Après des mois de dynamique haussière, les marchés des métaux précieux pourraient marquer le pas au printemps 2026. L’apparition d’une figure technique défavorable au mois de mars fait craindre une correction à court terme, bien que la demande structurelle des institutions étatiques reste robuste.
L’euphorie semble s’estomper sur les marchés mondiaux des métaux précieux. Selon les observations récentes des analystes du cabinet Heraeus publiées à la mi-avril 2026, le marché haussier de l’or et de l’argent pourrait connaître une pause de plusieurs mois. Cette anticipation repose sur l’analyse minutieuse des graphiques boursiers mensuels de mars, qui révèlent des signaux d’essoufflement clairs pour les investisseurs institutionnels et particuliers.
L’englobement baissier, un signal d’alerte technique
L’alerte principale vient de l’apparition d’une figure graphique spécifique appelée « englobement baissier » à la clôture du mois de mars. Cette configuration rappelle fortement celle observée en avril 2022, qui avait alors précédé six mois consécutifs de baisse des cours.
En analyse technique boursière, un englobement baissier se produit lorsqu’une bougie de cotation (représentant l’évolution du prix sur une période donnée) clôture plus bas que l’ouverture du mois précédent, englobant ainsi totalement la hausse antérieure. Pour l’investisseur, ce signal traduit généralement un renversement psychologique : les vendeurs prennent le dessus sur les acheteurs, initiant souvent une vague de prises de bénéfices.
Ce constat purement graphique s’accompagne d’indicateurs commerciaux tangibles. Du côté de l’argent, les ventes physiques de pièces et de lingots ont accusé un net recul en mars, contrastant fortement avec les excellents volumes d’échanges enregistrés en février.
Le soutien indéfectible des banques centrales
Toutefois, cette prévision de baisse à court terme serait potentiellement limitée par des fondamentaux macroéconomiques solides. La persistance de l’inflation et l’anticipation de baisses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) au cours de l’année 2026 constituent un filet de sécurité pour les valeurs refuges.
De plus, la demande institutionnelle ne faiblit pas. Au mois de février 2026, les banques centrales ont continué d’accumuler activement de l’or physique. La Banque nationale de Pologne, fidèle à sa stratégie de sécurisation de ses réserves de change, a considérablement augmenté ses stocks, tout comme les banques centrales de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan. Si quelques pays comme la Turquie et la Russie ont profité des cours élevés pour procéder à des ventes ponctuelles, la tendance lourde reste à l’accumulation.
Cette stratégie d’achats massifs par les États, observée de manière continue depuis la crise financière de 2008, a pour but de diversifier les réserves monétaires face aux risques géopolitiques. Cette demande étatique agit comme un puissant soutien structurel, capable de compenser en partie les variations spéculatives des marchés financiers.
Les semaines à venir seront déterminantes pour les investisseurs. Si la technique invite à la prudence et à une possible consolidation des portefeuilles, le contexte macroéconomique global continue de plaider en faveur de la pertinence de l’or comme actif de préservation du capital sur le long terme.



