79 112 dollars pour le Bitcoin et 3 766 euros pour l’once d’or : les marchés réagissent à la perspective d’une Réserve fédérale américaine moins restrictive. Le mouvement reste toutefois suspendu aux prochaines données sur l’emploi et l’inflation aux États-Unis.
Le Bitcoin s’échange autour de 79 112 dollars ce 9 septembre, en hausse de 0,47 % sur 24 heures. La première cryptomonnaie mondiale se rapproche ainsi du seuil psychologique des 80 000 dollars. Ethereum progresse également de 0,96 %, à 2 506 dollars.
Sur le marché des métaux précieux, l’once d’or — soit 31,1 grammes d’or fin — s’établit à 3 766 euros, en léger recul de 0,26 % sur vingt-quatre heures. L’argent gagne 0,28 %, à 56,96 euros l’once. Malgré cette variation quotidienne limitée, les deux métaux bénéficient d’un environnement monétaire devenu plus favorable.
Un dollar plus faible soutient l’or et les cryptos
Le Dollar Index, indicateur qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de grandes devises, est revenu à 98,76 points. Un repli du dollar tend à soutenir l’or : libellé en dollars sur les marchés internationaux, le métal devient mécaniquement plus accessible pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres monnaies.
Le même mécanisme peut favoriser les cryptomonnaies. Lorsque les investisseurs anticipent des taux d’intérêt américains moins élevés, les placements sans risque, comme les obligations d’État, deviennent relativement moins attractifs. Une partie des capitaux peut alors se tourner vers des actifs plus volatils, tels que les actions technologiques et le Bitcoin.
Cette relation n’est pas automatique. L’or reste avant tout un actif de diversification et de réserve, tandis que le Bitcoin demeure un actif très volatil, sensible aux mouvements de liquidité comme aux variations rapides de l’appétit pour le risque.
Les propos de Christopher Waller modifient les anticipations
Le changement de sentiment provient notamment de Christopher Waller, membre de la Réserve fédérale. Le 3 septembre, il a déclaré que la désinflation se poursuivait et que l’inflation sous-jacente paraissait évoluer favorablement. L’inflation sous-jacente exclut généralement les prix les plus volatils, comme l’énergie et l’alimentation, afin de mieux mesurer la tendance de fond.
D’après l’analyse de XTB, si l’indice des prix à la consommation publié le 11 septembre ne réservait pas de mauvaise surprise, Christopher Waller se prononcerait probablement pour le maintien des taux directeurs à la prochaine réunion de la Fed. Les taux directeurs sont les taux auxquels la banque centrale influence le coût du crédit dans l’ensemble de l’économie.
Les anticipations de hausse de taux à l’automne auraient reculé après ces déclarations, selon XTB. Ce réajustement aurait aussi soutenu les grands indices de Wall Street, ainsi que l’or et le Bitcoin. Il contraste avec le climat du début septembre, lorsque la vigueur du dollar et les rendements obligataires élevés avaient pesé sur l’or au comptant, alors proche de 4 446 dollars l’once.
L’emploi et l’inflation peuvent inverser la tendance
La suite dépendra désormais des données américaines attendues jeudi sur l’emploi, puis vendredi sur l’inflation. Des chiffres traduisant un ralentissement économique ou une inflation mieux maîtrisée conforteraient le scénario d’une Fed moins restrictive. À l’inverse, une inflation supérieure aux attentes pourrait relancer les anticipations de resserrement monétaire, renforcer le dollar et provoquer une correction sur les métaux précieux comme sur les cryptomonnaies.
Pour un épargnant belge ou européen, le prix de l’or doit donc être suivi dans deux devises : le dollar, qui fixe le cours international, et l’euro, qui détermine le prix réellement payé. Un or stable en dollars peut augmenter en euros si la monnaie unique s’affaiblit, et inversement.
À plus long terme, la demande des banques centrales reste un facteur de soutien potentiel. La Banque populaire de Chine aurait acheté 20 tonnes d’or en juillet, poursuivant une diversification de ses réserves au détriment des bons du Trésor américain. À court terme, toutefois, le prochain verdict viendra des statistiques américaines : elles départageront le scénario d’un dollar durablement plus faible et celui d’un rebond des taux.



