Près de 4 400 dollars l’once : le cours de l’or marque une pause avant un rendez-vous macroéconomique attendu par les marchés. Les traders se montrent prudents dans l’attente des données sur l’inflation, un indicateur déterminant pour les anticipations de taux d’intérêt et, par conséquent, pour les métaux précieux.

L’once troy est l’unité de référence du marché de l’or. Elle équivaut à 31,103 grammes. À 4 400 dollars l’once, le métal jaune reste à un niveau élevé, malgré une absence de variation majeure signalée ce mercredi.

L’inflation au centre de l’attention

Les chiffres de l’inflation sont suivis de près car ils peuvent modifier les attentes concernant la politique monétaire. Une inflation plus élevée que prévu peut inciter une banque centrale à maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps. À l’inverse, un ralentissement de la hausse des prix peut nourrir l’espoir de taux plus bas.

Ce mécanisme compte pour l’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements des placements rémunérés augmentent, le coût d’opportunité de détenir de l’or progresse : certains investisseurs peuvent alors privilégier obligations ou dépôts rémunérés. Des taux anticipés en baisse tendent, à l’inverse, à soutenir l’attrait du métal.

La réaction du dollar sera également observée. L’or étant principalement coté en dollars, un billet vert plus faible le rend généralement plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres devises, dont l’euro. Ce facteur peut favoriser la demande mondiale.

Un recul par rapport aux niveaux évoqués fin août

La cotation actuelle demeure inférieure au niveau d’environ 4 600 dollars l’once qui aurait été observé à la fin août, après un rebond estival. Ce mouvement aurait notamment été soutenu par l’affaiblissement du dollar, les préoccupations liées à la dette américaine et une demande d’investisseurs et de banques centrales.

Le marché aurait aussi connu une volatilité exceptionnelle en 2026. L’or aurait atteint un sommet historique de 5 598 dollars l’once avant de retomber jusqu’à 3 940 dollars. Entre ces deux niveaux, le repli représenterait un peu plus de 29 %. Ces chiffres rappellent qu’un actif réputé défensif n’est pas exempt de fortes variations de prix.

Les banques centrales restent un soutien de fond

Les achats d’or par les banques centrales, particulièrement dans certains pays émergents, resteraient un élément de soutien structurel. Leur objectif serait de diversifier les réserves de change et de réduire leur dépendance au dollar.

Pour les épargnants belges et européens, le niveau en dollars ne suffit toutefois pas à mesurer la performance réelle de l’or. Le cours en euros dépend aussi du taux de change euro-dollar. Un renforcement de l’euro peut atténuer, voire annuler partiellement, une hausse du métal exprimée en dollars.

La prochaine publication sur l’inflation pourrait donc départager les scénarios à court terme. Elle donnera une indication sur la trajectoire des taux, du dollar et, indirectement, du cours de l’or. Dans ce contexte, la stabilité autour de 4 400 dollars traduit surtout l’attente du marché.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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