3 766 euros l’once : l’or tente de mettre fin à trois séances de baisse, sans convaincre pleinement les marchés. Le métal précieux cède encore 0,26 % sur 24 heures et son rebond reste fragile, dans un environnement dominé par la remontée des anticipations de taux aux États-Unis.
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux obligataires montent, les investisseurs peuvent donc privilégier des placements rémunérés, tels que les obligations. C’est le principal facteur de pression à court terme sur le métal jaune.
La Fed au centre de l’attention
Les opérateurs estimeraient désormais à plus de 60 % la probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) dès septembre. Cette réévaluation ferait suite à un rapport sur l’emploi américain meilleur qu’attendu.
Une hausse des taux directeurs renchérit le crédit et tend à soutenir les rendements obligataires ainsi que le dollar. Elle est généralement défavorable à l’or, actif dit non rémunérateur, puisqu’il ne procure pas de revenu régulier à son détenteur.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait également relever ses taux de 25 points de base, soit 0,25 point de pourcentage, cette semaine. La perspective de politiques monétaires restrictives des deux côtés de l’Atlantique entretient donc un contexte peu favorable aux métaux précieux.
Un dollar plus faible apporte un soutien limité
Le dollar américain resterait néanmoins proche d’un récent point bas, notamment sous l’effet de la remontée du yen et d’anticipations de normalisation monétaire au Japon. Un dollar plus faible rend mécaniquement l’or libellé en dollars moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cela peut stimuler la demande mondiale.
Ce soutien ne suffit toutefois pas, à ce stade, à faire basculer la tendance. Le récent sursaut observé sur les marchés asiatiques n’a pas encore débouché sur une hausse durable du cours.
Les tensions avec l’Iran maintiennent la demande refuge
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran pourraient, elles aussi, soutenir partiellement l’or. L’escalade géopolitique s’accompagnerait d’une nette hausse du pétrole : le Brent se rapprocherait des 100 dollars le baril, tandis que le WTI évoluerait à un plus haut de trois mois.
Cette poussée pétrolière alimente les craintes d’inflation. Elle encourage habituellement une partie des investisseurs à rechercher des actifs refuges, dont l’or. Mais elle peut aussi pousser les banques centrales à conserver des taux élevés plus longtemps : un effet contradictoire pour le métal jaune.
Le seuil des 4 340 dollars à surveiller
Sur le plan technique, BDOR identifie une zone de support entre 4 340 et 4 350 dollars l’once. Un support correspond à un niveau de prix où les achats sont susceptibles de freiner une baisse. Cette zone regrouperait notamment une moyenne mobile à 200 périodes — un indicateur qui lisse l’évolution des cours — et le retracement de 50 % de la hausse enregistrée entre juillet et août.
Les indicateurs restent prudents : le RSI, qui mesure la vitesse et l’ampleur des variations de prix, se situerait près de 42, tandis que le MACD demeurerait négatif. Ces signaux ne confirment pas encore un retour clair des acheteurs.
Pour les épargnants belges et européens, la prudence reste donc de mise : la faiblesse du dollar et les tensions géopolitiques soutiennent l’or, mais la trajectoire des taux américains devrait rester le facteur décisif dans les prochains jours.



