4 257 dollars l’once au comptant : l’or recule alors que les marchés anticipent de nouvelles hausses des taux directeurs américains. Les contrats à terme sur l’or s’établissent, eux, à 4 292 dollars l’once ce 24 septembre.

Cette pression vient des anticipations concernant la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale des États-Unis. Si elle relève à nouveau ses taux d’intérêt, les placements rémunérés, tels que les obligations ou les liquidités, offrent un rendement plus élevé. L’or, qui ne verse ni intérêt ni coupon, devient alors relativement moins attractif.

Pourquoi les taux pèsent sur l’or

Un taux directeur est le taux fixé par une banque centrale pour orienter le coût du crédit et, plus largement, les conditions financières. Une hausse vise généralement à freiner l’inflation en rendant l’emprunt plus coûteux.

Pour les investisseurs, le mécanisme est direct : détenir une once d’or ne génère aucun revenu régulier. À l’inverse, des taux plus élevés peuvent augmenter la rémunération des bons du Trésor américain et d’autres produits obligataires. Le coût d’opportunité de la détention d’or augmente donc.

Les perspectives de resserrement monétaire américain peuvent aussi soutenir le dollar. Or l’or est principalement coté en dollars : une devise américaine plus forte tend à renchérir le métal pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres monnaies, ce qui peut peser sur la demande mondiale.

Un marché qui reste très volatil en 2026

Le recul actuel s’inscrit dans une année particulièrement mouvementée. En juin, le cours au comptant évoluait autour de 3 985 dollars l’once après une baisse mensuelle d’environ 12 %, dans un environnement déjà marqué par les anticipations de taux plus élevés et par le raffermissement du dollar.

À la fin août, l’or se négociait toutefois autour de 4 600 dollars l’once, selon des estimations qui restent à considérer avec prudence. L’affaiblissement du dollar, les tensions géopolitiques, les achats des banques centrales et la recherche de valeurs refuges avaient alors soutenu le rebond.

Le niveau de 4 257 dollars montre que la sensibilité de l’or à la politique monétaire américaine demeure élevée. Les achats de banques centrales et les risques géopolitiques peuvent soutenir le métal, mais ils ne neutralisent pas systématiquement l’effet de taux réels plus rémunérateurs.

Que surveiller pour un acheteur belge ?

Pour un particulier en Belgique, le prix affiché en dollars ne suffit pas à évaluer le coût d’un achat. Il faut suivre le cours de l’or en euros, lui-même influencé par la parité euro-dollar, ainsi que la prime appliquée aux pièces et aux lingots. Cette prime couvre notamment la fabrication, la logistique et la marge du vendeur.

Les projections à court terme restent divergentes. Certaines estimations évoquent un possible retour au-dessus de 4 500 dollars d’ici la fin de l’année, tandis que d’autres envisagent une poursuite de la baisse vers 4 147 dollars. Ces scénarios ne constituent pas des certitudes ni des conseils d’investissement.

La prochaine orientation de la Fed, l’évolution de l’inflation américaine et la trajectoire du dollar devraient donc rester les principaux catalyseurs du marché de l’or dans les prochaines semaines.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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