4 400 dollars l’once : c’est le seuil que l’or parvient encore à conserver au 7 septembre 2026, malgré une fin de semaine difficile. Le marché reste porté par des achats persistants. Mais deux menaces pèsent sur son rebond : une Réserve fédérale américaine encore restrictive et une escalade militaire autour du détroit d’Ormuz, zone clé pour le pétrole mondial.
L’or résiste malgré un contexte défavorable
Le cours de l’or reste au-dessus de 4 400 dollars l’once début septembre 2026. L’once troy, unité de référence internationale pour l’or, équivaut à environ 31,1 grammes.
Cette résistance intervient pourtant dans un environnement qui n’est pas naturellement favorable au métal jaune. Les taux américains pourraient rester élevés et le dollar s’est renforcé. Ces deux facteurs pèsent souvent sur l’or.
Pourquoi ? L’or ne verse pas d’intérêt. Lorsque les obligations américaines offrent des rendements élevés, elles deviennent plus attractives pour les investisseurs. C’est ce que les marchés appellent le coût d’opportunité : détenir de l’or signifie renoncer à un revenu potentiel ailleurs. Un dollar fort rend aussi l’once plus chère pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
Pour un investisseur belge ou européen, cette combinaison est importante. Le prix international de l’or est libellé en dollars. Le taux de change euro-dollar influence donc directement le prix payé en euros pour une pièce, un lingot ou un produit financier adossé à l’or.
La Fed garde la main sur le marché
La pression vient d’abord des États-Unis. Le Bureau of Labor Statistics a indiqué que l’économie américaine avait créé 162 000 emplois en août 2026, contre une moyenne mensuelle de 31 000 emplois sur les douze mois précédents. Le taux de chômage est resté stable à 4,1 %.
Ce chiffre renforce l’idée d’une économie américaine encore solide. Il pourrait conforter la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis, dans une politique monétaire restrictive. Une politique monétaire est dite restrictive lorsque les taux d’intérêt sont maintenus à un niveau élevé afin de ralentir la demande et de contenir l’inflation.
Le 3 septembre, Christopher Waller, gouverneur de la Fed, a indiqué qu’il serait favorable au maintien de taux élevés si les prochaines statistiques confirmaient la désinflation. La désinflation désigne un ralentissement de la hausse des prix, et non une baisse générale des prix.
Aucune hausse de taux n’a toutefois été annoncée. La prochaine réunion de la Fed est prévue les 15 et 16 septembre 2026. D’ici là, les marchés surveilleront deux publications majeures : l’indice des prix à la production, ou IPP, attendu le 10 septembre, puis l’indice des prix à la consommation, ou IPC, attendu le 11 septembre. L’IPP mesure l’évolution des prix au niveau des producteurs. L’IPC mesure l’évolution des prix payés par les consommateurs.
Le détroit d’Ormuz ravive le risque inflationniste
Le deuxième foyer de tension se situe au Moyen-Orient. Le 5 septembre, le CENTCOM, commandement militaire américain pour la région, a annoncé la destruction de trois pétroliers liés aux Gardiens de la révolution iranienne après des attaques iraniennes contre des bâtiments de l’US Navy.
Ces affrontements se concentrent autour du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique entre le golfe Persique et la mer d’Oman. Une part importante du pétrole mondial y transite habituellement. Toute perturbation dans cette zone peut faire monter les prix de l’énergie.
L’EIA, l’agence américaine d’information sur l’énergie, a estimé qu’environ 4,9 millions de barils par jour avaient transité par le détroit d’Ormuz au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025. Cette baisse traduit l’impact de l’aggravation du conflit régional.
Pour l’or, l’effet est ambigu. Les tensions géopolitiques soutiennent souvent le métal jaune, considéré comme une valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché lorsque l’incertitude augmente. Mais si les prix du pétrole repartent fortement à la hausse, l’inflation pourrait se maintenir. La Fed aurait alors moins de raisons d’assouplir sa politique, ce qui pèserait à nouveau sur l’or.
Le seuil des 4 318-4 324 dollars devient un repère clé
Sur le plan technique, la tendance de fond du cours de l’or resterait constructive tant que la zone des 4 318 à 4 324 dollars tiendrait. Cette zone correspondrait à deux repères suivis par les analystes : une moyenne mobile exponentielle à 200 jours et un retracement de Fibonacci à 50 %.
Une moyenne mobile lisse les variations quotidiennes d’un prix pour mieux visualiser sa tendance. Elle est dite exponentielle lorsqu’elle donne plus de poids aux cours récents. Un retracement de Fibonacci est un outil graphique utilisé par certains analystes pour identifier des niveaux potentiels de support ou de résistance après une forte hausse ou une forte baisse.
Ces repères ne garantissent pas l’évolution future du prix. Ils servent surtout à observer le comportement des acheteurs et des vendeurs autour de zones jugées importantes.
Un marché suspendu aux prochains chiffres américains
À court terme, l’or reste donc pris entre deux forces. D’un côté, les achats persistent et les tensions géopolitiques soutiennent la demande de sécurité. De l’autre, une Fed ferme, des taux élevés et un dollar solide limitent le potentiel de hausse.
Le maintien au-dessus de 4 400 dollars confirme la résilience du marché, mais le vrai test viendra des chiffres d’inflation américains et de la réunion de la Fed mi-septembre. Pour les épargnants européens, la prudence reste centrale : le prix de l’or dépend autant de la dynamique du métal que du dollar et des décisions monétaires américaines.


