4 267 dollars l’once : l’or au comptant évoluait lundi 15 septembre autour de ce seuil, à l’approche d’une réunion de la Réserve fédérale (Fed) qui pourrait durcir les conditions monétaires américaines. Le métal jaune aurait ainsi touché son plus bas niveau depuis cinq semaines, selon XTB.

Les marchés attribuaient une probabilité d’environ 85 % à plus de 90 % à une hausse de 25 points de base des taux directeurs de la Fed, lors de la réunion des 16 et 17 septembre. Un point de base représente un centième de point de pourcentage : 25 points de base équivalent donc à une hausse de 0,25 point.

Les taux élevés augmentent le coût de détention de l’or

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements obligataires progressent, les investisseurs peuvent obtenir une rémunération plus élevée en détenant des obligations, notamment américaines. Cela augmente le coût d’opportunité de l’or, c’est-à-dire le revenu potentiel auquel renonce un épargnant en choisissant le métal plutôt qu’un placement rémunéré.

Le rendement de l’emprunt du Trésor américain à dix ans a franchi ou approché 5 %, un niveau proche de ses sommets de long terme. Cette progression reflète à la fois les anticipations de taux plus élevés et les inquiétudes persistantes liées à l’inflation.

La perspective d’un resserrement monétaire pèse donc à court terme sur le cours de l’or, même si le métal conserve son rôle de diversification dans un patrimoine. Les mouvements précédant une décision de banque centrale peuvent toutefois être rapides et volatils : ils ne constituent pas, à eux seuls, une indication d’achat ou de vente.

L’inflation américaine renforce les anticipations de hausse

Les chiffres d’août ont conforté le scénario d’une Fed plus ferme. L’indice des prix à la consommation aux États-Unis aurait progressé de 3,4 % sur un an et de 0,4 % sur un mois. L’inflation sous-jacente, qui exclut notamment les prix les plus volatils de l’énergie et de l’alimentation, serait également restée orientée à la hausse.

Ces niveaux demeurent éloignés de l’objectif de 2 % généralement visé par la Fed. Pour freiner la hausse des prix, une banque centrale peut relever ses taux directeurs. Cette mesure renchérit le crédit et vise à ralentir la demande dans l’économie.

Le pétrole nourrit les craintes sur les prix

La poussée du pétrole compliquerait encore l’équation. Le Brent, référence internationale, évoluait au-dessus de 100 dollars le baril et aurait dépassé 108 dollars à certains moments, sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de craintes sur l’approvisionnement.

Un pétrole plus cher peut se diffuser dans l’économie par le carburant, le transport et les coûts de production. Il alimente alors les anticipations d’inflation. Sur les marchés, ce mécanisme tend à soutenir les rendements obligataires si les investisseurs estiment que la Fed devra maintenir des taux élevés plus longtemps.

Pour l’or, le signal est donc contrasté. L’inflation et les risques géopolitiques peuvent soutenir la demande de protection à moyen terme. Mais, dans l’immédiat, la remontée des rendements et l’attente d’une hausse des taux semblent l’emporter.

Ce que les épargnants belges doivent surveiller

La décision de la Fed, ainsi que le ton de sa communication sur les prochains mois, sera déterminante. Une hausse déjà largement anticipée peut avoir un effet limité si elle est confirmée sans surprise. En revanche, une Fed plus sévère qu’attendu pourrait soutenir davantage le dollar et les rendements, deux éléments généralement défavorables à l’or coté en dollars.

Pour un acheteur belge, il convient aussi de suivre le cours de l’euro face au dollar. Un euro plus faible peut atténuer la baisse de l’or exprimé en euros, voire la neutraliser. Le prix de l’or en Belgique dépend donc à la fois de l’once en dollars et du taux de change euro-dollar.

À très court terme, la réunion de septembre place le métal jaune face à un test. À plus long terme, l’évolution de l’inflation, des taux réels — les taux corrigés de l’inflation — et des tensions énergétiques restera au centre de l’équation.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version