450 milligrammes d’or 22 carats : c’est la quantité récupérée par une équipe de l’ETH Zurich à partir de 20 cartes mères d’ordinateurs. Le chiffre paraît modeste. Il révèle pourtant un enjeu majeur : les appareils électroniques jetés contiennent des métaux précieux, souvent mieux concentrés que dans certaines mines.
À Zurich, des chercheurs extraient l’or des cartes mères
Qui ? Des chercheurs de l’ETH Zurich, en Suisse. Quoi ? Une méthode d’extraction d’or à partir de déchets électroniques. Où ? À Zurich. Quand ? L’information est rapportée ce 7 septembre 2026. Comment ? Avec des protéines issues du lactosérum, un sous-produit du lait. Pourquoi ? Pour récupérer l’or sans recourir à des procédés chimiques dangereux.
La méthode repose sur des protéines de lactosérum transformées en fibrilles microscopiques. Une fibrille est une très petite fibre. Dans ce cas, elle sert à capter sélectivement l’or présent dans les composants électroniques après leur dissolution chimique.
Les chercheurs ont ensuite chauffé le matériau obtenu pour former de petites pépites d’or. Résultat annoncé : 450 milligrammes d’or 22 carats récupérés à partir de 20 cartes mères.
Que signifie « or 22 carats » ?
Le carat mesure la pureté de l’or. L’or pur est appelé or 24 carats. Un or 22 carats contient environ 91,7 % d’or, le reste étant composé d’autres métaux.
Dans les déchets électroniques, l’or est utilisé pour ses qualités techniques : il conduit très bien l’électricité et résiste à la corrosion. Il se trouve notamment dans les cartes mères, les connecteurs et les circuits imprimés.
Une carte mère est la plaque principale d’un ordinateur. Elle relie le processeur, la mémoire, les ports et les autres composants. C’est aussi l’un des endroits où se concentrent de petites quantités de métaux précieux.
Les déchets électroniques sont parfois plus riches que certaines mines
L’intérêt économique vient de la concentration. Les déchets électroniques peuvent contenir jusqu’à 400 grammes d’or par tonne. À titre de comparaison, les gisements miniers traditionnels produisent souvent entre 1 et 5 grammes d’or par tonne, d’après les données 2023 de l’US Geological Survey.
Cette différence ne signifie pas que chaque ordinateur contient une fortune. Les quantités par appareil restent faibles. Mais à grande échelle, l’accumulation devient stratégique.
Le Global E-waste Monitor 2024, publié par les Nations unies, estime que la planète produit près de 50 millions de tonnes de déchets électroniques par an. Une partie de ce volume contient de l’or, mais aussi de l’argent, du cuivre, du palladium ou du nickel.
Une alternative aux procédés toxiques
Le traitement informel des déchets électroniques reste un problème dans certaines régions du monde. Des opérateurs utilisent parfois du cyanure ou du mercure pour récupérer l’or. Ces produits sont dangereux pour la santé et pour l’environnement.
La méthode développée à Zurich vise à réduire cette dépendance aux procédés les plus polluants. Elle combine une dissolution des composants électroniques et un captage sélectif de l’or par des protéines transformées.
L’enjeu n’est pas seulement de récupérer quelques milligrammes d’or, mais de rendre le recyclage plus propre et plus rentable.
Quel impact pour le marché de l’or ?
À court terme, cette innovation ne remplace pas l’extraction minière. Les volumes récupérés restent faibles par rapport à la production mondiale d’or. Mais elle confirme une tendance : les déchets électroniques deviennent une source secondaire de métaux précieux.
Une filière circulaire pourrait progressivement se développer autour de la collecte, du démontage, du traitement biologique, de la purification et de la transformation en pépites ou en lingots. Cette évolution pourrait réduire une partie de la dépendance aux mines traditionnelles, dont l’exploitation est coûteuse et souvent controversée.
Pour les épargnants, le signal est double. D’un côté, l’or physique — pièces, lingots ou lingotins — conserve son rôle de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude, car il dépend moins des systèmes financiers classiques. De l’autre, l’offre future d’or pourrait intégrer davantage de métal recyclé.
La carte mère d’un vieil ordinateur ne remplace pas un lingot. Mais elle rappelle une réalité : dans l’économie circulaire, une partie du capital dort déjà dans les tiroirs et les décharges.


