Une bague de 5 grammes en or 18 carats peut renfermer plus de 400 euros d’or. Lorsque le budget d’un ménage se tend, ce montant peut sembler décisif. Mais vendre un bijou pour payer une facture ou éviter un crédit demande quelques précautions : tous les bijoux n’ont pas la même valeur et toutes les offres de rachat ne se valent pas.
Le cours de l’or demeure à des niveaux historiquement élevés. Le cours international affiché par Goldmarket atteignait 117,89 euros par gramme d’or fin le 28 septembre 2026. Ce niveau concerne toutefois l’or pur, aussi appelé or fin, et non directement le prix versé pour une bague, une chaîne ou une montre.
Partir du poids d’or réellement contenu
Un bijou porte généralement un poinçon indiquant sa pureté, exprimée en carats. L’or 24 carats correspond, en principe, à de l’or presque pur. L’or 18 carats contient 75 % d’or fin ; l’or 14 carats, 58,5 % ; l’or 9 carats, 37,5 %.
Ainsi, une bague de 5 grammes en 18 carats ne contient pas 5 grammes d’or pur, mais environ 3,75 grammes. À partir du cours indicatif de l’or fin, la valeur théorique du métal dépasserait 400 euros. Ce montant n’est pas automatiquement le prix de rachat. L’acheteur déduit sa marge, ses frais de traitement et le risque lié à l’évolution du cours.
Les pierres, le mécanisme d’une montre, les parties non métalliques ou l’état du bijou peuvent aussi influencer la pesée et l’offre. Un bijou signé, ancien ou serti de pierres précieuses peut valoir davantage que son seul poids d’or. Le vendre immédiatement « au poids » risquerait alors de faire perdre cette valeur supplémentaire.
Comparer avant d’accepter une offre
La première règle consiste à demander une pesée devant le vendeur. Le professionnel doit préciser le poids retenu, le nombre de carats et le prix proposé par gramme. Une balance visible et une explication claire du calcul permettent de vérifier l’offre.
Pour un objet de valeur, il est prudent de solliciter deux ou trois propositions de rachat. Il convient également de choisir un professionnel identifiable, de vérifier sa réputation et de conserver le document de transaction. Une offre très pressante, un prix impossible à détailler ou le refus d’une pesée transparente doivent alerter.
Une vente urgente ne doit pas devenir une vente précipitée. Pour une somme importante, prendre quelques heures ou quelques jours de réflexion peut éviter d’accepter un prix trop faible. Il est aussi utile de photographier les bijoux avant la transaction et de conserver tout certificat, écrin ou facture disponible.
Une solution de trésorerie, pas toujours le meilleur choix
La revente de bijoux inutilisés ou abîmés peut fournir des liquidités rapidement et éviter le recours à un crédit coûteux. Cette option dépend néanmoins de la situation financière de chaque foyer et de l’attachement sentimental aux objets.
À Waterloo, Caraor indique que de nombreuses personnes revendent leurs bijoux. L’entreprise estime que le contexte économique peut jouer, tandis que le volume de rachats resterait proche de celui de l’an dernier, avec une légère hausse. Les prix de rachat élevés favoriseraient aussi la vente de vieux bijoux.
Avant de se séparer d’un objet familial, une alternative consiste à examiner d’abord les bijoux sans usage, cassés ou dépareillés. Une fois fondu ou revendu, un bijou peut être difficile, voire impossible, à récupérer.
Bijoux personnels et lingots : une fiscalité distincte
En Belgique, la vente de bijoux personnels relève en principe de la gestion normale du patrimoine privé. Elle n’est donc pas imposable dans ce cadre. Il reste recommandé de garder les preuves d’achat et de vente, en particulier lorsque les montants sont élevés.
La règle diffère pour l’or d’investissement, c’est-à-dire notamment les lingots et certaines pièces répondant aux critères prévus par la réglementation. Ces actifs entrent dans le champ de la taxe belge sur les plus-values applicable depuis le 1er janvier 2026 : le taux normal est de 10 %, avec une exonération annuelle de base de 10.000 euros par personne. Pour l’or détenu avant 2026, la valeur au 31 décembre 2025 sert en principe de référence pour calculer une éventuelle plus-value.
Cette distinction est essentielle : une vieille alliance ou une chaîne personnelle ne se traite pas fiscalement comme un lingot ou une pièce achetée dans un objectif d’investissement.
Le niveau élevé de l’or rend la vente de bijoux plus attractive qu’à d’autres périodes. La meilleure protection reste toutefois de connaître la teneur du bijou, de faire jouer la concurrence et de préserver les objets dont la valeur dépasse leur simple poids en métal.


