4 363 dollars l’once au comptant : l’or reculait mardi 22 septembre à 10 h 51, tandis que les contrats à terme s’échangeaient à 4 325 dollars. Le marché réagit à l’anticipation de taux d’intérêt maintenus à un niveau élevé, un environnement traditionnellement défavorable au métal précieux.

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements des obligations, des comptes à terme ou d’autres produits monétaires montent, le coût d’opportunité de sa détention augmente : les investisseurs peuvent être tentés d’arbitrer une partie de leurs positions vers ces actifs rémunérés. Cet arbitrage explique la pression actuelle sur les cours.

Les signaux de taux pèsent sur le métal jaune

Les marchés semblent intégrer l’hypothèse d’une politique monétaire restrictive plus durable. Des responsables de la Réserve fédérale américaine laisseraient entrevoir de nouvelles hausses de taux afin de contenir l’inflation. Cette perspective doit toutefois être considérée avec prudence tant qu’elle n’est pas formalisée par une décision de la banque centrale.

Pour l’or, le mécanisme est direct. Des taux directeurs plus élevés tendent à faire remonter les rendements disponibles sur les placements en dollars. Le taux directeur est le taux fixé par une banque centrale qui influence le coût du crédit et la rémunération de l’épargne dans l’économie. Une hausse vise généralement à freiner la demande et l’inflation.

La baisse observée concerne à la fois l’or au comptant et les contrats à terme. L’or au comptant désigne le prix pour une livraison immédiate du métal. Les contrats à terme permettent, eux, d’acheter ou de vendre de l’or à une date ultérieure à un prix fixé à l’avance. L’écart entre les deux prix peut refléter notamment les coûts de financement, de stockage et les anticipations de marché.

Une pression également présente en Europe

En zone euro, le contexte monétaire resterait lui aussi restrictif. La Banque centrale européenne aurait relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base le 16 septembre, ce qui constituerait son deuxième relèvement de 2026. Un point de base équivaut à 0,01 point de pourcentage : 25 points de base correspondent donc à une hausse de 0,25 point.

Pour les épargnants belges, cette situation peut améliorer la rémunération de certains produits de trésorerie ou obligataires. Elle ne signifie pas mécaniquement que l’or doit continuer de baisser. Le prix du métal dépend aussi du dollar, de l’inflation, des achats des banques centrales, de la demande de bijoux et de l’aversion au risque.

Pétrole et tensions internationales brouillent le tableau

Les tensions internationales et la hausse des prix du pétrole ajouteraient de la nervosité sur les marchés financiers. Un pétrole plus cher peut alimenter l’inflation, ce qui pousse les banques centrales à maintenir une ligne ferme. Mais les mêmes tensions peuvent aussi renforcer, à certains moments, la demande d’or comme valeur refuge.

Le marché de l’or se trouve donc entre deux forces contraires : des taux élevés qui réduisent son attrait financier, et une incertitude géopolitique susceptible de soutenir sa fonction de protection. Pour les particuliers, un mouvement de court terme ne suffit pas à déterminer une stratégie d’achat ou de vente : l’horizon de placement, la part d’or déjà détenue et les primes appliquées aux pièces ou lingots restent déterminants.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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