4 255 dollars l’once : l’or avance, mais ne franchit pas encore clairement le cap des 4 300 dollars. Le 6 août 2026, le cours de l’or au comptant évolue autour de 4 255 dollars. Les contrats à terme ont dépassé ponctuellement 4 300 dollars, sans confirmer une installation durable au-dessus de ce seuil.

L’or reste soutenu, sans accélération décisive

Le marché de l’or se trouve dans une phase d’attente. Le prix au comptant, c’est-à-dire le prix pour une livraison immédiate, reste proche de son plus haut niveau depuis sept semaines. Les contrats à terme, qui permettent d’acheter ou de vendre de l’or à une date future à un prix fixé à l’avance, ont brièvement franchi 4 300 dollars.

Ce mouvement ne suffit toutefois pas à valider une nouvelle tendance haussière. Pour les investisseurs, le vrai signal viendra des États-Unis : l’emploi et la politique de la Réserve fédérale américaine, la Fed, restent les deux variables déterminantes.

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Il devient donc plus attractif lorsque les marchés anticipent une baisse des taux d’intérêt, ou au moins l’absence de hausse rapide. À l’inverse, des taux élevés renforcent l’intérêt des placements rémunérés, comme les obligations, et peuvent peser sur le métal jaune.

L’emploi américain ralentit et soutient le métal jaune

Le premier soutien vient du marché du travail américain. Selon ADP, les entreprises privées américaines n’ont créé que 44 000 emplois en juillet 2026. Le chiffre est nettement inférieur aux 98 000 postes de juin et aux attentes de 75 000.

Ce ralentissement réduit la pression sur la Fed. Une économie qui crée moins d’emplois peut inciter la banque centrale à rester prudente sur ses taux directeurs. Ces taux sont les taux de référence qui influencent le coût du crédit pour les banques, les entreprises et les ménages.

Pour l’or, ce contexte est favorable. Un marché du travail moins robuste diminue la probabilité d’un resserrement monétaire rapide. Il peut aussi raviver la demande pour les actifs défensifs, souvent appelés valeurs refuges, lorsque les investisseurs cherchent à protéger leur capital face aux incertitudes économiques.

La Fed garde la main sur la prochaine impulsion

La Fed a maintenu, le 29 juillet 2026 à Washington, son taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Cette décision confirme une approche prudente. Le comité monétaire reste toutefois divisé, avec trois voix favorables à une hausse future en raison d’une inflation encore persistante.

Cette division limite l’enthousiasme sur l’or. Si la Fed signale un nouveau durcissement, le dollar pourrait se renforcer et les rendements obligataires remonter. Ces deux facteurs pèsent généralement sur l’or, car le métal est coté en dollars et ne produit pas de revenu régulier.

Pour un investisseur belge ou européen, la lecture doit aussi intégrer le taux de change euro-dollar. Un or plus cher en dollars peut être partiellement compensé par un euro plus fort. À l’inverse, un dollar en hausse renchérit l’achat d’or pour les acheteurs en euros.

Le précédent de juin reste dans les esprits

Le marché n’a pas oublié la correction de juin 2026. À la fin du mois, le prix de l’or au comptant était tombé autour de 3 985 dollars. La baisse mensuelle d’environ 12 % a été la plus forte depuis octobre 2008.

Deux facteurs avaient pesé : les anticipations de hausse des taux par la Fed et le renforcement du dollar américain. Ce rappel explique la prudence actuelle. Même après le rebond observé début août, les investisseurs attendent une confirmation avant de considérer les 4 300 dollars comme un nouveau plancher.

Le sommet atteint plus tôt dans l’année reste également une référence psychologique. Le 26 janvier 2026, l’once d’or aurait franchi pour la première fois les 5 000 dollars, avec un pic à 5 093,05 dollars. Ce niveau illustrerait l’ampleur de la hausse précédente, alimentée par les incertitudes économiques et la recherche de protection patrimoniale.

Ormuz pourrait apaiser une partie des craintes inflationnistes

Un autre élément surveillé concerne le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial. L’Iran et Oman discuteraient d’un projet de réorganisation du trafic maritime. Aucun accord définitif ne serait toutefois signé début août 2026.

Si ces discussions aboutissaient, elles pourraient réduire certaines tensions géopolitiques et peser sur les prix du pétrole. Une baisse du pétrole limite les craintes d’inflation, car l’énergie influence les coûts de transport, de production et de chauffage. Pour l’or, l’effet serait indirect : moins d’inflation peut réduire la demande de protection, mais aussi donner plus de marge à la Fed pour éviter de relever ses taux.

Le seuil des 4 300 dollars devient le niveau à surveiller

À court terme, le marché se concentre donc sur un seuil simple : 4 300 dollars l’once. Un franchissement durable renforcerait le scénario d’une nouvelle phase haussière. Un échec, surtout en cas de discours ferme de la Fed ou de statistiques d’emploi plus solides, pourrait ramener l’or vers des niveaux plus bas.

La prochaine hausse de l’or dépend moins du métal lui-même que du diagnostic américain : emploi, inflation, taux et dollar. Pour les épargnants francophones, la prudence reste donc essentielle : suivre le prix en dollars ne suffit pas, car le coût réel d’un achat en Belgique dépend aussi du cours euro-dollar et des primes appliquées aux pièces ou lingots.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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