Près de 4 500 dollars l’once : l’or évolue à un niveau exceptionnel en ce début septembre 2026. Le 3 septembre, le cours mondial du métal jaune se situait autour de 4 466 dollars l’once, après une hausse d’environ 2,2 %. Le mouvement s’explique surtout par les anticipations de politique monétaire aux États-Unis.

Le gouverneur de la Réserve fédérale américaine, Christopher Waller, a indiqué le 3 septembre qu’il était favorable à un maintien des taux d’intérêt inchangés lors de la réunion de septembre si les prochaines données confirmaient un ralentissement de l’inflation. La Réserve fédérale, ou Fed, est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions influencent le coût du crédit, le dollar et les marchés mondiaux, dont l’or.

Waller calme les attentes de hausse des taux

Christopher Waller a reconnu que l’inflation restait nettement au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed. Cet objectif correspond au rythme annuel de hausse des prix que la banque centrale juge compatible avec une économie stable.

Mais le responsable monétaire s’est aussi dit prêt à un statu quo sur les taux si les indicateurs à venir allaient dans le sens d’un ralentissement. Les taux d’intérêt directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le crédit. Quand ils montent, emprunter devient plus cher. Quand ils restent stables ou baissent, les marchés anticipent généralement des conditions financières moins tendues.

Cette nuance a suffi à tempérer les anticipations de nouvelle hausse des taux. Pour l’or, le signal est important. Le métal jaune ne verse pas d’intérêt, contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré. Lorsque les taux montent, son coût d’opportunité augmente : détenir de l’or peut sembler moins attractif que détenir un actif qui rapporte un rendement. À l’inverse, des taux stables ou moins élevés soutiennent souvent la demande d’or.

Pourquoi le marché regarde l’emploi américain

La prochaine étape est la publication du rapport américain sur l’emploi d’août, attendue ce 4 septembre 2026. Ce document mesure notamment les créations d’emplois, le taux de chômage et l’évolution des salaires. Il est suivi de près car il donne une indication sur la vigueur de l’économie américaine.

Un marché du travail trop solide peut entretenir les pressions salariales et donc l’inflation. Dans ce cas, la Fed peut être tentée de maintenir une politique monétaire restrictive. Une politique restrictive désigne une stratégie de taux élevés destinée à freiner la demande et à ralentir la hausse des prix.

À l’inverse, un ralentissement de l’emploi renforcerait l’idée que la Fed peut faire une pause. C’est ce scénario qui soutient actuellement l’or.

Les rendements du Trésor soutiennent aussi le métal jaune

La hausse récente de l’or s’explique également par la baisse des rendements du Trésor américain. Les rendements du Trésor sont les taux offerts par les obligations émises par l’État américain. Ces titres servent de référence mondiale pour les placements jugés sûrs.

Quand ces rendements reculent, l’or redevient plus compétitif dans les portefeuilles. Le métal précieux reste aussi recherché comme réserve de valeur, c’est-à-dire comme actif destiné à préserver le pouvoir d’achat dans le temps, notamment en période d’incertitude monétaire ou géopolitique.

Pour les investisseurs belges et européens, un autre facteur compte : le taux de change euro-dollar. L’or est coté mondialement en dollars. Une hausse du dollar face à l’euro renchérit l’achat d’or pour un investisseur de la zone euro. À l’inverse, un euro plus fort peut amortir une partie de la hausse du cours exprimé en dollars.

Ce que cela change pour acheter ou vendre de l’or

À court terme, le seuil des 4 500 dollars l’once sert de repère psychologique. Une once d’or correspond à une once troy, l’unité utilisée sur les marchés de métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.

Pour un acheteur, un cours proche de records impose de comparer plusieurs éléments : le prix spot, c’est-à-dire le prix de marché immédiat, la prime demandée sur les pièces ou lingots, et les frais de transaction. La prime représente l’écart entre la valeur en or pur d’un produit et son prix réel de vente.

Pour un vendeur, la vigueur actuelle du marché peut créer une fenêtre favorable, mais la publication des chiffres de l’emploi américain pourrait provoquer de la volatilité. La volatilité désigne l’ampleur des variations de prix sur une période donnée.

L’or reste donc suspendu à une équation simple : inflation, emploi et décisions de la Fed. Tant que les marchés anticipent une banque centrale moins agressive, le métal jaune conserve un soutien solide. Mais le rapport sur l’emploi américain pourrait rapidement confirmer, ou fragiliser, cette dynamique.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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