4 072 dollars l’once : le prix de l’or a gagné 1 % le 2 juillet, avant de monter jusqu’à 4 179,94 dollars le lendemain. Ce mouvement résume la séance : Wall Street a manqué de direction, le dollar a reculé et les investisseurs ont réévalué la trajectoire de la Réserve fédérale américaine.
Wall Street reste prudente avant l’emploi américain
Le 2 juillet 2026, la Bourse de New York a évolué sans tendance nette. Le Dow Jones a gagné 0,1 %, le S&P 500 est resté stable et le Nasdaq a cédé 0,2 %.
Le Dow Jones regroupe 30 grandes entreprises américaines. Le S&P 500 suit 500 grandes capitalisations cotées aux États-Unis. Le Nasdaq est davantage exposé aux valeurs technologiques.
Cette hésitation s’explique par l’attente des chiffres de l’emploi de juin. Le rapport officiel a ensuite montré 57 000 créations d’emplois non agricoles, contre 110 000 attendues. Les emplois non agricoles désignent les postes créés hors secteur agricole, un indicateur central pour mesurer la vigueur de l’économie américaine.
Le cabinet ADP a aussi publié un chiffre inférieur aux attentes : 98 000 créations d’emplois privés, contre un consensus Bloomberg de 117 000. Le taux de chômage était attendu à 4,3 %, avec une hausse du salaire horaire de 0,3 %.
L’or profite du recul du dollar
L’once d’or a progressé de 1 % à 4 072 dollars le 2 juillet. Le lendemain, l’or au comptant a atteint 4 179,94 dollars, son plus haut niveau depuis le 23 juin.
Une once d’or correspond à une once troy, soit environ 31,1 grammes. L’or au comptant désigne le prix pour une livraison immédiate, par opposition aux contrats à terme, qui portent sur une livraison future.
Le mouvement a été soutenu par la baisse de 0,4 % de l’indice dollar. Cet indice mesure la valeur du dollar américain face à un panier de grandes devises. Quand le dollar baisse, l’or devient moins coûteux pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres monnaies. Cela peut soutenir la demande.
L’or a aussi bénéficié du ralentissement du marché du travail américain. Des créations d’emplois plus faibles peuvent pousser les marchés à anticiper une baisse des taux d’intérêt. Or, l’or ne verse pas d’intérêt. Quand les taux baissent, le coût d’opportunité de la détention d’or diminue.
La Fed entretient l’incertitude sur les taux
La Réserve fédérale américaine, ou Fed, reste au centre de l’attention. Elle fixe les taux directeurs aux États-Unis, c’est-à-dire le coût de référence de l’argent pour les banques et, indirectement, pour l’économie.
Au forum de Sintra, début juillet, Kevin Warsh, nouveau président de la Fed, a déclaré que les risques inflationnistes s’étaient atténués, tout en restant préoccupants. Il a aussi refusé de donner des indications précises sur la trajectoire future des taux.
Cette absence de forward guidance marque une rupture. La forward guidance désigne la communication d’une banque centrale sur ses intentions futures. Son retrait rend les marchés plus dépendants de chaque statistique économique, notamment l’emploi et l’inflation.
Le pétrole recule sur fond d’espoir diplomatique
Le pétrole a évolué dans le sens inverse de l’or. Le baril de WTI aurait reculé de 1,1 % à 67,8 dollars le 2 juillet, sur fond d’espoirs de progrès dans les discussions indirectes entre Washington et Téhéran.
Le WTI, pour West Texas Intermediate, est une référence du pétrole américain. Le baril correspond à environ 159 litres.
Le risque géopolitique autour du détroit d’Ormuz pèserait moins sur les cours. Le trafic y dépasserait 10 millions de barils par jour, ce qui réduirait la crainte d’un blocage iranien. Les exportations émiraties auraient aussi retrouvé leurs niveaux d’avant-guerre.
Pour les investisseurs européens, cette baisse du pétrole peut avoir un double effet. Elle réduit la pression inflationniste, car l’énergie influence les prix de nombreux biens et services. Elle peut aussi renforcer les anticipations d’une politique monétaire moins restrictive.
Les valeurs technologiques ajoutent de la volatilité
La séance américaine a aussi été perturbée par les semi-conducteurs. Micron, SanDisk, AMD, Intel et Nvidia ont été surveillés de près après des rumeurs liées à Meta et à la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle.
Les semi-conducteurs sont des composants essentiels aux ordinateurs, serveurs et systèmes d’intelligence artificielle. Leur poids dans les indices américains explique leur influence sur le Nasdaq.
Cette nervosité technologique s’ajoute à un contexte déjà fragile : emploi moins solide, Fed moins lisible, pétrole en recul et dollar affaibli.
Ce que cela change pour l’or
Pour l’or, le signal principal vient de la combinaison entre dollar plus faible et attentes de taux plus bas. Ce contexte soutient généralement le métal jaune, considéré comme une valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux incertitudes économiques, financières ou géopolitiques.
La hausse au-delà de 4 000 dollars l’once confirme l’importance du seuil psychologique. Pour un acheteur belge ou européen, le prix en euros reste toutefois déterminant. Un recul du dollar peut limiter, amplifier ou modifier la performance selon le taux de change euro-dollar.
La prochaine direction de l’or dépendra surtout des statistiques américaines et des messages de la Fed. Si le ralentissement de l’emploi se confirme, le métal jaune pourrait conserver un soutien. Si l’inflation repart ou si la Fed maintient une ligne ferme, la hausse pourrait devenir plus fragile.



