L’or au comptant a dépassé 4 130 dollars l’once jeudi 5 novembre, atteignant 4 132,91 dollars vers 10 h 20. Les contrats à terme sur l’or évoluaient pour leur part à 4 141,37 dollars l’once. La baisse du dollar américain et le recul des rendements des obligations d’État américaines ont renforcé l’attrait du métal précieux.
L’once troy est l’unité de référence utilisée sur le marché de l’or : elle équivaut à 31,103 grammes. Le prix affiché au comptant, ou spot, correspond au prix d’une livraison immédiate du métal, contrairement aux contrats à terme, qui portent sur une livraison à une date ultérieure.
Un dollar plus faible soutient les acheteurs d’or
La progression de l’or intervient alors que le dollar s’est affaibli après les élections de mi-mandat aux États-Unis. La victoire des démocrates aurait contribué à cette réaction des marchés, même si les mouvements de change dépendent aussi des anticipations économiques et monétaires.
Un recul du billet vert favorise généralement l’or. Le métal étant principalement coté en dollars, il devient moins coûteux pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises lorsque la monnaie américaine baisse. Cette amélioration du pouvoir d’achat peut soutenir la demande internationale.
Pour les épargnants belges, le niveau du dollar reste donc un paramètre important : le prix de l’or en euros ne suit pas mécaniquement le prix annoncé en dollars. Une baisse du dollar peut amortir, en partie, la hausse du métal jaune exprimée dans la monnaie européenne.
La baisse des rendements réduit le coût d’opportunité
Les rendements des obligations du Trésor américain ont également reculé. Le rendement correspond au revenu annuel attendu d’une obligation, rapporté à son prix. Lorsqu’il diminue, les titres obligataires offrent une rémunération moins attractive.
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Sa détention implique donc un coût d’opportunité : l’investisseur renonce aux revenus qu’il aurait pu percevoir sur des obligations ou des placements monétaires. Lorsque les taux obligataires baissent, ce désavantage relatif de l’or se réduit.
Ce mécanisme explique pourquoi le métal précieux réagit fréquemment à l’évolution des taux américains, en plus des tensions géopolitiques, de l’inflation et des variations de devises.
Les chiffres de l’emploi américain seront surveillés
La prochaine étape pour les marchés pourrait venir des statistiques de l’emploi américain. Ces données aideraient les investisseurs à évaluer si la Réserve fédérale américaine, la Fed, pourrait assouplir davantage sa politique monétaire.
Un ralentissement plus marqué du marché du travail renforcerait les anticipations de baisse des taux directeurs. Dans ce scénario, les rendements obligataires pourraient poursuivre leur repli et prolonger le soutien apporté à l’or. À l’inverse, des chiffres de l’emploi solides pourraient réduire l’espoir d’un assouplissement monétaire rapide et peser sur le cours du métal.
Après avoir déjà repassé le seuil des 4 100 dollars en octobre, l’or confirme ainsi que le tandem formé par le dollar et les taux américains demeure déterminant pour sa trajectoire à court terme.



