investisseurs peuvent alors rechercher l’or pour protéger leur capital contre une perte de pouvoir d’achat.
Ce soutien n’est toutefois pas automatique. Une forte hausse du pétrole peut aussi compliquer les perspectives économiques et renforcer la prudence sur les marchés. Le cours de l’or évolue donc dans un équilibre instable entre peur géopolitique, inflation et politique monétaire.
Une stabilisation après une correction brutale
Le niveau actuel doit être replacé dans la trajectoire récente du métal précieux. Depuis janvier 2024, le prix de l’or a presque doublé avant d’atteindre un sommet historique à 5 598 dollars l’once fin janvier 2026. Il a ensuite fortement corrigé, avec un point bas autour de 3 940 dollars, soit une baisse de plus de 29 % par rapport au pic.
Cette correction s’explique en partie par des prises de bénéfices. Une prise de bénéfices intervient lorsque des investisseurs vendent après une forte hausse afin de sécuriser leurs gains. Après un rallye rapide, c’est-à-dire une progression forte et prolongée des cours, ce type de mouvement peut accentuer la baisse.
Mi-juillet, le marché avait rebondi après avoir touché un plus bas de quatorze jours. Des acheteurs opportunistes avaient profité de la baisse pour revenir sur l’or. Ce comportement montre que la demande reste présente dès que les prix reviennent vers des zones jugées plus attractives.
Ce que cela signifie pour les épargnants belges
Pour les investisseurs particuliers en Belgique, la stabilisation autour de 4 000 dollars ne signifie pas absence de risque. Elle traduit plutôt une phase d’attente. Les prochains signaux viendront surtout de trois éléments : les décisions de la Fed, les données d’inflation américaines et l’évolution des tensions au Moyen-Orient.
Les acheteurs d’or physique doivent aussi distinguer le cours international du prix payé en boutique ou en ligne. Le prix final d’une pièce ou d’un lingot intègre la prime, c’est-à-dire l’écart entre la valeur du métal contenu et le prix de vente. Cette prime varie selon le produit, sa rareté, sa liquidité et les conditions du marché.
En Belgique comme dans l’Union européenne, l’or d’investissement bénéficie généralement d’une exonération de TVA lorsqu’il respecte certains critères, notamment pour les lingots et certaines pièces reconnues. Cette fiscalité favorable explique l’intérêt d’une partie des épargnants pour l’or physique dans une logique de préservation du capital.
Des prévisions encore très ouvertes
Les scénarios pour le second semestre restent contrastés. Certaines projections évoquent une possible remontée vers 4 305,92 dollars l’once. D’autres envisagent une dynamique baissière vers 3 288,22 dollars. Ces niveaux ne constituent pas des certitudes, mais reflètent l’ampleur des incertitudes actuelles.
La demande des banques centrales, la dédollarisation mondiale et les tensions géopolitiques continuent de soutenir le marché. La dédollarisation désigne la volonté de certains États de réduire leur dépendance au dollar dans leurs réserves ou leurs échanges internationaux. À l’inverse, des taux américains élevés, des prises de bénéfices et un regain d’appétit pour les actifs rémunérateurs peuvent peser sur l’or.
À court terme, le seuil des 4 000 dollars apparaît comme une zone d’équilibre plus que comme un point d’arrivée. Le marché attend un signal clair. Tant que la Fed et le Moyen-Orient tirent le cours dans des directions opposées, l’or devrait rester sensible à chaque statistique économique et à chaque tension géopolitique.



