863 tonnes d’or achetées par les banques centrales en 2025 : ce chiffre donne le décor dans lequel West Point Gold tente de faire progresser son projet aurifère en Arizona. Le 11 juin 2026, la société a indiqué avoir obtenu une nouvelle confirmation par carottage dans la zone Northeast Tyro de son Gold Chain Project, aux États-Unis.
West Point Gold avance sur Gold Chain en Arizona
West Point Gold développe le Gold Chain Project, un projet aurifère situé en Arizona. La société a rapporté de nouveaux résultats issus de forages carottés dans la zone Northeast Tyro.
Un forage carotté consiste à extraire un cylindre de roche en profondeur. Cette carotte permet aux géologues d’observer directement les minéralisations et de mesurer les teneurs en or. Pour un investisseur, ce type de donnée sert à mieux évaluer le potentiel d’un gisement, mais il ne garantit pas encore une production future.
La société prépare aussi une estimation des ressources prévue pour 2026. Ce document vise à quantifier l’or potentiellement présent dans le sous-sol. Il ne faut pas le confondre avec des réserves, qui supposent un niveau plus avancé d’études économiques et techniques.
Les banques centrales soutiennent le contexte de marché
L’avancée de West Point Gold intervient dans un marché toujours marqué par les achats officiels d’or. Les banques centrales ont acheté 863 tonnes d’or en 2025, contre une moyenne annuelle de 473 tonnes entre 2010 et 2021, selon les données de marché disponibles et les indications du World Gold Council.
Cette demande souveraine se poursuit en 2026. Elle répond principalement à deux objectifs : diversifier les réserves de change et réduire l’exposition aux risques géopolitiques. Pour une banque centrale, l’or n’est la dette de personne. Il peut donc servir d’actif de réserve lorsque la confiance dans certaines devises ou obligations devient plus fragile.
Un prix de l’or volatil, mais toujours élevé
Le contexte reste toutefois contrasté. Après un sommet de 5.589 dollars l’once le 28 janvier 2026, le prix de l’or est revenu autour de 4.165 dollars en juin. Une once troy, unité de référence sur le marché de l’or, correspond à environ 31,1 grammes.
Cette correction s’explique notamment par la remontée des rendements réels. Un rendement réel correspond au rendement d’une obligation après déduction de l’inflation. Quand il augmente, le coût d’opportunité de l’or progresse, car le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende.
Malgré cette baisse récente, plusieurs grandes institutions financières anticipent encore des prix de fin 2026 compris entre 5.200 et 6.300 dollars l’once. Leur scénario repose surtout sur la demande des banques centrales, les tensions géopolitiques et une inflation toujours supérieure à l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale américaine.
Ce que cela change pour les investisseurs européens
Pour un épargnant belge ou francophone, le dossier West Point Gold illustre un point important : la hausse de l’or physique ne se traduit pas automatiquement par une hausse équivalente des sociétés minières. Une société d’exploration dépend de ses résultats de forage, de ses coûts, de ses besoins de financement et de sa capacité à transformer une ressource en projet économiquement exploitable.
Le soutien des banques centrales peut améliorer l’environnement de marché, mais il ne supprime pas le risque propre à chaque projet minier. Gold Chain pourrait gagner en visibilité si l’estimation des ressources de 2026 confirme le potentiel géologique annoncé par West Point Gold.
Dans un marché de l’or encore porté par la demande officielle, la prochaine étape sera donc décisive : transformer des indices géologiques encourageants en données chiffrées suffisamment solides pour convaincre les investisseurs.


