4 130 dollars l’once : le seuil tient. Ce jeudi 23 juillet 2026, l’or reste installé au-dessus de ce niveau clé, malgré un contexte peu favorable aux actifs qui ne versent pas de rendement.
Le prix de l’or se maintient au-dessus de 4 130 $ l’once, alors que les investisseurs arbitrent entre risque géopolitique, inflation pétrolière et politique monétaire américaine. L’once d’or désigne ici l’once troy, l’unité de référence du marché des métaux précieux, soit environ 31,1 grammes. Le cours suivi est celui de l’or spot, c’est-à-dire le prix de l’or au comptant, pour une livraison quasi immédiate.
L’or résiste malgré la pression des taux
Le principal frein pour l’or vient des taux d’intérêt américains. Lorsque la Réserve fédérale américaine, la Fed, relève ses taux, les obligations et les placements monétaires deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Son coût d’opportunité augmente : détenir du métal peut alors sembler moins intéressant que placer son argent sur un actif rémunéré.
Cette logique pèse sur le métal jaune depuis plusieurs séances. Au 20 juillet, l’or évoluait encore autour de 4 003 $ l’once, à proximité d’un seuil psychologique de 4 000 $. Un seuil psychologique est un niveau de prix rond, très surveillé par les investisseurs, car il peut déclencher des achats ou des ventes automatiques.
Depuis, le marché a repris de la hauteur. Le maintien au-dessus de 4 130 $ indique que les acheteurs restent présents, malgré les inquiétudes sur les taux. Pour les investisseurs européens et belges, cette évolution doit aussi être lue avec le taux de change euro-dollar : l’or étant coté en dollars, un dollar fort peut renchérir l’achat d’or en euros.
Le pétrole ravive les craintes d’inflation
La tension vient aussi du Moyen-Orient. Les livraisons via le détroit d’Ormuz ont chuté de plus de moitié au cours de la semaine au 12 juillet, dans un contexte de blocage partiel du trafic maritime. Ce passage est stratégique : une partie importante du pétrole mondial y transite.
Conséquence : le Brent, référence européenne du pétrole, est remonté vers 85-90 $ le baril, tandis que le WTI, référence américaine, a dépassé 80 $. Une hausse du pétrole peut alimenter l’inflation, car l’énergie entre dans les coûts de transport, de production et de chauffage.
Pour l’or, l’effet est double. D’un côté, l’inflation soutient la demande de protection du capital. L’or est souvent considéré comme une réserve de valeur, c’est-à-dire un actif recherché pour préserver le pouvoir d’achat sur longue période. De l’autre, une inflation plus forte peut pousser la Fed à maintenir ou relever ses taux, ce qui pèse sur l’or.
La Fed reste au centre du marché
Les données américaines publiées mi-juillet ont toutefois nuancé le scénario d’un resserrement monétaire agressif. Les prix à la consommation aux États-Unis ont reculé de 0,4 % en juin par rapport au mois précédent, une première depuis 2020. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation jugées plus volatiles, est ressortie à 2,6 %, sous les attentes.
Les marchés ont alors revu à la baisse leurs anticipations. Ils n’attendaient plus deux hausses de taux d’ici fin 2026, mais plutôt une seule, avec une probabilité d’environ 68 % pour septembre.
Ce point explique en partie la résistance de l’or. Si les taux montent moins que prévu, la pression sur le métal jaune diminue. Mais l’équilibre reste fragile : une nouvelle poussée du pétrole ou des tensions géopolitiques pourrait relancer les craintes d’inflation et modifier les attentes sur la Fed.
Les seuils techniques donnent le tempo
Sur le plan technique, plusieurs niveaux restent surveillés. Une analyse technique consiste à étudier les graphiques de prix pour repérer des zones où les acheteurs ou les vendeurs pourraient intervenir.
Les supports récemment identifiés se situaient entre 3 945 $ et 3 989 $. Un support est une zone où les achats ont tendance à reprendre. Les résistances se plaçaient autour de 4 040 $ et 4 074 $. Une résistance est au contraire une zone où les ventes peuvent apparaître.
Le passage au-dessus de 4 130 $ montre que ces résistances ont été dépassées à court terme. Mais cela ne signifie pas que la hausse est acquise. Les investisseurs surveillent désormais la capacité du métal à conserver ce niveau dans les prochaines séances.
Des prévisions encore prudentes
Les projections pour les prochains mois restent divergentes. Selon certains modèles de WalletInvestor et LongForecast, le prix de l’or pourrait reculer progressivement d’ici la fin 2026, avec des niveaux évoqués autour de 3 943 $ ou même 3 459 $ en décembre selon les scénarios. Ces prévisions reposeraient sur des hypothèses de politique monétaire, de dollar fort et de conditions macroéconomiques mondiales.
À l’inverse, CoinPriceForecast envisagerait une tendance haussière de long terme, avec des prix nettement plus élevés à l’horizon 2030-2035. Ces chiffres doivent être lus avec prudence : une prévision n’est pas une certitude, mais un scénario dépendant de nombreuses variables.
Pour un particulier, l’enjeu n’est donc pas de deviner le point haut ou le point bas exact. Il s’agit plutôt de comprendre les forces en présence : taux américains, inflation, dollar, pétrole et risques géopolitiques.
Au-dessus de 4 130 $, l’or envoie un signal de résistance. Mais son prochain mouvement dépendra surtout de la Fed et de la capacité du pétrole à calmer, ou non, les craintes inflationnistes.



