6 tonnes en un mois, 50 tonnes depuis le début de l’année : la Banque centrale de Russie réduit nettement son stock d’or en 2026. Cette rupture avec plus d’une décennie d’accumulation intervient alors que le financement de la guerre en Ukraine absorbe une part croissante des ressources de l’État russe.

La Banque centrale de Russie a effectué une vente nette de 6 tonnes d’or en juillet 2026, d’après les données de la Banque de Russie compilées et publiées en août par le World Gold Council. Une vente nette signifie que les quantités vendues dépassent les achats réalisés sur la même période.

Les réserves russes tombent à 2 277 tonnes

Depuis janvier, Moscou a cédé 50 tonnes d’or au total. Les réserves officielles détenues par la banque centrale s’établissent désormais à 2 277 tonnes.

L’or de banque centrale désigne le métal physique conservé au sein des réserves nationales. Il constitue un actif sans risque de défaut d’un émetteur : contrairement à une obligation, il ne dépend pas de la capacité d’un État ou d’une entreprise à rembourser sa dette. Une banque centrale peut toutefois le vendre pour obtenir des liquidités, c’est-à-dire des moyens de paiement immédiatement disponibles.

La raison précise de ces ventes n’a pas été officiellement détaillée. Mais leur ampleur marque un changement notable : la Russie avait fortement renforcé ses réserves aurifères pendant plus de dix ans, notamment afin de réduire sa dépendance aux actifs libellés en dollars et en euros.

Des marges budgétaires qui se resserrent

Cette baisse des réserves intervient dans un contexte financier beaucoup plus tendu. RFI a rapporté le 12 septembre que les dépenses militaires russes avaient augmenté de 30 % au premier semestre 2026. Le Fonds national de richesse, utilisé comme coussin financier au début de la guerre, serait désormais presque épuisé.

Ce fonds rassemble une partie des recettes tirées des hydrocarbures et devait permettre à l’État russe d’absorber les chocs budgétaires. Son affaiblissement accroît le recours à l’endettement, alors que les intérêts de la dette deviennent eux aussi une charge plus importante.

Janis Kluge, spécialiste cité par RFI, estime que la réduction prévue des dépenses militaires en 2026 n’était probablement pas réaliste. Cette analyse ne prouve pas que les ventes d’or financent directement la guerre, mais elle renforce l’hypothèse d’une pression durable sur les finances publiques russes.

Un signal suivi par le marché de l’or

Pour les investisseurs, ces cessions rappellent qu’une banque centrale peut vendre de l’or lorsque ses besoins de financement augmentent. Elles restent toutefois à replacer dans leur contexte : avec 2 277 tonnes, la Russie demeure l’un des principaux détenteurs d’or au monde.

La tendance mérite néanmoins une attention particulière : si les ventes se poursuivent, elles confirmeraient que le conflit en Ukraine entame aussi les réserves stratégiques accumulées par Moscou avant la guerre.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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