Près de 10 % de hausse en août : le rebond de l’or se prolonge au début de septembre, porté par la faiblesse du dollar américain et par les inquiétudes entourant la dette publique des États-Unis.
Pour les investisseurs internationaux, le mécanisme est direct. L’or est majoritairement coté en dollars. Lorsque la devise américaine baisse face aux autres monnaies, l’achat d’or devient relativement moins cher pour les détenteurs d’euros, de livres sterling ou d’autres devises. Cette amélioration de l’accessibilité peut soutenir la demande et, par conséquent, les cours.
Les préoccupations sur la viabilité de la dette publique américaine ajoutent un second facteur de soutien. Elles peuvent encourager certains investisseurs à rechercher des actifs perçus comme plus protecteurs en période d’incertitude, dont l’or physique.
Un dollar plus faible soutient mécaniquement la demande
Le dollar et l’or évoluent souvent en sens inverse, sans que cette relation soit automatique. Un recul du dollar ne garantit donc pas une hausse du métal précieux. Mais il modifie le prix effectivement payé par les acheteurs situés hors des États-Unis.
Pour un épargnant belge, le prix pertinent reste le cours de l’or converti en euros, auquel s’ajoutent la prime du produit — l’écart entre le prix du métal et le prix de vente d’une pièce ou d’un lingot — ainsi que les frais éventuels. Une baisse du dollar peut ainsi amortir, ou au contraire accentuer, la variation du cours en euros selon l’évolution de la paire euro-dollar.
La dette américaine renforce l’attrait de l’or refuge
Les inquiétudes concernant les finances publiques américaines portent sur la capacité de l’État à financer durablement une dette élevée et sur le niveau futur des taux d’intérêt. Lorsque ces risques gagnent en importance, l’or peut bénéficier de son rôle traditionnel de valeur refuge : un actif recherché pour diversifier un patrimoine face aux incertitudes financières, monétaires ou géopolitiques.
Contrairement à une obligation, l’or ne verse ni coupon ni intérêt. Son attrait dépend donc aussi des rendements obligataires réels, c’est-à-dire des rendements corrigés de l’inflation. Des rendements en baisse réduisent le coût d’opportunité de détenir un métal qui ne procure pas de revenu régulier.
Selon Les Affaires, citant notamment Morningstar, l’or aurait gagné près de 10 % en août après un fort repli au premier semestre. Le mouvement aurait été alimenté par le repli du dollar, les incertitudes géopolitiques, les anticipations de politique monétaire et les inquiétudes budgétaires américaines.
Prudence face à un marché sensible aux taux
Le soutien actuel ne supprime pas les risques de retournement. Un redressement du dollar, une remontée des rendements obligataires ou un apaisement des tensions budgétaires et géopolitiques pourraient peser sur l’or.
Pour les particuliers, la progression récente rappelle surtout l’intérêt d’une approche graduelle. L’or peut jouer un rôle de diversification et de préservation du capital, mais son prix varie fortement à court terme. Le niveau du dollar, les taux américains et l’évolution de la dette fédérale resteront donc des indicateurs centraux pour les détenteurs d’or dans les prochaines semaines.



