De 3 879,3 à environ 4 140 dollars l’once en moins d’une semaine : l’or a repris près de 7 % depuis son creux du 30 octobre. Ce rebond est notable après la violente correction d’octobre. Il ne suffit toutefois pas encore à établir avec certitude le début d’une nouvelle hausse durable.
Le 5 novembre, le métal jaune a gagné environ 3 % sur la séance et a franchi à nouveau le seuil symbolique des 4 000 dollars l’once. Une once troy correspond à 31,103 grammes : c’est l’unité de référence internationale pour coter l’or.
Le dollar et les taux redonnent de l’air à l’or
Deux mécanismes expliquent l’essentiel du mouvement. D’une part, le dollar s’est affaibli. Or, l’or étant principalement négocié en dollars, un billet vert moins cher rend le métal plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres devises, dont l’euro.
D’autre part, les rendements des obligations du Trésor américain ont reculé. Le rendement représente le taux de rémunération obtenu par un détenteur d’obligation. L’or ne verse ni intérêt ni dividende : quand les taux baissent, le coût d’opportunité de détenir du métal diminue. Autrement dit, renoncer à des placements rémunérés devient moins pénalisant pour un investisseur qui conserve de l’or.
La baisse du dollar et des rendements serait intervenue après les élections américaines de mi-mandat. Selon l’analyse publiée par Investing.com, les marchés estimeraient qu’un Congrès démocrate pourrait davantage limiter les dépenses de l’administration Trump. Cette interprétation de marché reste à confirmer dans la durée.
Un rebond après un mois d’octobre très difficile
Le point de départ est particulièrement bas. L’or a touché 3 879,3 dollars l’once le 30 octobre, son plus bas niveau en un an. Le métal avait alors subi des ventes importantes, parallèlement aux valeurs technologiques, dans un climat dominé par les craintes d’inflation et par l’anticipation de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Octobre 2026 aurait même été le pire mois de l’or depuis 2008. Cette donnée doit être considérée avec prudence, mais elle illustre l’ampleur de la correction. Dans ce contexte, une partie du mouvement actuel peut aussi correspondre à un rebond technique : des investisseurs rachètent après une baisse rapide, sans que cela garantisse une tendance haussière de long terme.
Dix actions minières, mais un risque supérieur à l’or physique
Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer indirectement au métal, Investing.com a identifié dix actions américaines du secteur des métaux et des mines. La sélection repose sur une capitalisation boursière supérieure à 1 milliard de dollars, un potentiel de hausse de plus de 15 % selon sa méthodologie de « juste valeur » et selon le consensus d’analystes, ainsi qu’un score de santé financière supérieur à 2,5 sur 5.
Ces critères peuvent aider à filtrer les sociétés, mais ils ne constituent ni une garantie de performance ni un conseil d’achat. Les actions minières ne répliquent pas mécaniquement le cours de l’or. Elles supportent aussi des risques propres : coûts de l’énergie, baisse de la teneur des gisements, décisions politiques dans les pays producteurs, endettement, change et qualité de la direction.
Pour un épargnant belge ou européen, l’or physique et les actions minières répondent donc à des objectifs différents. Le premier est souvent recherché comme réserve de valeur et actif de diversification. Les secondes sont des placements boursiers plus volatils, susceptibles d’amplifier autant les hausses que les baisses du métal.
La Fed reste l’obstacle décisif
Le principal risque demeure la politique monétaire américaine. Les marchés anticiperaient encore une probabilité élevée de relèvement des taux de la Fed en décembre. Si cette hausse se confirmait, elle pourrait soutenir les rendements obligataires et le dollar, deux facteurs généralement défavorables à l’or.
UBS prévoirait néanmoins un cours de 4 600 dollars l’once à la fin décembre 2026, puis 5 000 dollars à la fin mars 2027. Ces objectifs sont des prévisions bancaires, non des certitudes : ils supposent que les vents favorables macroéconomiques persistent.
Le retour au-dessus de 4 000 dollars constitue donc un signal de reprise important, mais pas une validation définitive du « grand rebond ». La trajectoire du dollar, des rendements américains et de la décision de la Fed en décembre sera déterminante. Pour les particuliers, une exposition progressive et diversifiée reste moins risquée qu’un achat précipité après une hausse de plusieurs pourcents en une séance.



