8,23 millions de dollars américains de revenus nets au deuxième trimestre 2026 : Sierra Madre Gold and Silver franchit une nouvelle étape dans la relance de La Guitarra, au Mexique. La société a aussi porté le débit quotidien de son usine jusqu’à 672 tonnes par jour, soit une amélioration de 34 %.
La Guitarra monte en puissance au deuxième trimestre
Sierra Madre Gold and Silver Ltd. a publié, le 30 août, ses résultats financiers et opérationnels pour le deuxième trimestre 2026. L’information concerne l’exploitation de La Guitarra, située au Mexique.
La société a enregistré 8,23 millions de dollars américains de revenus nets et 1,58 million de dollars de bénéfice brut sur la période. Le bénéfice brut correspond à la différence entre les revenus et les coûts directs de production, avant les frais administratifs, financiers ou fiscaux.
Sur le trimestre, Sierra Madre a vendu 123 483 onces équivalent argent. Cette mesure additionne la production d’argent et d’or en convertissant l’or en une quantité théorique d’argent, selon un ratio de valeur. Elle permet de comparer plus simplement la production totale d’un site qui extrait plusieurs métaux précieux.
La production trimestrielle a atteint 137 313 onces équivalent argent, dont 64 315 onces d’argent et 945 onces d’or.
Un débit porté à 672 tonnes par jour
Le point opérationnel le plus suivi par le marché reste la hausse du débit. Le débit désigne la quantité de minerai traitée chaque jour par l’usine. Plus il augmente, plus la mine peut produire, à condition que la teneur du minerai et la récupération métallurgique suivent.
À La Guitarra, le débit quotidien a atteint jusqu’à 672 tonnes par jour, soit une progression de 34 %. Cette amélioration provient notamment de modifications apportées à l’usine de traitement, ainsi que de l’ajout d’équipements et d’effectifs.
Sierra Madre a aussi lancé, mi-juin, la montée en régime des mines Coloso et Nazareno. Ces deux zones doivent contribuer à alimenter l’usine en minerai supplémentaire. Des contractants interviennent également dans ces opérations.
Les coûts restent élevés pendant la phase d’expansion
La croissance de la production s’accompagne encore de coûts importants. Le coût décaissé par once équivalent argent produite s’est établi à 49,28 dollars américains. Ce coût, appelé cash cost, mesure les dépenses directes nécessaires à la production d’une once, sans intégrer tous les investissements de maintien.
Le coût de maintien tout compris, ou all-in sustaining cost en anglais, a atteint 54,73 dollars par once équivalent argent. Cet indicateur inclut les coûts directs, mais aussi les dépenses nécessaires pour maintenir l’exploitation en activité, comme certains travaux miniers, frais techniques ou investissements de maintien.
Ces niveaux reflètent une phase de montée en puissance. Les coûts peuvent être plus élevés lorsque la production n’a pas encore atteint son rythme de croisière. La société indique aussi que des coupures de courant ont pesé sur l’efficacité opérationnelle.
Des générateurs pour sécuriser l’activité
Pour réduire ce risque, Sierra Madre a terminé l’installation de générateurs électriques de secours à la mi-août. Leur fonctionnement complet est attendu en septembre 2026.
L’enjeu est important. Dans une mine, une alimentation électrique instable peut ralentir le concassage, le broyage et le traitement du minerai. Elle peut aussi augmenter les coûts unitaires, car les équipes et les équipements restent mobilisés même lorsque l’usine tourne sous sa capacité.
À la fin juin, Sierra Madre disposait de 22,2 millions de dollars américains de trésorerie et de 25,0 millions de dollars de fonds de roulement. Le fonds de roulement mesure les ressources disponibles à court terme après prise en compte des dettes exigibles à court terme. Pour une société minière en expansion, cet indicateur renseigne sur la capacité à financer les opérations courantes et les ajustements techniques.
Un contexte favorable pour les producteurs d’argent
Cette publication intervient dans un marché porteur pour l’argent. En août 2026, le métal gris a progressé de plus de 18 %, passant de la zone des hauts 50 dollars à environ 69 dollars l’once, avec un test bref du seuil de 70 dollars.
Cette hausse est soutenue par la demande d’investissement, mais aussi par les usages industriels. L’argent est utilisé dans l’électronique, les panneaux solaires, les véhicules électriques et certaines infrastructures liées à l’intelligence artificielle. L’offre reste contrainte, car l’argent est souvent produit comme sous-produit de mines de plomb, zinc, cuivre ou or, ce qui limite la capacité du marché à réagir rapidement à une hausse des prix.
Pour un producteur comme Sierra Madre, un prix de l’argent élevé améliore le potentiel de revenus. Mais la rentabilité dépend aussi du niveau des coûts, du débit réel de l’usine et de la stabilité de l’approvisionnement en minerai.
La prochaine étape sera donc opérationnelle : transformer la hausse du débit et l’apport de Coloso et Nazareno en production régulière, tout en réduisant l’impact des coûts de montée en puissance.



