+2,7% en une séance : l’or a effacé une partie de sa baisse récente, après être tombé à ses plus bas niveaux en sept mois. Ce rebond intervient le 22 juin 2026, dans un contexte diplomatique sensible : les États-Unis et l’Iran poursuivent leurs négociations en Suisse, avec des échanges annoncés comme prolongés toute la nuit.
Le mouvement peut sembler paradoxal. En général, l’or progresse quand les tensions géopolitiques augmentent, car il est considéré comme une valeur refuge : un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face à l’incertitude. Cette fois, la hausse accompagne au contraire des signes de dialogue entre Washington et Téhéran.
L’or rebondit après sept mois de faiblesse
Le prix de l’or a augmenté de 2,7% le 22 juin. La hausse est liée à un rebond technique après une période de faiblesse, mais aussi à deux facteurs de marché importants : la baisse des rendements obligataires et l’affaiblissement du dollar.
Un rendement obligataire correspond au revenu attendu par un investisseur qui achète une obligation, c’est-à-dire une dette émise par un État ou une entreprise. Quand ces rendements baissent, l’or devient souvent plus attractif. Le métal jaune ne verse pas d’intérêt. Il souffre donc moins de la concurrence des obligations lorsque celles-ci rapportent moins.
Le dollar joue aussi un rôle central. L’or est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Quand la devise américaine recule, l’or devient moins cher pour les acheteurs qui utilisent l’euro ou d’autres monnaies. Cette mécanique peut soutenir la demande mondiale.
Les négociations USA-Iran se prolongent en Suisse
Le même jour, les États-Unis ont indiqué que les discussions avec l’Iran se poursuivraient toute la nuit en Suisse. L’objectif affiché est de progresser vers un accord bilatéral.
Ces pourparlers concernent un dossier large : tensions commerciales, sanctions, nucléaire iranien et sécurité du détroit d’Ormuz. Ce passage maritime, situé entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, est stratégique pour le transport mondial de pétrole. Toute tension dans cette zone peut influencer les prix de l’énergie, l’inflation et, indirectement, les anticipations des banques centrales.
Un protocole d’accord préliminaire aurait été conclu le 14 juin entre les deux pays. Il viserait à mettre fin au conflit commercial, à rouvrir le détroit d’Ormuz et à lancer un processus de 60 jours pour poursuivre les discussions sur le nucléaire, les sanctions et la mise en œuvre de l’accord. Début juin, les négociateurs américains et iraniens se seraient aussi entendus sur un cadre destiné à prolonger le cessez-le-feu et à aborder l’allègement des sanctions ainsi que le dégel de fonds iraniens.
Ces éléments restent à manier avec prudence lorsqu’ils ne sont pas confirmés définitivement. Leur impact tient surtout à l’évolution des anticipations des marchés.
Pourquoi l’or monte malgré une détente diplomatique
Une amélioration géopolitique tend normalement à réduire la demande d’or refuge. Mais les marchés ne réagissent pas à un seul facteur. Le 22 juin, la baisse du dollar et des rendements obligataires a pesé davantage dans la formation du prix.
La situation reste aussi fragile. Le 21 juin, Donald Trump a de nouveau menacé l’Iran dans un contexte de négociations critiques. Ces déclarations publiques peuvent compliquer le climat diplomatique et maintenir une prime de risque.
Pour les investisseurs européens et belges, la lecture est donc double. D’un côté, un accord durable entre Washington et Téhéran pourrait réduire certaines tensions sur l’énergie et sur les marchés. De l’autre, tant que les discussions ne sont pas finalisées, l’or conserve son rôle de protection contre les chocs politiques, monétaires et financiers.
Le rebond du 22 juin montre surtout que l’or ne dépend pas uniquement des crises : il réagit aussi au dollar, aux taux d’intérêt et aux attentes des investisseurs. La suite des négociations en Suisse donnera le prochain signal.



