Plus de 5% en quelques séances : l’or serait en passe de signer sa meilleure semaine de 2026. Vendredi 7 août, à 9h32, le prix de l’or au comptant s’établirait à 4.286,84 dollars l’once, tandis que les contrats à terme s’échangeraient autour de 4.345,26 dollars l’once.
Le mouvement concernerait les marchés mondiaux. Il serait principalement alimenté par la baisse des anticipations de taux d’intérêt, renforcée par des coûts énergétiques plus faibles et un climat géopolitique jugé moins anxiogène. Ces éléments réduiraient les prévisions d’inflation et changeraient la perception des investisseurs sur les prochaines décisions des banques centrales.
Pourquoi les taux soutiennent l’or
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Contrairement à une obligation, il ne procure pas de revenu régulier. Lorsque les taux d’intérêt montent, les placements rémunérés deviennent donc plus attractifs face au métal jaune. À l’inverse, lorsque les marchés anticipent une baisse des taux, le “coût d’opportunité” de l’or diminue.
Le coût d’opportunité désigne le rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or devient plus intéressant si les obligations ou les dépôts rapportent moins.
Cette logique serait particulièrement visible avec les taux réels. Les taux réels correspondent aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Par exemple, si une obligation rapporte 4% mais que l’inflation atteint 3%, le rendement réel est d’environ 1%. Une baisse durable de ces taux réels pourrait soutenir l’or, car elle réduit l’avantage des actifs rémunérés.
Comptant et contrats à terme : deux prix à surveiller
Le prix de l’or au comptant correspond au prix pour une livraison immédiate du métal. Il sert souvent de référence aux investisseurs qui suivent le marché physique, comme les pièces, lingots ou lingotins.
Les contrats à terme, eux, fixent aujourd’hui un prix pour une livraison à une date future. Ils sont utilisés par les professionnels pour se couvrir contre les variations de prix, mais aussi par certains investisseurs pour spéculer. Le niveau plus élevé des contrats à terme par rapport au comptant suggérerait que le marché intègre encore une demande solide ou des anticipations favorables.
Un rebond après un mois de juin difficile
Cette progression interviendrait après une forte correction en juin. Le cours de l’or aurait alors reculé d’environ 12%, sa plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2008. À ce moment-là, les anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine et la vigueur du dollar auraient pesé sur le métal jaune.
Le dollar joue un rôle central. L’or étant coté principalement en dollars, un billet vert plus fort rend le métal plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. À l’inverse, un dollar plus faible peut soutenir la demande internationale.
Des prévisions encore très contrastées
La suite de l’année resterait incertaine. Certaines projections évoqueraient un prix proche de 4.409,74 dollars l’once en décembre 2026. D’autres scénarios seraient nettement plus prudents, avec une clôture annuelle autour de 3.704 dollars. Ces écarts illustrent la forte sensibilité de l’or aux décisions monétaires, à l’inflation et aux tensions géopolitiques.
Plusieurs facteurs haussiers resteraient présents : achats des banques centrales, recherche de diversification hors dollar, tensions internationales et attrait de l’or comme valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital en période d’incertitude.
Mais des freins demeureraient. Des taux directeurs élevés, une remontée du pétrole, des prises de bénéfices rapides ou une demande d’investissement saturée pourraient limiter la hausse.
Ce que cela signifie pour les investisseurs francophones
Pour un épargnant belge ou européen, cette hausse hebdomadaire doit être lue avec prudence. Le prix en dollars ne dit pas tout : l’évolution du taux de change euro-dollar influence directement le prix payé en euros pour une pièce ou un lingot.
La tendance actuelle confirmerait surtout le rôle de l’or comme actif sensible aux anticipations de taux. Si les marchés continuent de miser sur un assouplissement monétaire, le métal jaune pourrait conserver un soutien important. En revanche, tout retour d’un discours plus ferme des banques centrales pourrait provoquer de nouvelles corrections.
L’or avancerait donc à la croisée de deux forces : la recherche de protection du capital et l’évolution des rendements réels. Cette semaine pourrait marquer un tournant, mais la trajectoire de fin 2026 dépendra encore largement des taux, du dollar et de l’inflation.


